‹ WashingtonChapitre 4 sur 14 · ADRESSE D ADIEU · texte numérisé non relu

ADRESSE D ADIEU

et niêine à seconder les moyens d'influence qu'on emploie du côté opposé.

De vrais patriotes , en résistant aux intrigues de la nation favorite , peuvent paraître suspects et odieux , tandis que ses instruments et ses dupes usurpent les applaudissements et la confiance du peuple , dont ils trahissent les intérêts.

Notre première règle de conduite'vis-à-vis les nations étrangères doit être , tout en étendant nos relations commerciales, d'avoir avec elles le moins de rapports polifiquea possible. Quant aux engagements déjà formés, qu'ils soient remplis avec une parfaite bonne foi. Mais arrêtons-nous là. L'Europe a un certain nombre d'intérêts de premier ordre , qui ne sont pas tels pour nous , ou qui n'ont qu'un rapport très-éloigné avec nos affaires. De là il résulte que l'Europe doit se voir engagée dans des contestations fréquentes dont les causes nous sont essentiellement étrangères. Il s'ensuit aussi qu'il serait trop peu sage de notre part de nous mêler, par des engagements artificiels , aux vicissitudes ordinaires de sa politique , ou d'entrer dans les combinaisons et dans les collisions ordinaires de ses amitiés ou de ses inimitiés.

Notre position éloignée nous prescrit et nous permet de tenir une autre ligne de conduite. Si nous continuons à former un seul peuple , sous un gouvernement fort ^ le moment n'est pas éloigné où nous pourrons défier l'étranger de nous causer aucun préjudice matériel. Alors nous aurons une attitude qui fera respecter de tous la neutralité que nous aurons résolu de garder. Des nations

belligérantes , dans riinjiossibilité de faire sur nous aucune conquête , ne se hasarderont pas légèrement à nous provoquer, et nous pourrons dioisir la paix ou la guerre, suivant que nos intérêts, guidés par la justice, nous l'inspireront.

Pourquoi renoncerions-nous aux avantages d'une situation si particulière ? Pourquoi quitter notre terrain pour aller sur celui de l'étranger 7 Pourquoi , en entremêlant notre destinée avec celle de tout autre peuple, engagerions-nous notre paix et notre repos dans des complications provoquées par l'ambition, les rivalités , les intérêts , l'humeur ou les caprices de l'Europe ?

Notre meilleure politique est de rester libres de toute alliance permanente avec les autres pays , autant qu'il nous est permis de le faire; vous comprenez bien que je suis incapable de vous conseiller l'infidélité aux engagements qui existent actuellement. Je tiens comme non moins applicable aux affaires publiques qu'aux affaires privées cette maxime , que l'honuêteté est la meilleure des politiques. C'est pourquoi, je le répète, que nos engagements soient remplis dans toute leur étendue. IMais , dans mon opinion, il n'est pas nécessaire, il serait imprudent de les multiplier.

Tout en ayant soin de nous tenir dans une attitude défensive convenable à l'aide d'établissements militaires, nous pouvons nous reposer avec sûreté sur des alliances temporaires pour toutes éventualités.

L'harmonie, les bons rapports avec toutes les nations, sont recommandés par la politique , par l'humanité et

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rintërët. jNotre politique commerciale elle-même nous prescrit cette impartialité. Ne recherchons jamais et n'approuvons jamais des faveurs et des préférences exclusives ; consultons le cours naturel des choses ; multiplions et diversifions par des moyens honorahles les branches de notre commerce ; mais ne forçons rien. Afin de donner à notre connnerce un cours stable , de fixer les droits de nos négociants et de mettre le gouvernement en état de les soutenir , établissons avec les puissances qui y sont disposées des règles conventionnelles, des rapports réciproques , aussi avantageux que le permettront les circonstances et l'opinion commune , mais cependant temporaires et susceptibles d'être changés, abandonnés ou modifiés d'un moment à l'autre. Ne perdons jamais de vue que c'est une folie de la part d'une nation d'attendre d'une autre nation des faveurs désintéressées , et qu'elle doit payer par une portion de son indépendance tout ce qu'elle peut accepter à ce titre. Il se peut qu'une telle conduite mette une nation dans la nécessité de faire de grands sacrifices en édiange de services de pure forme et encore qu'on lui reproche son ingratitude pour n'avoir pas donné davantage. Il ne saurait y avoir d'erreur plus grave que de compter sur des faveurs réelles de nation à nation. C'est une illusion que l'expérience doit dissiper et qu'un juste orgueil doit écarter.

En vous offrant , mes chers concitoyens , ces conseils d'un vieil ami dévoué , je n'ose me flatter qu'ils produiront l'impression forte et durable que je souhaiterais, qu'ils réprimeront le cours ordinaire des passions , ni

AU PEUPLE DES ÉTATS-UNIS, ^4y

qu'ils empêcheront notre peuple de suivre la carrière jusqu'ici marquée à la destinée des autres nations. Mais, si je puis me flatter qu'ils feront quelque bien , même partiel et passager , qu'ils contribueront quelquefois à modérer les fureurs de l'esprit de parti, et à mettre mou pays en garde contre les menées de l'intrigue étrangère et les impostures du faux patriotisme, cette seule espérance me dédommagera amplement de ma sollicitude lour votre bonheur, unique source de mes paroles.

