CHAPITRE V
Dans la soirée du jour où le lord garde-des-sceaux et sa fille furent sauvés, comme nous l'avons raconté, d'un péril imminent, deux étrangers étaient assis dans la chambre la plus retirée d'une jietite auberge, ou plutôt d'un obscur cabaret, ayant pour enseigne la Tanière du Renard, à trois ou quatre milles de Ravenswood, et à pareille distance de la tour délabrée de Wolfs-Crag L'un do ces étrangers était un homme d'environ quarante ans, grand, efQanqué, au nez aquilin, aux yeux noirs et pénétrants, à l'air rusé et à la figure sinistre. L'autre avait environ quinze ans de moins : il était petit, robuste; il avait le visage coloré, des cheveux roux, des yeux où se peignaient la franchise, la résolution et la gaieté, et auxquels un certain degré d'insouciance et de fierté, ainsi qu'une intrépidité naturelle, donnait beaucoup de feu et d'expression, malgré la couleur de ses sourcils, qui étaient d'un gris clair. Un pot de vin, car à cette époque on tirait le vin au tonneau dans des polsd'étain, était placé sur la table, et chacun avait devant soi nne espèce de coupe écossaise, appelée quaigh, et formée de petites douves assemblées comme celles d'un tonneau. 11 ne paraissait pas régner entre eux beaucoup de cordialité. Les bras croisés, l'air inquiet et impatient, ils se regardaient en silence, chacun restant plongé dans ses réflexions et nullement disposé à les communiquer à son voisin.
A la fin, le plus jeune rompit le silence en s'écriant : — Qui diable peut retenir le Maître aussi longtemps? il faut qu'il ait échoué dans son entreprise. Pourquoi m'avez-vous dissuadé d'aller avec lui? — Un seul homme suffit pour venger ses propres injures, dit le personnage plus grand et plus âgé. Nous hasardons notre vie en venant jusqu'ici pour une pareille affaire. — "Vous n'êtes après tout qu'un poltron, Craigengelt, interrompit le plus jeune, et c'est ce que bien des gens pensent de vous depuis longtemps. — Mais ce que personne n'a osé me dire, répondit Craigengelt en portant la main à la garde de son épée ; et si je ne savais qu'un homme très prompt ne vaut guère mieux qu'un insensé, je ferais... 11 s'arrêta pour attendre la réponse de son compagnon. — 'Vous feriez? dit froidement l'autre ; pourquoi ne le faites- vous donc pas? »
Craigengelt tira son arme un pouce ou deux hors du fourreau , et puis l'y fit rentrer avec violence, en disant : — Parce que cette lame est destinée à quelque chose de mieux qu'à ôter la vie à vingt étourdis comme vous. — En cela vous avez raison , car toutes mes infractions aux lois, et la dernière amende que ce vieux radoteur de Turntippet convoite déjà, et qui, je le parierais, est maintenant prononcée, m'ont définitivement chassé de ma maison; et il fallait être un imbécille pour me fier à vos belles promesses de nie jirocurer une commission dans la brigade irlandaise. El qu'ai-je de commun avec la brigade irlandaise? Je suis un franc Ecossais, comme mon père l'était avant moi. Et d'ailleurs, ma grand'tante, lady Girnington, ne peut pas vivre éternellement. — Cela est bien vrai, Bucklaw, mais elle peut vivre longtemps: et quant à votre père, il avait des terres et de quoi vivre; il n'avait affaire ni aux prêteurs sur gages ni aux usuriers; il payait à chacun ce qu'il lui devait, et vivait de ce qui était véritablement à lui. — Et à qui la faute si je ne fais pas la même chose? à qui la faute, si ce n'est au diable, à vous et à ceux qui vous ressemblent? Ce sont eux qui m'ont fait voir la fin d'une belle fortune; et maintenant, je vais être obligé, sans doute, de chercher et d'inventer comme vous des moyens de me tirer d'affaire : vivre pendant une semaine sur une communication secrètement reçue de Saint - Germain ; une autre semaine sur la nouvelle d'une insurrection dans les montagnes; prendre mon déjeuner et mon verre de vin des Canaries chez de vieilles Jacobites, en leur donnant des mèches de ma vieille perruque pour les cheveux de Chevalier; servir de second à mon ami dans un duel, jusqu'à ce qu'il arrive sur le terrain, et là lui fausser compagnie , de peur qu'un agent politique de mon importance ne périsse dans cet engagement. Il faudra que je fasse tout cela pour avoir du pain, outre le plaisir de m'intituler capitaine..— 'Vous croyez sans doute faire là un beau discours, et déployer beau^ coup d'esprit à mes dépens. .Mourir de faim, ou se faire pendre, est-ce donc là un dénouement préférable à la vie que je suis obligé de mener, parce que le roi n'a pas en ce moment les moyens de soutenir ses envoyés? — Mourir de faim est plus honorable, et la po
LA FlA^Cfc;E DK LAMMERMOOR.
