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CHAPITRE XXIII

Le sommeil de Ravenswood fut interrompu par des visions fantastiques et terribles, et les intervalle^ qu'il passa sans dormir furent troublés par de tristes réflexions sur le passé et l'avenir. 11 fui peut être le seul voyageur qui eût jamais couché dansée misérable chenil sans se plaindre de son logement, ou sans s'apercevoir qu'il lui manquait un; foule de choses nécessaires. Un esprit calme rend le corps délicat. Edgar se leva néanmoins de bonne heure, dans l'espoir que la fraîcheur du matin lui rendrait latranquillitéque la nuit lui avait refusée, et il se dirigea vers le cimetière, éloigné de l'auberge d'en ■ viron un demi-mille. La fumée bleuâtre qui s élevait en toui|noYanl au-dessus du toit du fossoyeur, lui apprit que l'homme qu'il cher-

LA FIANCÉE DE LAMMERMOOR

hait était de retour et déjà levé. Il entra donc dans le cimetière, où il aperçut le vieillard occupé à creuser une fosse. — Ma destinée, pensa Ravenswood , semble me pousser vers des scènes de mort... Mais allons! il ne faut pas me laisser égarer par de pareilles pensées... Le vieillard, en le voyant approcher, s'appuya sur sa bêche, afin de recevoir ses ordres ; et comme Edgar ne se pressait pas beaucoup de parler, il entama le premier la conversation.

— Vous venfz, ditil , me demander pour une noce, monsieur, j'en réponds. — Qu'estce qui vous porte à le croire, mon ami ? — C'est que j'exerce deux métiers , monsieur :

je manie le violon et la bêche ; avec l'un je contribue à peupler le monde , avec l'autre je le vide , et trente ans d'exercice m'ont appris à connaître tout d'abord les intentions des personnes qui viennent me trouver. — Aujourd'hui, néanmoins, vous vous trompez.

— Vraiment? Ma foi, cela est très possible , car tout ouvert qu'est votre front, on peut y remarquer des signes qui indiquent aussi bien la mort que le mariage. Au reste, ma pioche et ma pelle sont à votre service , de même que mon archet et mon violon. — Je désire que vous prépariez un enterrement convenable pour une vieille femme , .\lice Gray,

Î|ui demeurait à Craigoot, dans le parc de Ravenswood. — Alice Gray ! l'aveugle Alice!

Elle est donc morte ?

Allons ! c'est eticore un coup de cloche pour ra'avertir d''' me tenir prêt. Je me rappelle le temps oit Hobby Gray l'amena dans ce pays, (.'était une jolie personne alors, et comme elle était du sud , elle nous regardait tous du haut en b.is. Voilà une bien terrible chute pour son orgueil ! Elle est donc morte, enfin?

— Oui , hier à une heure. Elle a matiifeslé le désir d'être enterrée ici , à côté de son mari. Vous sa- Tez sans doute dans

3uel endroit le corps e cet homme a été déposé! — Si je le sais! je sais où est depose le corps de chacune des personnes qui sont enterrées ici. Mais vous parliez de la fos>.e d'Alice. Ah ! Dwu nous bénisse ! ce n'est pas une fosse ordinaire qu'il lui faut , si tout ce qu'on a dit d'elle dans ses dernières années est vrai; c'en est une de six pieds qui convient pour une sorcière, pas un puce Je moins; autrement les sorcières, ■es compagnes, viendraient bientôt la dépouiller de son linceul... Mais, six pieds ou trois pieds de profondeur, qui est-ce qui me paiera. Je vous prie? — Ce sera moi, mon ami, et, en outre, tous les autres frais rai onnables. — Raisonnables! Voyons : Il y a la fosse, d'aliord; puis la sonnerie, quoique la cloi he soit cassée; puis le cercueil, ma journée, mon pour-boire, et enfin l'eau-de-vin et l'aie pour les libations funéraires. Je ne crois pas que vous puissiez la faire T. II.

enterrer décemment, comme l'on dit, à moins de seize livres d'Ecosse (32 fr.). — Les voici, et même quelque chose en sus; faites tout cela convenablement. — Vous êtes sans doute un de ses parents d'Angleterre? J'ai ouï dire qu'elle s'était mésalliée. C'était bien de lui laisser ronger son frein pendant sa vie, et c'est bien aussi de la faire enterrer décemment après sa mort; car c'est un honneur pour vous plutôt que pour elle. On peut laisser ses parents se tirer d'affaire comme ils l'entendent, tant qu'ils . sont vivants et qu'ils peuvent porter le poids de leurs misères ; mais on ne souffre pas qu'ils soient enterrés comme des chiens , car la honte en rejaillirait sur la famille. Quant au défunt , qu'est-ce que cela lui fait ? — Vous ne voudriez pas non plus que l'on négligeât ses parents lorsqu'il est question de noces ? dit Ravenawood , qu'amusaient les dissertations philanthropiques de l'intéressé fossojeur.

Le vieillard leva ses yeux gris encore pleins de vivacité, et sourit d'un air qui faisait voir qu'il comprenait la plaisanterie; jiuis il continua avec la même gravité : — Les noces I comment négliger les noces , quand on s'intéresse le moins du monde à la population ? Oui , sans doute, on doit les célébrer par dos festins où l'on réunit ses amis, par les instruments de musique, tels que la harpe , la trompette et le psaltérioii, ou bien un bon violon et une cornemuse , lorsqu'on a di'.

la peine à se procurer ces instruments antiques. — Et la présence du vidioii , répliqua Ravcnswood , compenserait l'absence de tous les autres.