Les actes publics et tout ce qui peut témoigner de ma cinduite d'une manière authentique prouveront jusqu'à qiel point les principes que je viens de rappeler m'ont gùdé dans ma carrière officielle. Ma conscience me dit di moins que j'ai toujours cru les sui\Te, si je ne les ai pa; suivis réellement.

lour ce qui regarde la guerre qui est encore allumée en lurope, je m'en suis tenu à la lettre de ma proclamationiu 22 avril 1793. Sanctionnée par votre approbation et cèle de vos représentants dans les deux chambres, cette proclamation a toujours été la règle de ma conduite >ans qu'aucune tentative ait pu m'en détourner. Apris un mûr examen , après m'être entouré des conseils qie j'ai pu obtenir, je me suis convaincu que notre pays , ei égard aux circonstances de la guerre , avait le droit de garder la neutralité , et que c'était son devoir comme ;on intérêt de le faire. Une fois cette position prise, jemesuis déterminé, autant qu'il dépendait de moi , à nms y maintenir avec modération, persévérance et fermeté

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II n'est pas nécessaire de détailler ici les considérations qui nous donnaient le droit de tenir cette conduite. Je me bornerai à observer que, de la manière dont je comprends la question, ce droit, loin d'être nié par les puissances belligérantes , a été virtuellement admis par toutes.

Le devoir de garder la neutralité peut découler, sans qu'il soit besoin d'autre raison , de l'obligation imposée par la justice et l'bumanité à toutes les nations libres de leurs actes , de maintenir inviolables leurs relations d( paix et d'amitié les unes envers les autres.

Je livre à vos réflexions et à votre expérience le soin é découvrir les raisons d'intérêt qui peuvent nous engagr à garder la neutralité. Je vous dirai seulement qu'tn de nos plus puissants motifs a été de gagner du tenps pour notre pays afin qu'il pût asseoir et mûrir ses inltitutions encore jeunes, et arriver au degré de force néessaire pour commander à ses propres destinées.

Bien qu'en repassant les actes de mon administrîtion je n'aie connaissance d'aucune faute commise avec iitention, j'ai un sentiment trop profond de mes imperfections pour ne pas penser que j'ai dû en commettre pluseurs. Quelles qu'elles soient, je supplie avec ferveur le Tout- Puissant d'écarter ou de dissiper les maux qu'ell» pourraient causer. J'emporterai aussi avec moi l'espir que mon pays ne cessera jamais de les considérer ave; indulgence , et qu'après quarante-cinq années de na vie , dévouées à son service avec zèle et droiture, les torts d'un mérite insuffisant tomberont dans l'oubli, comme

AU PEUPLE DES ÉIAÏS-UMS. loi

je tomberai bientôt moi-même dans la demeure du repos. Confiant dans cette bonté de mon pays, et pénétré pour lui d'un ardent amour, bien naturel de la part d'un homme qui voit dans cette contrée sa terre natale et celle de ces ancêtres pendant plusieurs générations , je me complais d'avance dans cette retraite où je me promets de partager sans trouble, avec mes concitoyens, le doux bienfait de bonnes lois sous un gouvernement libre, objet toujours favori de mes désirs, et heureuse récompense , je l'espère , de nos soucis , de nos travaux et de nos dangers mutuels.

Georges Washington.

Etats-Unis, le 17 septembre 1796.

Au nom de Dieu, ainsi soit-il.

1. Moi, Georges Wasliington, de Mount-Vernon, citoyen des États-Unis et récemment président de ces États, j'ordonne et déclare que ce cahier qui est écrit de ma propre main , et dont chaque page est signée de mon nom , doit être considéré comme ma dernière volonté et mon testament, et qu'il annihile toute autre disposition.

Imprimis. — Toutes mes dettes, qui ne sont ni nonihreuses ni importantes, seront ponctuellement et promptement payées, et les legs ordonnés ci-après seront remplis aussitôt que les circonstances le permettront , et de la manière suivante :

Item. — Je donne et lègue à ma chère et hien-aimée femme, Martha Washington, la jouissance , les avantages et le produit de tous mes Liens, meubles et imnieu-

TESTAMEiM DE WASHliNGTON. ^ 55

bles, pendant sa vie, excepté les lots dont je disposerai ci -a près.

Je lui donne pour toujours à elle et à ses héritiers mes propriétés en bon état , sises dans la ville d'Alexandrie , et dans les rues de Pitt et de Cameron ; ainsi que les ustensiles de ménage et de cuisine de toutes sortes et de toutes formes , les liqueurs et les épiceries qui se trouveront au logis à l'époque de ma mort, afin qu'elle en fasse ce qu'elle jugera convenable.