tence pourrait bien être la conclusion de tout ceci. Mais je ne comprends pas ce que vous voulez de ce pauvre diable de Ravenswood ; il ne lui reste plus d'argent, pas plus qu'à moi ; ses terres sont engagées et hypothéquées, et l'intérêt ahsorlie le revenu, et au-delà. Qu es|.érez-vous donc en vous mêlant de ses alfaircs? — Soyez tranquille, Butklaw , je sais ce que j(; lais. Outre que son nom et les services rendus par son père en 1689 donneront un graml prix à une pareille acquisition près des cours de Versailles et de Saint-Germain, permettez-moi aussi de vous dire que le .Maître de Ravenswood est un jeune homme d'une tout autre nature que la vôtre. Il a de-l'instruetion et de l'adresse, du courage et des talents, et se présentera dans les cours étrangères comme un jeune homme de cœur, qui connaît autre chose que l'allure d'un cheval ou le vol d'un faucon. J'ai perdu depuis peu mon crédit en produisant des êtres qui ne savaient absolument que lancer un cerf, ou rappeler l'oise m. Mais le Maître a de l'éduiMlion, du jugement, de la j)énctr.ition — Et cependant il n'a pas pas assez de iinesse d'esprit pour échapper aux ruses d'un eiubaucheur, Craigengelt. Mais ne vous fâchez pas : vous savez que vous ne vous battrez point; ainsi vous ferez tout aussi bien de laisser la poignée de votre sabre en paix et de me dire d'un ton calme comment vous avez pu vous attirer la confiance de Ravenswood. — En flattant son désir de vengeance, Bucklaw. Il s'est toujours méfié de moi ; mais j'ai épié le moment favorable, et j'ai frappe à sa porte lorsqu'il était irrité par le sentiment des injures passées et par celui de l'insulte qu'il venait de recevoir. 11 va s'expliquer, comme il le dit, et comme il le pense peut-être, avec sir William .\shton. Pour moi, je vous le dis, s'ils se rencontrent, et que l'homme de loi se mette sur la défensive, le Maître le tuera; car son regard était rempli d ■ ce feu qui révèle infailliblement des résolutions violentes. Quoi qu'il arrive, il causera une telle frayeur à son ennemi que la chose sera présentée comme une attaque contre un conseiller privé, en sorte que le prétendu agresseur se trouvera en rupture ouverte avec le gouvernement : dès lors, l'Ecosse sera trop chaude pour lui; la France l'appellera, et nous nous embarquerons tous ensemble sur le brick français l'Espoir, qui nous attend à la hauteur d'Eyemoulh. — Voilà qui'me plaît! l'Ecosse ne m'ofTre plus d'attrait, et si la compagnie du .Maître peut nous procurer un meilleur accueil en France, eh bien! soit fait comme il est dit, au nom de Uieu ! Je doute fort que nos propres mérites nous fassent obtenir un bien grand avancement, et j'espère que Ravenswood enverra une balle à travers la tête du lord avant de nous rejoindre. On devrait, chaque année, administrer du plomba un ou deux de ces brigands d'hommes d'État, pour apprendre aux autres à se bien conduire. — Très vrai, et cela me rappelle qu'il faut que j'aille voir si nos chevaux ont mangé et s'ils sont prêts: car si l'affaire est faite, ce ne sera pas le moment de laisser croître l'herbe sous leurs sabots. 11 alla jusqu'à la porte, puis se retournant de l'air du nlus^rand sérieux, il ajouta : ;— Quel que soit le résultat de cette affaire, vous serez assez juste, j'en suis certain, pour vous souvenir que je n' à rien dit à Ravenswood qui puis.se donner lieu à m'inculper comme com|>lice de tel acte de violence qu'il se serait mis dans la tèie de commettre. — Non, non, pas un seal mot qui indique complicitc; vous connaissez trop bien le risque a^ttachc à ces deux mots terribles : acte et participation. Puis, comme s'il se parlait à lui-même, il récita les vers suivants :
L'horloge se taisait : dins un sombre silence L'aiguille avait marqué l'heure de la vengeance.
