I. Thomu Moore (Latta Rookh
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le de France
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métier plus de secrets qu'en celui de k plupart des hommes, secrets^ toutefois non volontairement gardés, mais inséparables de son caractère meme. J en dévoilerais volontiers tout ce que j'en sais, sans jamais peindre « Uétense d'Entrer » sur ma barrière.
Je perdis, il y a longtemps, un chien de chasse, un cheval bai et une tourterelle, et suis encore à leur poursuite. Nombreux sont les voyageurs auxquels je me suis adressé à leur sujet, les décrivant par leurs empreintes et par les noms auxquels ils répondaient. J'en ai rencontré un ou deux qui avaient entendu le chien, le galop du cheval, et même vu k tourterelle disparaître derrière un nuage ; ils semblaient aussi soucieux de les retrouver que si ce fussent eux-mêmes qui les eussent perdus. . .
Anticipons, non point simplement sur le lever du soleil et 1 aurore, mais, si possible, sur 1a Nature elle-même I Que de matins, été comme hiver, avant que nul voisin fût à vaquer à ses affaires, déjà l'étais-je à la mienne. Sans doute nombre de mes concitoyens m'ont-ils rencontré revenant de cette aventure, fermiers partant à l'aube pour Boston, ou bûcherons se rendant à leur travail. C'est vrai, je n'ai jamais assisté d'une façon effective le soleil en son lever, mais, n'en doutez pas, il était de toute importance d'y être seulement présent.
Que de jours d'automne, oui, et d'hiver, ai-je passés hors de la ville, à essayer d'entendre ce qui était dans le vent, l'entendre et l'emporter bien vite ! Je faillis y engloutir tout mon capital et perdre le souffle par-dessus le marche, courant à son encontre. Cela eût-il intéressé l'un ou 1 autre des partis politiques, en eût-il dépendu, qu'on l'eût vu paraître dans la Gazette avec les nouvelles du matin. A d'autres moments guettant de 1 observatoire de quelque rocher ou de quelque arbre, pour télégraphier n importe quelle nouvelle arrivée ; ou, le soir à 1a cime des monts, attendant que le ciel tombe, pour tâcher de surprendre quelque chose, quoique ce que je surpris ne fût jamais
abondant, et, à l’instar de la manne, refondît au soleil.
Longtemps je fus reporter d’un journal, à tirage assez restreint, dont le directeur n’a jamais encore jugé à propos d’imprimer le gros de mes articles ; et, comme il est trop ordinaire avec les écrivains, j en fus uniquement pour mes peines. Toutefois, ici, en mes peines résida ma récompense.
Durant nombre d’années je fus inspecteur, par moi-même appointé, des tempêtes de neige comme des tempêtes de pluie, et fis bien mon service ; surveillant, sinon des grand'routes, du moins des sentiers de forêt ainsi que de tous chemins à travers les lots de terre, veillant à les tenir ouverts, et à ce que des ponts jetés sur les ravins rendissent ceux-ci franchissables en toutes saisons, là où le talon public avait témoigné de leur utilité.
J’ai gardé le bétail sauvage de la ville, lequel en sautant par-dessus les
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clôtures n’est pas sans causer de l'ennui au pâtre fidèle ; et j’ai tenu un œil ouvert sur les coins et recoins non fréquentés de la ferme, bien que parfois sans savoir lequel, de Jonas ou de Salomon, travaillait aujourd’hui dans tel champ — ce n’était pas mon affaire. J’ai arrosé la rouge gaylussacie, le ragouminier et le micocoulier, le pin rouge et le frêne noir, le raisin blanc et la violette jaune 1, qui, autrement, auraient dépéri au temps de la sécheresse.