Item. — Ma volonté et mon désir sont qu'au décès de ma femme , tous les esclaves qui m'appartiennent en propre reçoivent leur liberté. Si elle voulait la leur accorder durant sa vie , elle réaliserait un de mes vœux les plus ardents; mais, prévoyant des difficultés insurmontables par suite des mariages qui existent entre mes nègres et ceux qui dépendent du douaire de ma femme, je craindrais que l'affranchissement des uns n'éveillât chez les autres les impressions les plus tristes , et n'entraînât même de fâcheuses conséquences pour ceux qui continueraient à être esclaves, attendu que je n'ai pas le pouvoir d'affranchir ceux que ma femme m'a apportés en dot. Si, parmi ceux qui recevront la liberté par l'effet de cette clause, il y en avait d'âgés et d'infirmes, et d'autres qui ne seraient pas encore en âge de suffire à leurs besoins , je désire que ceux qui se trouvent compris dans la première et la seconde disposition , soient convenablement habillés et nourris par mes héritiers pendant leur vie , et que ceux mentionnés dans la dernière disposition et dont les parents ne vivent plus , ou bien ne peuvent

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OU ne veulent pas pourvoir à leurs besoins , restent en la possession de mistrs sWashington, qui les mettra en apprentissage jusqu'à ce qu'ils arrivent à l'âge de vingtcinq ans ; dans le cas où l'on ne pourrait pas produire des pièces suffisantes pour établir leur âge , le jugement de la cour le fixera. Les nègres ainsi engagés doivent ( aux frais de leurs maîtres et maîtresses ) apprendre à lire et à écrire , à faire l'apprentissage de quelque métier utile , conformément aux lois de l'État de Virginie relatives aux orphelins.

Je défends expressément qu'on vende ou transporte hors dudit État, sous quelque prétexte que ce soit , aucun des esclaves que je laisserai à ma mort. Je recommande par-dessus tout et solennellement à mes exécuteurs testamentaires ci-après nommés, ou à leurs survivants, de veiller à ce que cette clause relative aux esclaves et à ce qui se rapporte à leurs intérêts , soit religieusement remplie sans faux-fuyant , négligence ni délai , lorsque les blés qui s'élèveront alors auront été moissonnés ; surtout en ce qui concerne les esclaves âgés et infirmes ; qu'on ait soin d'entretenir des fonds réguliers et permanents pour assurer leur subsistance , aussi longtemps qu'ils en auront besoin; qu'on neles abandonne pas aux soins de mercenaires. Quant à mon mulâtre William, qui s'appelle ï-Fi/na m Lee , je lui donne immédiatement sa lilierté. S'il préférait rester dans sa condition présente , il est maître de choisir, divers accidents l'ayant mis hors d'état de marcher et de travailler activement : dans l'un et l'autre cas , cependant, je lui

accorde sa vie durant une rente de trente dollars, qui sera indépendante de la nourriture et des habillements qu'il est habitué à recevoir ; il jouira de ces avantages , s'il choisit la dernière de ces conditions ; mais le tout lui sera donné avec la liberté s'il préfère vivre son maître. Je fais ces dispositions en sa faveur , pour reconnaître rattachement qu'il me porte , et les services signalés qu'il m'a rendus pendant la guerre de l'indépendance.

Item . — Je donne et lègue en toute confiance aux di. recteurs ( ou gouverneurs , n'importe leur nom ) de l'Académie de la ville d'Alexandrie, quatre mille dollars, ou en d'autres termes vingt des actions que je possède dans la ville d'Alexandrie, pour entretenir une école gratuite établie dans ladite Académie pour l'éducation des orphelins ou des enfants des personnes pauvres et malheureuses, qui ne pourraient pas les faire élever à leurs propres frais, et qui seront reconnues dignes par les directeurs de profiter du bénéfice de cette donation. Je donne et lègue à perpétuité les vingt titres précités. Les dividendes seulement devront être touchés et appliqués par lesdits directeurs à l'emploi ci-dessus indiqué. Le capital restera intact, à moins qu'on ne juge, d'après des indices certains, qu'il y a danger de faillite et nécessité de retirer les fonds par suite de la suppression de cet établissement. Dans l'un ou l'autre cas , le montant de ce capital devra être confié à quelque autre banque ou établissement public où l'intérêt en soit régulièrement servi pour être appliqué à l'usage ci-dessus mentionné. Et

pour prévenir toute équivoque , ma volonté est , comme je le déclare ici , que les vingt inscriptions de rente soient en remplacement et non en surplus des mille livres que j'ai données à l'Académie, il y a quelques années , par une lettre spéciale , et en conséquence de laquelle une rente de cinquante livres a été payée depuis pour l'entretien dudit établissement.

Item. — Comme , par une loi de l'État de Virginie , décrétée en 1785, la législature a Lien voulu, pour reconnaître les services que j'avais rendus au pays pendant la révolution, et surtout, je crois, en considération des grands avantages que, d'après mes conseils , la société a tirés de l'extension donnée à la navigation de l'intérieur sous le patronage de la chambre, m'attribuer cent titres, de cent dollars chacun , dans la compagnie formée et établie pour étendre la navigation de James-River, depuis son embouchure jusqu'aux montagnes ; comme elle m'a offert également cinquante titres, de cent livres sterling chacun , sur une autre compagnie constituée aussi dans un but semblable , c'est-à-dire pour ouvrir la navigation du fleuve Potomac, depuis son embouchure jusqu'au fort Cumberland ; comme je ne pouvais accepter ces offres, certes fort honorables pour moi et auxquelles j'ai été bien sensible, sans me départir du principe que j'avais adopté, à savoir : de ne jamais recevoir de récompense pécuniaire pour les services que j'aurais pu rendre à mon pays dans sa lutte violente avec la Grande-Bretagne pour le maintien de ses droits, et aussi parce que j'avais repoussé toutes propositions semblables de la part des