— Comment! que dites-vous donc là'? demanda (iraigengelt , en te retournant d'un air d'inquiétude. — Rien, répondit son compagnon : des vers que j'ai entendu réciter sur le théâtre. — Bucklaw. j ai pensé quelqui^fois que vous auriez dû vous faire comédien ; chez vous tout est caprice et légèreté. — Je l'ai souvent pensé aussi ; et ce serait moins dangereux, je crois, que déjouer un rôle avec vous dans cette fatale conspiration. Mais partez ; occupez-vous de votre afTaire, et soignez les chevaux, comme un pabïfrenier que vous êtes... Moi. acteur! moi, figurer sur un théâtre! voilà qui aurail^mérité un coup d'épée, si Craigençeit n'était p.'is un poltron. Et cependant j'aimerais a.ssez cette profession. Attendez... voyons... mais oui, je pourrais débuter dans le rôle d'Alexandre...
Je reviens du tombeau sauver ce qui m'est cher.
Glaive en main! Marchons tous aussi prompts que l'éclair.
Pour guides nous aurons l'Amour avec la Gloire.
Pendant que, d'une voix de tonnerre et la main sur son épée, Bucklaw déclamait emphatiquement les vers du pauvre Lee, Craigengelt rentra l'inquiétude peinte sur le visage.
— ISons sommes perdus Bucklaw, dit-il; le cheval du Maître s'est enchevêtré dans son licou; et voilà qu'il est absolniriinl boiteux; l'autre pauvre bête sera épuisi^e par la course d'aujourd'hui , et maintenant il n'a pas de monture fraîche; il ne pourra jamais s'échappiT — Ah ! ma foi, il n'est pas question d'être aitssi prompts que l'ieiair, cette fois. Mais atteiiilez : s'il n'a plus de cheval, vous pouvez lui donner le vôtre. — Quoi? et me laisser prendre moi-même? Graud
merci de la proposition. — Mais, dans le cas où sir William aurait succombé, ce que, pour ma part, je ne puis croire, attendu qu'Edgar de Ravenswood n'est pas homme à tirer sur un vieillard sans armes; daus le cas enfin où il y aurait eu du fracas au château, vous n'avez ni acte ni part dans tout cela, vous n'êtes point complice, et par conséquent vous n'avez rien à craindre. — Sans daute, sans doute, répondit l'autre d'un air embarrassé, mais considérez la commission que j'ai reçue de Saint-Germain... — Et que bien des gens pensent être une commission de votre propre fabrique, noble capitaine. C'est fort bien ; mais, puisque vous ne voulez pas lui donner votre cheval, eh bien! morbleu ! il faut qu'il prenne le mien. — Le vôtre ! — Oui, le mien, je ne veux pas qu'on puisse jamais dire qu'après avoir promis à un gentilhomme de le soutenir dans une petite affaire d'honneur, je ne l'ai pas aidé à la vider, ou à se mettre à l'abri du danger qui en était la suite.— Vous voulez lui donner votre cheval? mais avez-vous considéré la perte? — La perte! Il est bien vrai que Gilbert, mon cheval gris, m'a coûté vingt jacobus ; mais le cheval qu'Edgar monte aujourd'hui vaut quelque chose, et son Black- Moor vaudrait le double de ce qu'il vaut à present, s'il n'était pas malade; or je sais comment m'y prendre pour le guérir. Ayez un jeune chien matin ; écorchez-le, videz-le, farcissez bien son corps de limaçon» noirs et gris; faites-le rôtir pendant quelque temps, en l'arrosant d'huile d'aspic, mêlée avec du safran, de la cannelle et du miel; frottez avec la graisse qui en tombera, en tâchant de la faire pénétrer...