Bref, je continuai de la sorte longtemps, je peux le dire sans me vanter, à m’occuper fidèlement de mon affaire, jusqu’au jour où il devint de plus en plus évident que mes concitoyens ne m’admettraient pas, après tout, sur la liste des fonctionnaires de la ville, plus qu’ils ne feraient de ma place une sinécure pourvue d’un traitement raisonnable. Mes comptes, que je peux jurer avoir tenus avec fidélité, jamais je n’arrivai, je dois le dire, à les voir apurés, encore moins acceptés, moins encore payés et réglés. Cependant je ne me suis pas arrêté à cela.
Il y a peu de temps, un Indien nomade s’en alla proposer des paniers chez un homme de loi bien connu dans mon voisinage. « Voulez-vous acheter des paniers ? » demanda-t-il. « Non, nous n’en avons pas besoin », lui fut-il répondu. « Eh quoi » ! s’exclama l’Indien en s’éloignant, « allez-vous nous faire mourir de faim ? » Ayant vu ses industrieux voisins blancs si ^ leur aise, — que l’homme de loi n’avait qu’à tresser des arguments, et que par l’effet d’on ne sait quelle sorcellerie il s’ensuivait argent et situation — s était dit : je vais me mettre dans les affaires : je vais tresser des paniers ; £ est chose à ma portée. Croyant que lorsqu’il aurait fait les paniers il aurait jatf son devoir, et qu’alors ce serait celui de l’homme blanc de les acheter. Il n avait pas découvert la nécessité pour lui de faire en sorte qu’il valût la Peine pour l’autre de les acheter, ou tout au moins de l’amener à penser qu’il en fût ainsi, ou bien de fabriquer quelque chose autre que l’homme blanc bon d’acheter. Moi aussi j’avais tressé une espèce de paniers d’un travail délicat, mais je n’avais pas fait en sorte qu’il valût pour quiconque la peine de es acheter. Toutefois n’en pensai-je pas moins, dans mon cas, qu’il valait 13 Peine pour moi de les tresser, et au lieu d’examiner la question de faire en que les hommes crussent bon d’acheter mes paniers, j’examinai de Préférence celle d’éviter la nécessité de les vendre. L’existence que les omîmes louent et considèrent comme réussie n’est que d’une sorte. Pour- ,exagérer une sorte aux dépens des autres ?
«percevant que mes concitoyens n’allaient vraisemblablement pas m’of-
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°ute* Plante* rare* ti Concord , et choyée* par Thoreau.
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exclusive que jamais vers les bois, ou j «écule, en me servant
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1 Étang de Walden, était non pas d y oersonnelle avec le minimum
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côte tcnTr toujours prête une expédition d’articles pour alunenter ;tel marché aussi lointain qu’insatiable ; vous tenir vous-même Info , i riv des bruits de guerre et de paix partout, et prévoir les t cnmltt de k civilkation, - mettant à profit les résultat, de mus le, voyages d’exploration, usant des nouveaux passages et de tous les k négation i - les cartes marines à étudier, la position des récifs, de, ph. es nouveaux, des bouées nouvelle, à déterminer, et touiours et sans cesse es
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perte, d’intérêt, de tore et trait, y compris le jaugeage de toute sorte, qui demandent des connaissances universelles.
J’ai pensé que l’Étang de Walden serait un bon centre d affaires, non point uniquement à cause du chemin de fer et du commerce de la glace ; d offre des avantages qu’il peut ne pas être de bonne politique de divulguer ; cest un bon port et une bonne base. Pas de marais de la Neva a combler ; quoiqu'il vous faille partout bâtir sur pilotis, enfonces de votre propre main. On prétend qu'une marée montante, avec vent d ouest, et de la glace dans la Neva, balaieraient Saint-Pétersbourg de la face de la terre.