autres États de l'Union; ayant toutefois déclaré en refusant que , si la législature voulait bien me permettre de disposer de ces fonds dans un intérêt public , je les recevrais de cette manière avec la plus grande reconnaissance; et enfin, cette proposition ayant été accueillie sans restriction dans les termes les plus flatteurs, comme rindiquent une loi rendue plus tard et diverses résolutions : — j'en viens , après cet exposé , à faire la déclaration suivante , pour qu'il n'y ait aucun doute sur ce point : J'ai toujours vu avec un vif sentiment de regret les jeunes gens de nos États-Unis envoyés en pays étrangers pour y faire leur éducation , souvent même avant que leur esprit soit formé ou qu'ils soient pénétrés d'une juste idée des avantages que leur offre leur patrie; ils contractent trop fréquemment , non-seulement des habitudes de dissipation et d'extravagance , mais des principes opposés au gouvernement républicain et aux vrais droits de l'homme , principes qu'ils peuvent rarement ensuite oublier. C'est pourquoi mon ardent désir a toujours été de voir établir, sur une large échelle , un plan qui tende à répandre des idées d'unité dans toutes les parties de cet empire naissant , qui fasse taire les amours-propres de localités et les préjugés d'État, et les bannisse de nos conseils nationaux , autant que le demanderait ou le permettrait la nature des choses.

Appliqué tout entier à accomplir un projet aussi désirable , selon moi , que l'est celui-ci , je n'ai pas trouvé un plan qui fût plus convenable pour faire triompher ces idées, que l'établissement d'une Université, placée au

centre des États-Unis. Les jeunes gens riches et instruits y seraient envoyés de toutes parts pour compléter leur éducation dans toutes les branches de la haute littérature , des arts et des sciences , pour acquérir la connaissance des principes d'une sage politique ; en outre, ce qui, à mon avis , est uu point fort important, ils se lieraient ensemble et formeraient dans leurs jeunes années des amitiés qui les affranchiraient de ces préjugés locaux et de ces jalousies incessantes dont je viens de parler, et qui , lorsqu'ils sont poussés à l'excès, ne manquent pas de jeter du trouble dans l'esprit public et d'être une source de malheurs pour un pays. Sous ces impressions que j'éprouve au plus liant degré :

Item. — Je donne et lègue à perpétuité les cinquante titres que je possède dans la compagnie du Potomac (d"après les actes précités de la législature de Virginie) , pour la fondation d'une Université, qui sera établie dans les limites du district de Colombie, sous les auspices du gouvernement général , si ce gouvernement veut bien lui tendre une main protectrice ; et jusqu'à ce que ce collège soit établi, et que les fonds provenant de ces titres puissent être appliqués à son entretien, je veux et désire que les revenus qu'ils donneront chaque année soient employés à acheter une rente dans la banque de Colombie ou toute autre , par les soins de mes exécuteurs testamentaires ou par ceux du trésorier des Etats-Unis alors en fonctions , et que le congrès surveille cette institution, si toutefois cet honorable corps veut bien admettre le plan que je lui soumets. Je désire que les dividendes soient ca-

pitalisés , jusqu'à ce que cette somme soit devenue assez forte pour suffire à racconiplissenient du projet en question. Je ne doute pas le moins du monde que ce but ne soit atteint avant peu d'années , quand même l'autorité législative n'y aiderait pas de ses propres efforts, et quand il n'y aurait pas d'autres dons volontaires.

Item. — Quant aux cent actions que je possède dans la compagnie de James-River, je les ai données, et j'en confirme la propriété perpétuelle à l'Académie de Lihertj-Hall , dans le comté de Rockbridge , État de Virginie.

Kern. — J'acquitte et décharge feu mon frère Samuel Washington du paiement de l'argent qui m'est dû pour la terre que j'ai vendue à Philippe Pendleton (habitant le comté de Berkeley} , qui a transporté ledit bien audit Sanauel , lequel , par convention, devait me payer. Et comme, par un contrat (dont la teneur ne m'a jamais été connnuniquée ) entre ledit Samuel et son fils , Thornton Washington, ce dernier est entré en possession de ladite terre, sans que j'aie donné mon acquiescement à Pendleton ou à Samuel, ou à Thornton , et sans avoir fait aucime déclaration , par suite de laquelle négligence les titres primitifs conservent toute leur valeur, il me reste à faire comiaitre mes sentiments au sujet de cette propriété. Les voici : Je donne et lègue ladite terre, soit audit Thornton AVashington , soit h ses héritiers, s'il est mort intestat ; déchargeant les biens dudit Thornton , ainsi que ceux dudit Samuel, du paiement de la somme fixée pour l'achat, qui, avec les intérêts , et selon le con-

trat passé d'abord avec ledit Pendleton, doit se monter à plus de mille livres. Et comme deux autres (ils de feu mon frère Samuel, savoir : Georges Steptœ A\ ashiugton et Lawrence Augustin Washington, ont été, par la mort de ceux dont ils devaient recevoir les soins, confiés à ma protection , et qu'en conséquence ils m'ont coûté des avances pour leur éducation au collège et ailleurs , pour leur entretien , habillement et autres frais imprévus , dépense qui se monte à près de cinq mille dollars au-dessus des sommes fournies par leur patrimoine ; et comme ils ne pourraient s'acquitter sans préjudice pour leur fortune et celle de leur père : pour toutes ces raisons, je les décharge, eux et lesdits biens , de toute obligation à cet égard , mon intention étant de leur en donner quittance.