— C'est très bien, Bucklaw; mais, avant que le cheval soit guéri, ou même que le chien soit rôti, vous serez pris et pendu. Soyez sûr que l'on donnera une chasse vigoureuse à Ravenswood. Je voudrais bien que le lieu du rendez-vous fût plus près de la côte. — Sur ma foi, je ferai beaucoup mieux de partir à présent et de lui laisser mon Gilbert... Attendez, attendez; le voilà qui arrive ; j'entends te pas d'un cheval. — Etes-vous bien sûr qu'il n'y en ait qu'un? Je crains qu'il ne soit poursuivi : il me semble eutiudre le galop de trois ou quatre chevaux ; du moins je suis sûr d'en entendre plus d'un. — Bah , bah ! c'est la servante de la maison , qui fait claquer ses patins en allant au puits. Par ma foi, capitaine, vous devriez renoncer à votre grade et à votre service secret, car vous vous effrayez aussi facilement qu'une oie sauvage. Mais voici le M.iître qui arrive seul : il paraît aussi sombre qu'une nuit de novembre.
Le Maître de Ravenswood entra effectivement dans la cliambie, enveloppé dans son manteau, les bras croisés, l'air sérieux et en même temps abattu 11 se débarrassa de son vêtement de dessus , se jeta sur une chaise, et parut plongé dans une profonde rêverie.
— Qu'est-il arrivé? qu'avez-vous fait? demandèrent aussitôt Craigengelt et Bucklaw. — Rien, répondit-ii d'un ton sec et de mauvaise humeur. — Rien! s'écria Bucklaw, et vous nous aviez quittés, bien déterminé à demander raison au vieux coquin des injures qu'il a faites à vous, à nous et à tout le pays? L'ave":- vous vu? — — Je l'ai vu. — Vous l'avez vu, et vous revenez sans avoir réglé le compte qu'il vous doit depuis si longtemps? c'est à quoi je ne me serais pas attendu de la [lart du .Maître de Raven.swood. — Peu m'importe ce à quoi vous vous seriez attendu; ce n'est pas à vous, monsieur, que je rendrai compte de ma conduite. — Patience, Bucklaw! dit Craigengelt en arrêtant son compagnon qui paraissait sur le point de répondre avec emportement. Sir Edgar a été contrarie dans ses projets ; mais il excusera l'inquiétude et la curiosité d'amis dévoués à ses intérêts. — D'amis, capitaine Craigengelt! répliqua Ravenswood avec hauteur. J'ignore le degré de familiarité qui s'est établi entre nous pour vous autoriser à faire usage de cette expression. Je pense que notre amitié consiste simplement en le que nous sommes convenus de quitter l'Ecosse ensemble aussitôt que j'aurais visité li; château aliéné de mes ancêtres, et que j'aurais eu une entrevue avec celui qui en e.st aujourd'hui le possesseur : je ne veux pas dire le propriétaire. — Cela est vrai, monsieur, répondit Bucklaw, et comme nous avions pensé que l'exécution de votre projet pouvait mettre votre vie en danger, nous étions très courtoi- .semeiit convenus, Craig et iimi, de vous attendre ici, bien que ce fût nous exposer aux mêmes risques. Relativement à Craig, il est v|ai, ce n'était pas une chose bien importante, car la potence a été écrite sur son front des l'instant où il est ne, mais je n'aimerais pas à imprimer une tache sur ma famille par une lin pareille, el iiomune cause qui m'est étrangerf. — Messieurs, dit le Maître de Ravenswood. je sui.