Attendu qu’il s’agissait d’une affaire où s'engager sans le capital usuel, il peut n'être pas facile d’imaginer où ces moyens, qui seront toujours indispensables à pareille entreprise, se devaient trouver. En ce qui concerne le v&ement, pour en venir tout de suite au côté pratique de la question, peutêtre en nous le procurant, sommes-nous guidés plus souvent par 1 amour de U nouveauté, et certain souci de l’opinion des hommes, que par une véritable utilité. Que celui qui a du travail à faire sc rappelle que 1 objet du vetement est, en premier lieu, de retenir la chaleur vitale, et, en second lieu, étant donne cet état-ci de société, de couvrir la nudité, sur quoi il évaluera ce quil peut accomplir de travail nécessaire ou important sans ajouter à sa garde-robe. Les rois et les reines, qui ne portent un costume qu une seule fois, quoique fait par quelque tailleur ou couturière de leurs majestés, ignorent le bien-etre de porter un costume qui vous va. Ce ne sont guère que chevalet, de bot. a pendre Us habits du dimanche, Chaque jour nos vetement. s assimilent davantage à nous-mêmes, recevant l’empreinte du caractère de qui les porte, au point que nous hésitons à les mettre au rancart, sans tel delai, tels remèdes médicaux et autres solennités de ce genre, tout comme nos corps. Jamais homme ne baissa dans mon estime pour porter une p, «ce dans ses vêtements . encore suis-je sûr qu’en général on s inquiète plus d avoir des vetements à la mode, ou tout au moins bien faits et sans pièces, que d avoir une conscience solide. Alors que l’accroc ne fût-il pas raccommode, le pire des vices ainsi dévoilé n’est-il peut-être que Timprévoyance. Il m arrive parfois de soumettre les personnes de ma connaissance à des epreuves du genre de celle-ci . qui s'accommoderait de porter une pièce, sinon seulement deux “
trop, sur le genou ? La plupart font comme s. elles croyaient que tel malheur serait la ruine de tout espoir pour elles dans la vie. 11 leur serait plus aise de gagner la ville à cloche-pied avec une jambe rompue qu avec un pantalon fendu. Arrive-t-il un accident aux jambes d’un monsieur, que souvent on peut les raccommoder i mais semblable accident amve-t-d aux jambes de
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son pantalon, que le mal est sans remède ; car ce dont il fait cas, c est non pas ce qui est vraiment respectable, mais ce qui est respecté. Nous connaissons peu d’hommes, mais combien de vestes et de culottes ! Habillez de votre dernière chemise un épouvantail, tenez-vous sans chemise à côté, qui ne s’empressera de saluer l’épouvantail? Passant devant un champ de maïs l’autre jour, près d’un chapeau et d’une veste sur un pieu, je reconnus le propriétaire de la ferme. Il se ressentait seulement un peu plus des intempéries que lorsque je l’avais vu pour la dernière fois. J’ai entendu parler d’un chien qui aboyait après tout étranger approchant du bien de son maître, pourvu qu’il fût vêtu, et qu’un voleur nu faisait taire aisément. Il est intéressant de se demander jusqu’où les hommes conserveraient leur rang respectif si on les dépouillait de leurs vêtements. Pourriez-vous, en pareil cas, dire avec certitude d’une société quelconque d’hommes civilisés celui qui appartenait à la classe la plus respectée ? Lorsque Madame Pfeiffer, dans ses aventureux voyages autour du monde, de l’est à l’ouest, eut au retour atteint la Russie d’Asie, elle sentit, dit-elle, la nécessité de porter autre chose qu’un costume de voyage pour aller se présenter aux autorités, car elle « était maintenant en pays civilisé, où... l’on juge les gens sur l’habit ». Il n’est pas jusque dans les villes démocratiques de notre Nouvelle-Angleterre, où la possession accidentelle de la richesse, avec sa manifestation dans la toilette et l’équipage seuls, ne vaillent au possesseur presque un universel respect. Mais ceux qui dispensent tel respect, si nombreux soient-ils, ne sont à cet égard que païens, et réclament l’envoi d’un missionnaire. En outre, les vêtements ont introduit la couture, genre de travail qu’on peut appeler sans fin ; une toilette de femme, en tout cas, jamais n’est terminée.