Hem. — Je renonce complètement au paiement de la part qui m'était due dans la succession de feu Bartholomew Dandridge (le frère de ma femme), et qui se montait, le 1*'" octobre 1795, à quatre cent vingt-cinq livres (comme on le verra par un compte qu'a rendu son fds John Dandridge, également mort, et qui était l'exécuteur testamentaire de son père). Quant aux nègres, au nombre de trente-trois, faisant partie autrefois dudit bien , qui ont été vendus et achetés à mon compte dans l'année... et depuis sont restés en la possession et au service de Mary, veuve dudit Bartholomew Dandridge, avec leurs enfants, je veux et désire qu'ils continuent à lui appartenir, sans qu'elle paie à mes héritiers aucune rente, ni qu'elle leur donne des compensations pour le passé ou

lESlAMENT DE WASHINGTON. ^6^

l'avenir; elle en jouira sa vie durant ; à sa mort, je veux que tous ceux de ces esclaves qui auront quarante ans et au delà, reçoivent la liberté , et que tous ceux au-dessous de cet âge et au-dessus de seize ans, servent pendant sept ans et rien déplus ; enfin, que tous ceux au-dessous de seize ans servent jusqu'à l'âge de vingt-cinq, et qu'ensuite ils soient libres ; et , pour prévenir les difficultés qui pourraient s'élever au sujet de l'âge de ces nègres , il devra être fixé par la cour du comté qu'ils habitent. Le jugement prononcé à cet égard sera définitif, et on s'y rapportera , s'il s'élevait un jour quelques discussions sur ce point. Je veux aussi que les héritiers dudit Bartholomew Dandridge partagent également entre eux, à la mort de leur mère , conformément à la lettre de cette disposition, les avantages qu'ils recueilleront du service de ces nègres.

Item . — Si Charles Carter, qui a épousé ma nièce Betty Lewis , n'est pas suffisamment garanti par le titre des lots qu'il tient de moi dans la ville de Fredericksburg , je veux et désire que mes exécuteurs testamentaires reuiplissent toutes les formalités exigées par la loi, pour mettre à l'abri de toute contestation la jouissance de ses biens.

Item. — Je donne à mon neveu William-Augustin AVashington , et à ses héritiers (s'il regarde ce legs comme digne d'être recueilli ) , un lot dans la ville de Manchester, n" 265 (en face de Richmoud), ainsi que la dixième partie de lots d'un ou deux cents acres de terre , et de lots de deux ou trois demi-acres dans la ville et

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aux environs de Riclimond, lesquels me sont éclnis conjointement avec neuf autres personnes, lors de la mise en loterie de l'héritage de AVilliam Byrd; il y a aussi un lot que j'ai acheté de John Hood, et qui a été transporté par William Willie et Samuel Gordon, mandataires dudit John Hood ; il est au n" 139, dans la ville d'Edimbourg, comté du Prince-Georges, État de Virginie.

Ilnn. — A mon neveu Bushrod Washington, je donne et lègue tous les papiers en ma possession qui se rapportent à mon administration civile et militaire dans ce pays. Je lui laisse également ceux de mes papiers particuliers qui sont dignes d'être gardés ; je lui laisse aussi , pour en prendre possession à la mort de ma femme ou même auparavant, si elle ne tient pas à les conserver, ma bibliothèque et les livres de toute espèce qu'elle contient.

Item. — Ayant vendu des terres que je possédais dans l'État de Peusylva nie, et une partie d'un bien acheté à titre égal avec Georges Clinton, dernier gouverneur de Kew-York, dans l'état de ÎS'ew-York, en outre, ma part de terre avec les intérêts dans le Great-Dismal-Swamp, et une propriété que je possédais dans le comté de Gloucester, en gardant les titres légaux , jusqu'à ce que les sommes fixées eussent été payées ; ayant de plus cédé et vendu à condition (comme on le verra par la teneur desdites transactions ) toutes mes terres sises sur le Great- Kenhawa , et un bien sur Difficult-Piun , dans le comté de Lougdoun , je veux et entends que les contrats , quels qu'ils soient, puissent être pleinement exécutés selon leur esprit, leur véritable but et leur sens, par les acquéreurs,

TESTAMENT nE WASHINGTON. ifiô

leurs héritiers ou leurs représentants , afin que , dans ce cas, tous les transports soient faits selon les ternies desdits contrats , et que l'argent qui eu sera le produit soit converti en actions de la Banque ; les dividendes qui en résulteront, ainsi que ceux de l'argent qui a déjà été placé de cette manière , reviendront à ma femme sa vie durant ; mais le titre même de la rente subsistera , pour être appliquée à la distribution des legs ci-après désignés.