> facile de vous avoir occasionné tant d'embarras, mais je récl.inn! le droit déjuger du meilleur parti qiu" j'ai à pii'ndre dans mes propres affaires, sans en donner d'explication à qui que ce soit. J'ai i haiigé d'avis, et ne me propose point de quitter le pays pour le moment. — Ne point quitter le pays. Maître! s'cciia Craigengelt. Ne point partir, après toutes les peines que je me suis données el les dépenses que j'ai faites; ajires avoir couru tant de risques, a|)rès l'argent qu'il eu coulera pour le fret et le relaril à nous einbai ',uer! — Monsieur, répliqua Ravenswood, lorsque je formai le pn.jCt de quitter aussi prompteuient li^ royaume, je profilai de l'offre ouilgeanle que vous me fites ■.\i: me procurer des moyens de transport; mais je ne me souviens iinllenient d<,' m'élre engage à partir, .si j'avais des motifs pour changer de dessein. Je suis l.tclie de la peine que vous avez prise pour raoL, ';t je vous en remercie.
LES VEILLEES LITTÉRAIRES ILLUSTRÉES
Quant à vos dépenses, ajouta-t-il en mettant la main à sa pohe, elles demandent une conipensation plus solide : fret, retard d'embarqueiueut, sont des choses que je ne connais point, capitaine Crai-
La vieille Alice.
gengelt; mais prenez ma bourse, et payez-vous d"nprès votre propre conscience. Il présenta effectivement au soi-disant capitaine une bourse contenant quelques pièces d'or.
Mais ici Bucklaw vint s'interposer : — Il me parait, Craig, que les doigts vous démangent de tenir ce petit filet vert ; mais je vous jure que si ces doigts font seulement mine de se plier pour le saisir, je les abats d'un coup de sabre. Puisque le Maître a changé d'avis, je pense qu'il est inutile que nous restions ici plus longlemps : mais, avant de nous quitter, je demande la permission de lui dire... — Diles-lui tout ce qu'il vous plaira, interrompit Craigenge t, si vous me laissez auiiaravant lui faire sentir les inconvénients auxquels il s'expose en quiliant notre société, les obstacles qui lui défendent de rester ici, la difficulté de se présenter à Vursiiilles et à Saint-Germain, sans être appuyé par des hommes qui y ont établi d'avance des relations utiles. — Outre la faute d'avoir renié l'amitié au moins d'un homme d'honneur et de courage, ajouta Bucklaw. — Messieurs, reprit Ravl;ll^ Wood, permettez-moi de vous assurer encore une fois que vous im z bien voulu attacher à noire liaison momentanée plus d'imporlaice que je n'ai jamais eu dessein de lui en donner. Lorsque je visiterai les cours étrangères, je n'aurai pas besoin d'y être introduit par un intrigant aventurier ; et d'ailleurs je tie me crois pas obligé de mi lire un grand prix à l'amitié d'un écervelé fanfaron. E;i disant ces mots, et sans attendre une réponse, il sortit de l'appartement, se remit en selle, et on l'entendit s'éloigner.
— Morbleu! s'écria Craigengelt, voilà ma recrue perdue. —Oui, capitaine, dit Bucklaw, le saumon est parti, emportant hameçon et le reste. Mais je cours après lui, car je ne saurais digérer a'utant d'insolence.
Craigengelt offrit de l'accompagner ; mais Bucklaw refusa ce service : — Non , non , capitaine ; tenez-vous au coin de la cheminée jusqu'à ce que je revienne ; il fait bon dormir quand on n'a rien à craindre :
La vieille femme assise à son doux coin du feu Des cris de l'ouragan s'inquiète fort peu....
Et en continuant à chanter, il sortit de l'appartement.