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encore le courage de l’aborder, mais la rencontre produisait toujours son effet. Un amant romanesque est un amant d’une nature fort extraordinaire, qui assez souvent ne s’inquiète pas de > > quelle matière il forme l’objet de son adoration; et si la nature a départi quelques charmes à cet objet de ses vœux, il jouera très-bien le rôle è^dii joaillier ou du derviche du conte des Sept Amants; et, trouvant dans son imagination de quoi la doter richement, il lui donnera une beauté v céleste, et toutes les autres qualités que peut four- • , nir un monde intellectuel. Déjà notre jeune en-
. ' •. ^thousiaste avoit trouvé dans miss Cécilia assez de /
>' ! charmes pour la placer au rang d’une déesse, ou ; : pour le moins à côté de sa céleste patronne. Miss • ’ •* Rachel Waverley, après plusieurs indices qu’elle avoit recueillis, crut qu’il étoit temps de prévenir l> ' • # le moment de l’apothéose. Dieu merci, la plus , .v, simple, la plus ingénue des femmes a toujours, - * • ' dans ces sortes d’affaires, une pénétration d’ins- •
; . tinct qui à la vérité lui fait supposer quelquefois ‘ ce qui n’existe pas, mais qui lui montre du moins , ' assez ordinairement ce qui existe. Miss Rachel s’attacha avec une graude prudence à éluder le ».* ' danger pliUôt qu’à le combattre ouvertement. Elle ' insinua à son frère la nécessité de faire voyager J l’héritier de la famille , afin qu’il acquît la con- • ; *' ■ f , noissance d’un autre monde que celui qu^ lui"' ■*
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offroit sa résidence continuelle au château de Waverley. Sir Éverard se refusa d’abord à une proposition qui tendoit à le séparer de son neveu. Edouard étoit studieux, il en convenoit, mais il avoit toujours entendu dire que la jeunesse étoit le temps de l'étude , et il n’y avoit pas à douter que lorsqu’il auroit satisfait son amour pour les lettres, et rempli sa tête de nombreuses connoissances , Édouard se livrât aux amusements et aux occupations de la campagne. Quant à lui , il avoit souvent regretté de ne pas avoir consacré à l’étude une partie de sa jeunesse, parce que, disoit-il, — Je n’en aurois pas manié le fusil, ni », chassé avec moins d’adresse, et j’aurois eu le plaisir de faire retentir le plafond de Saint-Étienne d’un beau et long discours, au lieu de me contenter de ces votes négatifs avec lesquels j’attaquois toutes les mesures du gouvernement, lorsque sous l’administration de Godolphin, j’étois * membre de la Chambre.
Cependant la tante Rachel eut assez d’adresse pour parvenir à son but. Elle rappela que tous les membres de la famille avoient, avant de se fixer au château de Waverley, visité les pays étrangers, ou servi dans les armées de leur patrie ; et pour prouver la vérité de son assertion, elle déroula l’arbre généalogique. Or sir Éverard n’avoit jamais récusé une pareille autorité. Aussi
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