‹ Waverley (volume 2)Chapitre 8 sur 50 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Choix d’une profession.

D’après tous ces détails minutieux sur la jeunesse de Waverley et la direction que ses premières habitudes avoient dû nécessairement imprimer à son imagination, le lecteur croit peut-être que je vais lui offrir, dans l’histoire suivante, une imitation du roman de Cervantes.

Mais je suis trop prudent pour avoir une telle prétention. Mou intention n’est pas de marcher sur les traces de cet inimitable auteur et de peindre comme lui ce genre de folie qui métamor- v, phose les objets au moment même où ils frappent les sens; je cherche à décrire cet autre égarement d’esprit bien plus commun, qui laisse voir les choses dans leur réalité, mais avec les couleurs romanesques qu’il leur prête lui-même.

Edouard Waverley étoit si loin de s’attendre à retrouver dans les autres sa manière de voir et de

sentir, il étoit si loin d’espérer que les illusions flatteuses auxquelles il s’abandonnoit avec tant de plaisir pourraient un jour se réaliser, qu’fl ne craignoit rien tant que de laisser percer des sentiments qui étoient le fruit de ses rêveries. Il n’a-> -

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voit jamais désiré d’avoir un confident, et il sentoit si bien le ridicule auquel il s’exposerait, que s’il avoit eu à choisir entre une punition non infamante et la nécessité de faire lui-même une pein- f \ 1

türe exacte du monde idéal dans lequel il pas- -y

> 'soit la plus grande partie de ses jours, il n’auroit r ; pas balancé à se soumettre de préférence au châtiment. Son secret et son isolement lui de-

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; vinrent doublement chers , lorsqu’en avançant dans la vie, il sentit l’influence des passions naissantes. Des nymphes d’une grâce et d’une beauté parfaites commencèrent à jouer un rôle dans ses aventures idéales, et il ne tarda pas à ' \ regarder autour de lui pour comparer les femmes du monde réel , avec celles qu’il s’étoit créées .- J • dans son imagination.

La liste des belles qui venoient le dimanche étaler leur toilette à l’église de Waverley n’étoit ni * i' nombreuse ni choisie. La plus passable d’entre * elles étoit miss Sissly, ou, comme elle préférait - ' ' Æ

d’être appelée, miss Cécilia Stubbs, fille du che- ; . / '1

valier Stubbs. Je ne sais si c’étoit par le plus grand . Y. ''3

hasard du monde ( phrase qui , sur les lèvres d’une femme, n’exclut pas toujours certaines intentions) ou bien par une conformité de goûts^ que miss Cécilia se trouvoit assez souvent sur le passage du jeune Edouard dans ses promenades favorites à

travers le parc de Waverley. Il n’avoit pas eu

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