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hotte en bois et tant d’autres de ces figures de rusticité dont le recueil des eaux-fortes de l’ Arsenal est si riche. Peintre de tabasies, de retours ou de départs de fêtes, de noces villageoises, de bals de paysans, voilà sans doute ce que rêvait déjà de devenir — dans son imagination ardente — ce bambin réfléchi, souffreteux et qui ne devait pas, comme les autres, aller passer le temps aux jeux des polissons ; ici encore la Flandre, la Flandre des kermesses, des ducasses, des beuveries, des repas et des réjouissances s’imposait, dès l’origine, à la vocation du £$arçon.
Encore que le bon Julienne ait pu dire que les parents d'Antoine « ne consultèrent que le penchant de leur fils dans le choix de la profession qu’il voulait embrasser », la détermination du petit Flamand ne fut pas sans jeter le trouble dans le cœur inquiet de Michelle et de Philippe. Etre peintre, à Valenciennes, vers ce temps du siècle, il y avait bien à cela quelque mépris, une sorte de sentiment de déchéance et de pitié. L’époque n'était pas si ancienne encore où les peintres et sculpteurs étaient, dans les édits et le cérémonial de la cité, relégués avec les « gorliers, espéroniers, scelliers, armoyeurs et autres mesthiers » au second ran$g des citoyens ; depuis le début du siècle ils avaient pourtant obtenu le droit de s’associer à part, sous le patronage de saint Luc; mais cela n’empêchait pas que bien d’autres g£ens, les jours de $randes fêtes ou d’entrées des rois et princes, eussent sur les peintres le rang de privauté. Philippe, Philippe surtout, le savait bien, lequel, dans les cortègses, au nombre des charpentiers et des potiers, fièrement, marchait en avant d’eux!
Etre peintre, hélas! n’était-ce pas bien petit métier pour quelqu'un qui, dès le berceau, était fils de maître, d’un maître à qui avait parlé le souverneur Magalotti, d’un maître à qui avaient commandé de beaux et $rands ouvrages de toiture le magistrat, le syndic et Messieurs du Conseil de Ville! Ceux qui savaient disaient déjà qu’un certain Julien Watteau, élève du franc maître Gaspard Mignon, depuis quelque temps déjà, exerçait dans