Item. — Je renvoie au comte de Bucban la boîte faite avec le bois du chêne qui a abrité le grand sir William Wallace après la bataille de Falkirk, et que Sa Seigneurie m'a offerte en termes trop flatteurs pour être refusée, en me priant de la donner « en mourant à celui de mes concitoyens qui me paraîtrait la mériter le mieux , et serait dans les mêmes conditions qui l'avaient porté cà me l'envoyer. » Persuadé que je ne puis disposer de cet objet d'une manière plus convenable qu'en le remettant à Sa Seigneurie , conformément aux intentions de la confrérie des orfèvres d'Edimbourg, qui lui en avaient fait don à l'origine, et qui avaient consenti, sur sa demande, à ce qu'il me la transmît , je donne et lègue cette même boîte à Sa Seigneurie , et, au cas de sa mort , à son héritier, avec tous mes remerciements pour l'honneur qu'il m'a fait en me l'offrant , et surtout pour les sentiments de bienveillance qu'il m'a exprimés à cette occasion.

Item. — Je donne et lègue à mon frère Charles AVashiugton , la canne h pomme d'or que m'a laissée, par

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son testament, le docteur Franklin. Je n'ajoute rien à ce legs , à cause des grands sacriflces que j'ai faits pour ses enfants. Je donne à Lawrence Washington et à Robert Washington de Chotanck , compagnons et amis de mou enfance, mes deux autres cannes à pomme d'or, sur lesquelles sont gravées mes armes. En outre, je laisse à chacun d'eux, pensant que ces objets leur seront utiles dans leur résidence, une des lorgnettes qui faisaient partie de mon équipement durant la dernière guerre. Je lègue à mon compagnon d'armes , à mon vieil et fidèle ami le docteur Craik , mon bureau ( ou secrétaire à tambour, comme les ébénistes appellent ce meuble ), et mon fauteuil rond, qui se trouvent dans mon cabinet. Je donne mon grand rasoir, ma table de toilette et mon télescope, au docteur David Stuart ; au révérend lord Bryan Fairfax , maintenant lord Fairfax , une Bible en trois forts volumes in-folio , avec notes , qui me fut offerte par le très-révérend Thomas Wilson , évêque de Sodor et de Man ; au général de Lafayette, une paire de beaux pistolets d'acier, précieusement travaillés , et pris à Tenuemi dans la guerre de la révolution. Quant à mes bellessœurs, Haunah Washington et IMildred Washington , et à mes amies, Éléanor Stuart , Hannah Washington, de Fairfield, et Elisabeth Washington , de Haylield, je leur donne à chacune une bague de deuil du prix de cent dollars. Ces legs ne sont pas faits pour leur valeur intrinsèque, mais comme souvenir de mon estime et de mon amitié. Je donne à Tobias Lear, sa vie durant, la jouissance de la ferme qu'il occupe maintenant, en vertu d'un bail.

Ce l)ieu sera libre de toute redevance , jusqu'à la mort de Tobias Lear, après quoi il en sera disposé comme il est marqué ci-après. Je donne et lègue trois cents dollars à Sally B. Haynie, une de mes parentes éloignées. Je lègue à Sarab Green , fille de feu Thomas Bishop , et à Anna ^Valker, fille de John Alton, également décédé, cent dollars chacune, en considération de l'attachement de leurs pères pour moi, ceux-ci ayant vécu près de quarante ans dans ma famille. Je dispose en faveur de mes neveux AVilliam-Augustin AVashington, Georges Lewis, Georges-Steptoe AV ashington , Bushrod Washington et Samuel Washington, d'une épée ou d'un couteau à choisir parmi ceux que je laisse en mourant. Chacun d'eux prendra son lot d'après l'ordre dans lequel il est nommé. En leur donnant ces armes, je leur recommande de ne pas les tirer du fourreau pour répandre le sang de leurs semblables , excepté pour leur défense personnelle ou pour soutenir les droits de leur pays ; dans ce dernier cas, qu'ils n'hésitent pas à s'en servir, et qu'ils tombent en les serrant dans leurs mains, plutôt que de les abandonner.

Et maintenant, après avoir spécifié toutes ces dispositions en donnant des explications , pour qu'en en comprenne le mieux possible le sens et le but , j'arrive à la répartition des lots les plus importants de ma fortune. Voici comment je les ai distribués :

1° A mon neveu Buhsrod Washington et à ses héritiers (en partie, parce que j'ai promis à son père lors de la guerre de l'indépendance , en lui confiant sur sa de-

mande la surveillance de mes biens que, dans le cas où je succomberais , Mount-Vernon , qui était alors moips étendu qu'il n'est maintenant, deviendrait sa propriété , et à cause du soin affectueux qu'il a mis à surveiller mes affaires ), je donne et lègue tout le terrain compris dans les limites suivantes , savoir : à partir du gué de Dog- Run , près mon moulin , s'étendant le long de la route, et limité en cet endroit ; car le terrain est et a toujours été, depuis que je le possède , du gué de Little-Hunting- Creek au G um-Spring, jusqu'à ce qu'il arrive à une colline , en face d'une ancienne route qui autrefois traversait la lisière du terrain de IMuddy-Hole-Farm : au Nord de ladite route sont trois chênes rouges ou espagnols , formant le coin , et non loin une pierre de borne ; de là, par une ligne d'arbres est formé un rectangle à l'extrémité ou à la limite du terrain entre les possessions de Thompson-]Mason et les miennes. Cette ligne s'étend à l'est ( protégée maintenant par un double fossé, et garnie d'une enceinte de haies), jusqu'cà l'extrémité de Little-Hunting-Creek. Vers ce lieu sont les limites qui séparent les terres de feu Humphrey-Peake et les miennes, et s'étendent jusqu'au rivage de ladite baie. De là, mon domaine va en suivant le bord de l'eau jusqu'au fleuve Potomac ; du fleuve jusqu'à Dog-Creek, il va se terminer au gué que j'ai déjà indiqué; cette propriété contient au delà de 4,000 acres plus ou moins, y compris le corps de logis principal et tous les autres bâtiments et dépendances.

