‹ Washington, drame historiqueChapitre 77 sur 133 · SCENE XVII · texte numérisé non relu

SCENE XVII

WASHINGTON, MATHORÉ, dans son coin et rongeant toujours ses liens.

WASHINGTON, se croyant seul.

Je ne dormirai pas, moi ! moi que l'on menace î Qui sait quel coup nouveau peut tenter leur audace? Échoué dans ce piège où tu m'enveloppas, Howe, tu dois veiller î je ne dormirai pas î

(Il regarde la pendule et s'assied.) Minuit bientôt ! mon Dieu ! maintenant que fait-elle ? Que devient, seule, en proie à sn terreur mortelle, Près d'un monstre hideux qui la tient sous sa loi, Xara, la pauvre enfant, orpheline sans moi ?

(vTout-à-coup il se lève. ) Comment la secourir? si j'envuyais près d'elle Williams, homme de cœur, ?mi sûr et fidèle, Qui, suivi d'une escorte et par Jacob conduit. Pour l'amener vers moi, l'enlève cette nuit.,. Donnons des ordres.... Ah !

(Il va pour ouvrir la porte de son cabinet : il met la main à la place où était la clé.) Quoi ! fermé?...

(Il cherche dans sa poche.)

Dans mon trouble J'ai...

(On entend un gémissement.) G-

Quul gémissement?... Il écoute, mais non!... Nouveaux gémissements.

Dieux! il redouble!

Juste ciel ! c'est un cri d'angoisse, un cri de mort '•

(Il cherche à ébranler la porte et à l'ouvrir.) Cette porte est rebelle et résiste à l'effort ! Ah ! par ici ! . .

(Saisi d'une idée, il s'avance sur le devant de la scène, passe devant le cabinet et sort par le premier plan : pendant cette courte absence, Mathoré ronge de plus belle ses liens.)

MATHORÉ.

Quels nœuds ! sous ma dent qui les broie Ne pouvoir les briser, lorsque j'ai là ma proie ! (On entend au dehors le bruit d'une vitre qui se brise, puis la porte du cabinet s'ouvre et on en voit sortir Washington portant Xara dans ses bras : il la dépose sur un siège et rompt les liens qui lui étreignent les pieds et les mains. Xara, de ses mains libres enlève le bandeau qui lui couvre le visage.)

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