‹ Watteau et son écoleChapitre 32 sur 60 · LE SE · texte numérisé non relu

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a écrit de sa main: Maison de M. Lebrun P. P. du Roi L. XIV, ajoute à la certitude. Avec ses arbres effilés, longs et chatoyants, du $enre des trembles ou des cyprès, cet élancement, ce jaillissement vers le ciel des fûts et des verdures, cette Perspective est du Watteau le plus heureux ; elle ne fait pas que confirmer la capacité du maître pour le paysage ; elle fait mieux: en annonçant le Robert des ruines et des temples, le Frasonard des vues de la villa d’Este, de la villa Pamphile, elle marque une époque et fait date.

« Watteau, dit Julienne, a très bien entendu le paysage » ; c'est aussi l’avis de d’Argenville : « Il joignait à tous les a$réments un excellent paysage et des fonds admirables pour l’intellisence des couleurs. » Maïs nul, mieux qu’Antoine de la Roque, n’a dit cela dans les termes qui conviennent : « Sa touche et la vaguezze de ses paysages sont charmantes. Sa couleur est pure et vraye, ses figures ont toutes la délicatesse et toute la précision qu’on pourrait souhaiter. Les ciels de ses tableaux sont tendres, légers et variez, les arbres sont feuillés, disposés et placés avec art, les sites de ses paysages sont admirables, et ses terrasses d’une vérité naïve, aussi bien que les animaux et les fleurs. »

A Potsdam (Nouveau Palais) l'Amour à la campagne ou Amour paisible offre à souhait l’exemple de ce clair et pur paysage. Il en est de même, à Paris, des Deux Cousines, le charmant chef-d'œuvre qui fut à M. Henry Michel-Lévy, enfin de l’Assemblée dans un parc du musée du Louvre, qui répondent si bien l’un et l’autre à cette description si juste et si poétique d'Antoine de la Roque. Les masses vertes, l’eau miroitante et les beaux marbres des Deux Cousines sont d’une simple et belle ordonnance ; ils ajoutent au sujet du premier plan une sorte d’harmonieux et pur prolongement, ils sont comme un écho à l'accord des êtres. Dans l’Assemblée dans un parc, ce prolongement, cet écho sont plus étouffés. Cette fois c’est à l’automne ; les frondaisons sont rousses, une splendeur vive et fauve, en tombant des

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