‹ Washington Levert, et Socrate LeblancChapitre 5 sur 9 · SE · texte numérisé non relu

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Assis au fond d'un fauteuil , le duc de Levçrt

se disposait à lire un monceau de lettres empilées sur son bureau. Un* soleil délicat d'hiver argentait son front ; il enrichissait de nuances les plis de sa robe de chambre, après avoir effleuré, au niveau dU balcon , ta cime des arbres du jar~ din ? et glissé sur le sommet des bustes de plâtre ,

de bronze et de plâtre bronfé rangés autour du 'cabinet. Ces vénérables images reflétaient sur celui dont elles entouraientfe trône en maroquin vert , .une partie de leur dignité'. Par l'effet du même accident de voisinage , letduc transfnettait aux bustes quelque peu de son ani-

msftion: 11 faisait regretter de ne pas voir des

robes de chambre en satin et des pantoufles a ramages a Franklin , a Etienne de la Boétie , à Trajan et à Washington , et à d'autres grands hommes juchés sur leur socle. La langue desc^iptive renonce à détailler un à un la foule de bustes auxquels l'enthousiasme du duc avait ménagé une

place. Toutes les races, toutes les conditions, tous les pays étaient représentés dans la persopne de leurs sages. Il y avait dés sages grecs , des sages . romains, des sages macédoniens, des sages . persans, des sages arabes,* des sages chinois, des sages kamschadales , des sages anglais , des sages allemands , des sages italiens. Et tous , cela va sans dire, philantropes , ou au moins phi? lospphes. Ceux dont le * peu de popularité

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n'avait pu obtenir de la postérité ingrate un socle ou un fer dans le milieu du dos , pour se soutenir contre un mur , ceux-là s'étaient réfugiés dans le médaillon de soufre ou dé terre glaise ; , et ceux enfin dont la renommée n'avait conqui» ni l'immortalité du soufre , ni la pérennité d« la glaise , brillaient 9ous les cornich&s da^i une maxime tirée de leurs œuvres ; et tenant lieu de ^eur profil méconnu» A peine avait-pn -économisé quelques pieds de terrain pour placer une bibliothèque pareillement couronnée de sages.

Dire lesquels? c'est impossible ■;* mais c'étaient dçs sages, à coup sur. Ils étaient bronzés, chauves, et projetaient des néz énoYmes au- dessus de la saillie.de la bibliothèque, p . On voyait dans cette bibliothèque , malgré

l'obstacle d'une grille dorée çt de deux rideaux verts à demi tirés , les traités les plus oonnus et les traités ^es«plus ignorés de l'art de rendre les hommes heureux et meilleurs. Charron avoisinait Montaigne, J. -J. Rousseau était côte à cote avec Mirabeau le père , qui aimait les

hommes et faisait passer ses vassaux par les verges quand ils oubliaient le soir de battre les étangs

du château pour ^empêches les grenouille» ~de coasser pendant son sommeil. Le Traité de la vertu dé Çicéron touchait le recueil de Pensées « philosophiques de Caton; le médecin du peuple, Tissôf s'élevait au niveau dli Mérite de la vertu de Diderot. Mably ,. Fénélon y Raynal f occupaient un rang entier et sanctifiaient les regards» Ensuite se pressaient sur d'autres étagères d'innombrables écrits * çtjant trait de près .ou de loin au progrès de l'humanité. Des titres compeçdiéux envahissaient le dos trop étroit de leur reliure/ C'étaient : Les Voljwtés de ta sagesse, ou la Joie9pure de la bienfaisance. — Traité de la vaccine, par Jenner^ recommandée aupeuple, esclave despréjugés. — La Balance des droits 1 ou V équilibre nécessaire à établir entre les pauvres et les riches \powrqueceux-tasoienJtrespec « tueux envers ceux-ci, pour que çpux-cisoienthumains envers ceux-là. — Le Livre d£vie. ou la so~

brièté recommandée au sage pourmaintenirY esprit

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dans une honnête quiétude, traduit du danois. — Apologie de la pomme de terre, ou m de$ faille avantages de ce tubercule farineux ; V histoire de sa découverte % la culture quellç demande. — jReflexions Sun solitaire sur P inégalité ch/mqrùjue parmi la grande Jkmille dfis humains. — Cri d'indignation d'une âme honnête contre les liqueurs ., fermentées vendues aux sauvages d'Amérique. — Êxêcrationéternelleyouéeaux négriers, indignes du nonyï hommes. -±Le Pèlerinage d J un affran*

chi des superstitions. — Les tnâtinées de Saint- * Dçmingue, ou Méditations sur fefc larmes qyf coûte la fabrication du sucre. — 'Éveillons-nous \ philàntropes, Puniversfious regarde! imprimé aux . frais de F Académie de Dresdaen 1763. — Cou-

ronnç déposée sur le front de Vabbé Rtyrnal, imprimé à La Ha£e, au* Trois Oranges. — Des Richesses et de leurinjusÇ distribution y par un sage dans Pexii. — Réglons nos comptes , 6 mortels ! ou levons te masque, histoire impartiale àts ministres coupables. — Du Rôle des femmes , ^ ces fkimables compagnes de nos maux et de nos

• ••* et

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