2° En considération des liens de parenté qui existent

entre ma femme et Georges-Fayette Washington et Lawrence-Augusta Washington , et les unissent à elle aussi étroitement qu'à moi ; en considération de l'amitié que j'ai portée à leur père durant sa vie , et des obligations que j'ai contractées envers lui, qui, depuis sa jeunesse , s'était attaché à ma personne et avait suivi ma fortune à travers les vicissitudes de la dernière révolution, consacrant son temps depuis à veiller pendant plusieurs années à mes intérêts particuliers, tandis que mes fonctions publiques m'empêchaient de m'oecuper de ce soin indispensable, me rendant ainsi des services éminents, et cela toujours d'une manière filiale et respectueuse : pour ces raisons, je laisse et lègue à ses fils et à leurs héritiers , mes possessions à l'est de Little-Hunting-Creek , sur le fleuve Potomac , et formant autour de la ferme une enceinte de trois cent soixante acres, affermées à Tobias Lear, comme je l'ai dit déjà , et contenant en tout par le fait deux mille vingt-sept acres plus ou moins ; je veux et entends que ce bien soit équitablement et convenablement divisé entre mes neveux , par les soins de trois personnes sages et désintéressées , selon la quantité, la qualité et toutes autres circonstances , lorsque le plus jeune des deux aura atteint vingt-un ans. Un de ces lots sera choisi par chacun des deux frères , et le troisième partagé entre eux deux. En même temps, si ma femme cesse de jouir de l'usufruit de sa propriété, ils joindront ce nouvel avantage à ceux qu'ils auront déjà recueillis. 3" Et comme j'ai toujours eu l'intention , depuis que j'ai perdu l'espérance d'avoir des héritiers, de considérer

les petits-enfants de ma fennne comme mes propres parents et de leur faire un sort avantageux , surtout aux deux que nous avons élevés depuis leur plus tendre enfance, savoir : Éléanor Parke-Custis et Georges-Washington Parke-Custis ; comme la première a dernièrement épousé Lawrence Lewis , fils de ma défunte sœur Betty Lewis , et que cette union est pour moi une raison de plus de songer à leur sort : en conséquence, je donne et lègue audit Lawrence Lewis et à Éléanor-Parke Lewis , sa femme , et à leurs héritiers , le reste de mon bien de Mount-Vernon , qui n'est pas déjà destiné à mon neveu Bushrod Washington , et qui se trouve compris dans les limites suivantes, savoir : toute la partie nord de la route, conduisant du gué de Dog-Run jusqu'au Gum- Spring, comme elle est décrite dans le plan de l'autre partie des terres , attribuées à Bushrod Washington, jusqu'à la pierre et aux trois chênes rouges ou espagnols , sur la colline. Puis, de la ligne formant rectangle à celle de derrière ( entre la propriété de M. Masson et la mienne); de cette ligne suivant à l'ouest le nouveau fossé double jusqu'au Dog-Run , par la chute d'eau de mon moulin ; enfin , de cette chute au gué déjà indiqué. J'y ajoute tout le terrain que je possède à l'ouest dudit Dog-Run et de Dog-Creek , qui le limitent à l'est et au sud ; puis le moulin , la distillerie et toutes les autres maisons et les travaux faits sur les lieux ; le tout formant environ deux mille acres plus ou moins.

4" Animé du sentiment que j'ai déjà exprimé, je donne et lègue à Georges-Washington-Parke Custis, le petit-

fils de ma femme et mon pupille, ainsi qu'à ses héritiers, le domaine que je possède à Four-Mile-Run, dans le voisinage d'Alexandrie, contenant mille deux cents acres plus ou moins , et tout mon square n» 21, dans la ville de Washington.

5° Quant au reste de mes biens réels et personnels dont je n'ai pas disposé dans les arrangements qui précèdent , quels qu'ils soient et en quelque endroit qu'ils puissent être , je désire que mes exécuteurs testamentaires , qui en trouveront ci-joint le tableau fait avec le plus grand soin possible et l'estimation modérée, le vendent en temps opportun et de manière à servir le mieux qu'ils croiront pouvoir le faire les intérêts des parties ci-désignées , s'ils jugent qu'il n'y a pas lieu sans ce moyen de faire entre mes héritiers une égale et équitable répartition de ces propriétés. Je veux que les sommes qui proviendront de cette vente , soient divisées en vingt-trois parts égales et distribuées comme il suit, savoir : je donne et lègue quatre parts , c'est-à-dire une part à chacun d'eux, à William - Augustin Wastiiiujlon , Elisabeth Spotsuood, Jane Thornton et aux héritiers d'Anne Ashion, fils et filles de feu mon])ève,Au(iusiin Washington. Je donne et lègue cinq parts , c'est-à-dire une à chacun d'eux, à Fielding Letvis, Georges Lewis, Robert Lewis, Howell Lewis et Betty-Carter, fils et filles de feu ma sœur Betty Carter. Je donne et lègue quatre autres parts, c'est-à-dire une à chacun d'eux , à Georges Steptoc Was- ^^iiigton,^uwrenee- Augustin Washington-Harriot Parks et aux li^ri^ers de Thornton Washington, fils et filles de

