‹ Watteau et son écoleChapitre 46 sur 60 · JEAN-BAPTISTE PATER · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE PATER

SA VIE ET SON ŒUVRE

tous deux au Musée de Valenciennes, trahissent assez ce qu'était ce rude homme d’Antoine Pater, le père de Jean- Baptiste : un travailleur et un maussade, appliqué de son métier, tenace dans l'effort, mais de caractère âpre, difficile, enclin —— comme pas un — à la dispute et à la $uerre. Franc-maître dans l’art de la sculpture, Antoine, dans son logis de la rue de Tournay, près du couvent des Carmes, à Valenciennes, taillait sans relâche, à travers le marbre, nombre d’images relisieuses ou emblématiques. En ville il s’entendait à orner maïntes maisons d’enseignes et hauts reliefs, recouvrait pieusement d’argent « la vieille image de Notre-Dame du Puy qui avait tant souffert dans les guerres » (1), enfin mettait tout son talent à surcharger d’une ornementation riche et compliquée le buffet d’ors$ue de Notre- Dame-la-Grande. Plus tard, avec l’un de ses fils, Jean-François Pater, il aidera à édifier, aux limites de la ville, cette belle porte de Cambrai, dite aujourd’hui de Famars, qui existe encore: mais, avant d’en arriver à ces $randes commandes, sa femme, Elisabeth Defontaine, une Flamande de ses cantons et lui — à cause des cinq enfants qui leur naissent, de 1692, date de leur mariage, à 1703 — connaissent toutes les dures épreuves.

| E portrait peint par Watteau, le buste sculpté par Saly,

(1) Réunion des Sociétés des Beaux-Arts: Antoine Pater, par PAUL FOUCART (Paris, 1887).

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