‹ Waverley (volume 2)Chapitre 47 sur 50 · HP · texte numérisé non relu

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Charte est mon bien-aimé, mon bien-aimé; Charte est mon bien-aimé.

Vive le jeune chevalier!

. Vive le jeune chevalier!

s-ÇSK — Entends-tu , mon enfant, le bruit qui vient t.' de la montagne ! ils vont venir

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Encore un peu de patience.

Notre secours enfin s’avance.”

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jfŸ\. . Le Vulcain de.Cairnvreckan aperçut sa Vénus; v’i

■’ <; et fronça le sourcil en faisant une grimace épou- , - .. .J' - j vantable. Il alloit sortir, lorsqu’un des notables interposa ses bons offices : — Bonne femme , dit- * t il, est-ce le temps et le jour convenables pour ; V -a chanter de semblables chansons ? Quoi ! voiïs > \:V * A \ i’\

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chantez vos folies, lorsque le vin de la colère est versé dans la coupe d’indignation !.... dans un jour où tout le pays doit protester hautement contre les injustes prétentions des prélats , des quakers, des indépendants, et autres schismatiques dont les erreurs ont infecté l’église !

— Et que signifie toute votre whighcrie, répondit la virago; vous voilà bien, mauvais criards de whigs , grossiers presbytériens, mais croyezvous que les braves en jupon, se soucieront beaucoup de vos synodes; de vos presbytères, de vos calottes et de vos tabourets d’expiation. Il y a plus d’une femme qu’on y a placée qui étoit plus honnête qu’aucun whig; moimême.... Mucklewrath, craignant les explications, se hâta d’interposer son autorité maritale : — Va t’occuper de notre souper ; et que le diable t’emporte ! ajouta-t-il entre ses dents. — Que me veux-tu, vieux ivrogne, vieux fainéant ? répondit sa douce moitié, dont la colère longï- temps retenue alloit suivre son canal ordinaire ;tu t’occupes à maudire ces pauvres montagnards qui se moquent de tes menaces.: ne ferois-tu pas k mieux de travailler pour gagner de quoi nourrir > t • s , ; ta famille ? Pourquoi ne ferres-tu pas le cheval ,'-c de ce jeune gentilhomme qui vient d'arriver du ► nord ? Je gagerois qu'il n’est pas de ces imbê^ , ci les qui ne savent parler que de leur roi fieot‘ge&; -

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s’il n’est pas le brave Gordon lui-même , il est du moins de son parti.

Tous les yeux se tournèrent aussitôt vers notre »» 4 voyageur, qui profita de ce moment de calme V pour inviter le maréchal à ferrer de suite le che- ^ val de son guide. Il étoit bien aise de continuer sa route ; ce qu’il venoit d’entendre lui faisoit craindre qu’il n’y eût du danger à rester plus long-temps. — Les regards du maréchal restèrent fixés sur lui d’une manière qui prouvoit qu’il avoit des doutes et des soupçons , nullement atténués par le zèle de sa femme pour le nouveau-venu. — N’as-tu pas entendu ce que t’a demandé ce beau jeune homme, vilain ivrogne? lui crioit-elle. — Quel est votre nom, Monsieur? dit»' . /• ' * ' Mucklewrath. — Que vous importe mon nom, ; •' ;

pourvu que je vous paye votre travail? — Le ' t

gouvernement peut avoir intérêt à savoir qui vous Ü ’ , *•

êtes, répondit un vieux fermier, en savourant sa ‘

coupe de whisky ; je doute qu’on vous permette *?/*■' I- 3 de continuer votre route avant que vous ayez montré vos papiers au laird. — J’espère, répondit

positif. — L’assemblée se mit à chuchoter. — C’est

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le chevalier lui-mëme? — La fermentation alloit croissant, et tout annonçoit qu’on s’opposeroit au départ de Waverley. Il tâcha de les apaiser en leur parlant avec douceur; mais mistress Muck- ( lewrath s’avança au milieu du groupe et l’inter- , rompit dans ses exhortations. — Vous auriez l’imprudence, s’écria-t-elle , d’arrêter un ami du prince ! (C’étoit l’idée qu’elle s’étoit formée de notre . voyageur.) Si quelqu’un de vous a le malheur de le toucher du bout du doigt, je lui applique mes dix commandements de Dieu sur le visage. En disant ces mots, elle montra ses bras nerveux et / ses mains armées d’ongles crochus, plus longs que ceux d’un épervier. — Rentrez dans votre maison, lui dit le fermier, allez soigner les enfants du cher homme , cela vaudra mieux que de ' ■ nous ennuyer ici. — Ses enfants! répliqua la terrible amazone, regardant son mari de l’air du plus », profond mépris; ses enfants! -

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Que n’êtes-vous enfin parti ,

Mon cher mari.

Pour faire le grand voyage.

Partei donc plutôt que plus tard !

Qu’un montagnard Vienne consoler mon veuvage !