feu mon père Samuel Washhuji.on. Je donne et lègue deux parts, c'est-à-dire une à chacun d'eux, à Corbin Washington et aux héritiers de Jane Washington, fils et fille de feu mon frère John-Avgtislin Washington. Je donne et lègue trois parts, c'est-à-dire une à chacun d'eux , à Samuel Washington , Frances Bail et Mildred Uammond, fils et filles de mon frère Charles Washhigton. Je donne une autre part, c'est-à-dire un tiers à chacun d'eux, à George-Fayette Washington, Charles- Augustin Washingtonet Mari a Washington , fils et fille de feu mon neveu George-Augustin Washington. Je donne et lègue trois autres parts , c'est-à-dire une part à chacun d'eux , à Élisabeth-Parke Laice, Martha-Pa^ke Peter et Éléanor-Parke Len-is. Je donne et lègue une autre part, c'est-à-dire un tiers à chacun d'eux , à mes neveux, Bushrod Washington et Lawrence Lenis et à mon pupille, petit-fils de ma femme. Et, s'il arrivait que quelqu'une des personnes ci-désignées fut morte en ce moment , ou mourût avant moi , dans l'un ou l'autre cas, les héritiers dudit défunt profiteraient, quoi qu'il en soit , de tous les avantages de la donation , de la même manière que si l'on eût vécu à cette époque. Et, sous forme d'avis , je recommande à mes exécuteurs testamentaires de ne pas mettre trop de précipitation à disposer des biens fonciers (qui doivent être vendus), si, par suite de causes temporaires, on pouvait s'en défaire avec difficulté , car l'expérience a pleinement démontré que le prix de la terre , surtout près des chutes du fleuve et des eaux de l'est , n'a cessé d'aller en augmentant, et

cette hausse ne doit pas s'arrêter. Je recommande particulièrement , dans cette clause de mon testament, à ceux des exécuteurs qui pourront le faire , de prendre chacun une portion de mes actions dans la compagnie du Potomac , plutôt que de les vendre pour les réaliser; car je suis profondément convaincu que jamais, à quelque spéculation qu'on s'applique , on ne tirera d'aussi grands bénéfices que du péase de cette navigation , lorsqu'elle sera en pleine activité 'ce qui aura lieu dans peu) et surtout si la navigation du Shenandoa vient s'y joindre.

Le caveau de famille à ^Mount-Vernon demandant des réparations , je désire qu'on en bâtisse un nouveau en briques , et sur un plus vaste plan , au pied du lieu nonuné communément Vineyard-Enclosure, dans le lieu désigné : mes restes y seront déposés avec ceux de mes parents morts (qui reposent maintenant dans l'ancien caveau ) et les autres membres de la famille qui choisiront ce lieu de sépulture. Je désire expressément que mon corps soit enterré avec les cérémonies ordinaires, sans pompe ni oraison funèbre.

Enfin , je constitue et nomme ma bien-aimée femme , Martha Washimjton; mes neveux, William- Augustin Washington , Bushrod Washington , Georges-Steptoe Washington, Samuel Washington et Laurence Lewis , et mon pupille Ge.jrges-Washington-Parke Custis (lorsqu'il aura atteint l'âge de vingt-un ans ) , exécutrice et exécuteurs de mes volontés et testament. Il sera facile de voir, par la forme de ce testament, que je n'ai pas consulté d'homme d'affaires , et que , tout en y ayant

employé une grande partie de mes heures de loisir, il est resté imparfait et incorrect , malgré le soin que j'ai mis à lui donner sa forme actuelle. Mais, m' étant surtout appliqué à être clair et explicite sur tous les points, fûtce par un peu de prolixité et même de redites, j'espère et j'ose croire qu'il ne fera pas naître de contestations; mais, si, contre mon attente, il en était autrement, faute par moi d'avoir employé les expressions légales ou les termes techniques consacrés, ou parce que j'aurais dit trop ou trop peu sur l'un des articles pour me trouver d'accord avec la loi , je désire et j'entends expressément que toutes les discussions (si par malheur il s'en élevait) soient jugées par trois hommes impartiaux et intelligents , connus par leur prohité et leur hon sens : que deux de ces arbitres soient choisis par les parties, dont chacune en nommerait un , et que le troisième soit élu par les deux premiers arbitres eux-mêmes : ces trois personnes , choisies de la sorte , et affranchies de toute forme légale , exprimeront leur pensée sur les intentions du testateur. Une telle décision devra être, à tous égards , aussi sacrée pour les deux que si elle émanait de la cour suprême des États-Unis.

En témoignage du tout et de chacune des choses contenues dans ce testament , j'ai signé et apposé mon sceau , ce neuvième jour de juillet , dans l'année mil sept cent quatre-vingt-dix (1) , et de l'indépendance des États-Unis la vingt-quatrième.

Georges Washington.

(I) Il paraît que le leslaleur avait oublié le mol neuf.

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