L’homme qui à la longue a trouvé quelque chose à faire, n’aura pas besoin d’acheter un costume neuf pour le mettre à cet effet ; selon lui l’ancien suffira, qui depuis un temps indéterminé reste à la poussière dans le grenier. De vieux souliers serviront à un héros plus longtemps qu'ils n'ont servi à son valet, — si héros jamais eut valet, — les pieds nus sont plus vieux que les souliers, et il peut les faire aller. Ceux-là seuls qui vont en soirée et fréquentent les salles d’assemblées législatives, doivent avoir des habits neufs, des habits à changer aussi souvent qu’en eux l’homme change. Mais si mes veste et culotte, mes chapeau et souliers, sont bons à ce que dedans je puisse adorer Dieu, ils feront l’affaire ; ne trouvez-vous pas ? Qui jamais vit ses vieux habits, — sa vieille veste, bel et bien usée, retournée à ses premiers éléments, au point que ce ne fût un acte de charité que de l’abandonner à quelque pauvre garçon, pour être, il se peut, abandonnée par lui à quelque autre plus pauvre encore, ou, dirons-nous, plus riche, qui pouvait s’en tirer à moins ? Oui, prenez garde
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à toute entreprise qui réclame des habits neufs, et non pas plutôt un porteur d’habits neuf. Si l’homme n’est pas neuf, comment faire aller les habits neufs ? Si vous avez en vue quelque entreprise, faites-en l’essai sous vos vieux habits. Ce qu’il faut aux hommes, ce n’est pas quelque chose avec quoi faire, mais quelque chose à faire, ou plutôt quelque chose à être. Sans doute ne devrions-nous jamais nous procurer de nouveau costume, si déguenillé ou sale que soit l’ancien, que nous n'ayons dirigé, entrepris ou navigué en quelque manière, de façon à nous sentir des hommes nouveaux dans cet ancien, et à ce que le garder équivaille à conserver du vin nouveau dans de vieilles outres. Notre saison de mue, comme celle des volatiles, doit être une crise dans notre vie. Le plongeon, pour la passer, se retire aux étangs solitaires. De même aussi le serpent rejette sa dépouille, et la chenille son habit véreux, grâce à un travail et une expansion intérieurs ; car les hardes ne sont que notre cuticule et enveloppe mortelle 1 extrêmes. Autrement on nous trouvera naviguant sous un faux pavillon, et nous serons inévitablement rejetés par notre propre opinion, aussi bien que par celle de 1 espèce humaine.
Nous revêtons habit sur habit, comme si nous croissions à la ressemblance des plantes exogènes par addition externe. Nos vêtements extérieurs, souvent minces et illusoires, sont notre épiderme ou fausse peau, qui ne participe pas de notre vie, et dont nous pouvons nous dépouiller par-ci par-là sans sérieux dommage ; nos habits plus épais, constamment portés, sont notre tégument cellulaire, ou « cortex » ; mais nos chemises sont notre liber ou véritable écorce, qu’on ne peut enlever sans « charmer » 2 et par conséquent détruire l’homme. Je crois que toutes les races à certains moments portent quelque chose d’équivalent à la chemise. Il est désirable que l’homme soit vêtu avec une simplicité qui lui permette de poser les mains sur lui dans les ténèbres, et qu’il vive à tous égards dans un état de concision et de préparation tel que l’ennemi vînt-il à prendre la ville, il puisse, comme le vieux philosophe 3, sortir des portes les mains vides sans inquiétude. Quand un seul habit, en la plupart des cas, en vaut trois légers, et que le vêtement à bon marché s’acquiert à des prix faits vraiment pour contenter le client ; quand on peut, pour cinq dollars, acheter une bonne veste, qui durera un nombre égal d’années, pour deux dollars un bon pantalon, des chaussures de cuir solide pour un dollar et demi la paire, un chapeau d’été pour un quart de dollar, et une casquette d’hiver pour soixante-deux cents et demi, laquelle fabriquée chez soi
'• Hamltt, ici. III, Sc. l'r.
2- * Charmer ■ en langage for ciller, signifie : faire une incision circulaire k un arbre, opération qui le fait périr.