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Ce cantique, qui excita parmi la jeunesse de l'assemblée un rire mal dissimulé , Ht entièrement perdre patience au forgeron. — Je veux que 4 e

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diable m’emporte, dit-il transporté de rage, si je ne lui plonge ce fer rouge dans le gosier!... Il /' auroit exécuté sa menace, car il avoit déjà tiré ^ sa barre de fer du fourneau ; mais on entoura sa femme et l’on finit par l’éloigner de sa présence.

Waverley vouloit profite!* de ce moment de ' trouble pour s’échapper, mais il ne trouva pas son cheval à l’endroit où il l’avoit laissé; il l’apereut enfin à quelque distance avec son fidèle guide Ébénezer qui, dès l’instant qu’il s’étoit aperçu de la tournure que prenoit la discussion , avoit tiré les deux montures de la foule et s’en alloit monté sur lafieune en tenant l’autre par la bride. Waverjey eut beau lui crier à plusieurs reprises d’amener son cheval , il répondit tranquillement : '

non, non, si vous n’aimez pas l’église et le roi, si l’on vous arrête comme suspect, vous me devez des dédommagements pour m’avoir fait perdre le sermon , et je garde votre bête et le porte -manteau. Édouard se voyant entouré et menace perdit patience. Pour intimider la foule il montra ses deux pistolçts, menaçant de brûler la cervelle au premier qui s’opposeroit à son pfassage, et ordonnant à son guide de l’attendre.

Le sage Partridge 1 dit qu’un senl homme armé d’un pistolet suffit pour faire face à cent hommes

} Personnage de Tom-Jones.

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désarmés; car bien qu’il ne puisse tuer qu’un seul ' de ses ennemis, chacun tremble pour sa vie. Malgré la levée en masse de Cairnvreckan , Édouard - seroit sans doute parvenu à se faire jour, si le Vulcain du village, charmé de faire tomber sur •-K quelqu’un la colèr^ dont l’avoit rempli sa chère moitié, ne fût sorti avec sa barre de fer rouge.

* . Waverley se vit obligé d’arrêter le furieux et de t y* tirer sur lui; le malheureux maréchal tomba. A

la vue de ce spectacle, Édouard saisi d’horreur, ne songea yi à se servir de son second pistolet,

. » ' ni à faire usage de son épée. La populace se jeta sur lui , le désarma , et paroissoit sur le point de

• se porter aux plus extrêmes violences, lorsque parut un vénérable ecclésiastique, pasteur de la

\ . paroisse.

V f . Ce vertueux ministre des autels, étranger à

* Ü* toutes les sectes , étoit également aimé et respecté • ^,'v de tous ses paroissiens. Quoiqu’il leur prêchât

la pratique des vertus du christianisme, et qu’il leur donnât constamment l’exemple de la cha-

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rité, il ne négligeoit pas les vérités sacrées du ; -t , dogme. Il avoit su se concilier l’estime et la bien-^ • veillance de ses supérieurs, quoiqu’il n’eût ja-

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mais voulu consentir à tranformer la chaire de l’évangile en tribunal de haine et de vengeance. C’est peut-être la douceur de son caractère , la y pureté de ses mœurs, la l’égularité de sa con-

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duite qui ont rendu sa mémoire si chère à tous Tes habitants de Cairnvreckan. Lorsqu’ils veulent parler d’un événement arrivé il y a soixante ans , ils disent encore : — C’étoit du temps du bon, du vertueux ]\I. Morton.

Je n’ai jamais pu découvrir s’il appartenoit au parti évangélique ou au parti modéré , mais je ne vois pas que ce soit une chose bien importante à constater puisque je n’ai pas encore oublié que l’un avoit un Erskine à sa tête et l’autre un Robertson .

M. Morton avoit été alarmé par l’explosion du pistolet; et le tumulte croissant autour de la forge , son premier soin , après avoir ordonné qu’on s’assurât de la personne de Waverley, mais sans user de la moindre violence , fut de s’approcher du corps de Mucklewrath, sur lequel sa femme s’arrachoit les cheveux, se tordoit les mains, et donnoit toutes les marques du plus violent désespoir. Lorsqu’on l’eut relevé , on vit que non-seulement il étoit encore en vie , mais qu’il n’avoit pas reçu le moindre mal, quoiqu’il l’eût échappé belle. La balle lui avoit frisé le visage, la surprise et la peur l’a voient renversé. J-.es premiers mots qu’il prononça furent pour demander vengeance, et ce ne fut pas sans peine qu’il se rendit à la demande de M. Morton, de faire conduire le coupable chez ,1e laird qui ,

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comme juge de paix, devoit instruire cette affaire. ' ••

J.e reste de l’assemblée approuva cette mesure,

• . , ' r même mistress Mucklewrath qui venoit de recouvrer l’usage de ses sens. — Je ne m’oppose point, ( ^ dit-elle, à ce que propose notre respectable ministre; il sait mieux que nous ce qu’il faut faire; nous devons lui obéir... J’espère bien lui voir un jour une belle robe d’évêque sur le corps... elle lui ira mieux que son habit de Genève... »,

Toute discussion ainsi terminée , Waverley , sous l’escorte de tous les habitants du village, fut conduit au château de Cairnvreckan , à un demi-mille de distance. ; : ,,

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