Le fossoyeur le regarda de nouveau d'un air malin : — Sans doute, sans doute, si l'on en jouait bien. Mais voilà làbas, ajouta-t-il comme pour changer de discours, la dernière demeure d'Hobby Gray, dont vous paillez, justement le troisième tertre après cette pierre sépulcrale qui .s'élève sur la tombe de quelqu'un des Uavenswood, car il y en a plusieurs ici , ainsi que de li'urs domestiques (que le diable les emporte!) bien que ce ne soit pas le lieu ordinalrede leur sépulture.— Vous nelesaimc/.donc pas, ces Ra- \en>\vuod, dit Edgar peu satisfait de cette bénédiction donnée en passant à .sa famille et à son nom. — Je ne sais qui les aimerait, répondit le fossoyeur : lorsqu'ils avaient des domaines et de la puis.- .saiice, ils ne savaient point en faire un usage convenable, et maintenant qu'ils ont la tète basse, il est peu de piTsoiines qui s'inquietcnt de savoir s'ils seront longtemps ou non à la relever. — Vraiment? je n'avais jamais entendu dire que cette malheureuse famille eût mérité la haine. J'avoue sa pauvreté, si cela peut la rendre méprisable. — Cela y fait beaucoup , croyez-m'en , répondit le sa-

Retonr de RavcnsYrOod.

LES VEILLEES LITTÉRAIRES ILLUSTRitES.

cristain de rErmitage. Je ne vois pas autre chose qui doive me faire mépriser, et cepeiuîanl on est bien loin de me respecter comme on le ferait si je demeurais dans une belle maison à deux étages et couverte d'ardoises. Mais quant aux Havenswood. j'en ai vu trois générations; et du diable si lune valait mieux quePaulro! — Je croyais qu'ils joui^sa-enl d'une bonne réputation dans le pays — Réputation ! tenez, vo" ez-vous, monsieur, quant au vieux bon-iiomme de lord, j'ai voeu sur ses terres lorsque j'étais un garçon jeune et vigoureux, et pour sonner de la trompette, je pouvais défier le plus liabile, car j'avais assez de vent alors, et ce fameux Marine, le trompette que j'ai entendu jouer de son inslrumenl devant les lords des assises, je n'en fais pas plus de cas que d'un enfant qui tient tin silllet. Je l'aurais battu sur le boute-selle, ou le départ, ou la marche. Il ne sonne pas juste. — Mais mon ami, objecta Edgar, qui, mû par une curiosité bien naturelle dans sa position, désirait ramener le musicien <iu sujet primitif, quel rapport y a-t-il entre le vieux lord Ra- , I veiiswood et la musique ricgénérée de ce pauvre Marine ? — Le voici, monsieur, répondit le fossoyeur; c'estquej'ai perdu mon haleine à son .«service. Voyez-vous, j'étais trompette au château, et j'étais payé pour sonner au point du jour, à l'heure du diner, et dans d'autres circonstances, comme, par exemple, lorsqu'il y avait compagnie, et qu'il plaisait à Sa Seigneurie de se divertir. Mais lorsqu'il voulut lever sa milice et la faire marcher jusqu'au pont de Bolhwell, contre les maudits \^•higs de l'ouest, il fallut, bon gré mal gré, que je S montasse à cheval et que j'allasse avec la troupe. — Il n'y avait rien

que de raisonnable en cela, vous étiez son serviteur elson vassal. — Son serviteur, dites-vous? oui, sans doute; mais c'était pour appeler les convives à un diner bien chaud, ou, au pis aller, pour accompagner un convoi un peu décent jusqu'au cimetière; mais non pas pour pousser les gens au carnage et préparer un festin aux corbeaux. Atteudez, vous allez voir ce qui en arriva, et si je dois chanter en l'honneur des Ravenswood. Bref, nous partîmes par une belle matinee d été, le 24 juin 1679; je me souviendrai ma vie durante du jour, du ipois et de l'année. On entendait le bruit des tambours et le cliquetis des armes; les chevaux ruaient, se cabraient et trépignaient. Hackstoun de Rathillet gardait le pont, avec des hommes armés de mousquets, de carabines, de piques, d'épées et de faux, que sais-je? et nous, cavaliers, nous rei^ùmes l'ordre de remonter la rivière pour la traverser à un gué. Je n'ai jamais aimé l'eau, et elle me plaisait d'autant moins que je voyais des milliers de gens armes sur l'autre rive. Le vieux Ravenswood était avec nous brandissant sa bonne lame d'André Ferrara à la tète de sa compagnie, et nous criant d'avancer, comme s'il se fût agi d'aller à une foire. De son côté, Caleb Balderstone, qui vit encore, s'agitait à l'arriore-garde, et jurait par Gog et Magog qu'il enfoncerait son épce dans le ventre de quiconque tournerait bride. Enfin le jeune Allan, alors le Maître de Ravenswood, se tenait derrière moi, un pistolet armé à la main (et ce fut un grand bonheur que l'arme ne partit point), me criant, à moi qui avalisa peine le souffle nécessaire pour faire jouer mes poumons : Sonne, poltron que tu es; sonne donc, lâche, ou je te Drùle la cervelle ! Oui, certes, je sonnai, mais une si belle fanf.are, que le gloussement d'une poule qui vient de pondre serait de la vraie musique, en comparaison. — Tâchez d'abréger ces détails. — Les abiéger! Peu s'en fallut que ma vie elle-même ne fut abrégée, et cela dans la fleur de ma jeunesse, comme dit l'écriture : c'est précisément ce dont je me plains. Enfin donc, nous allâmes piaffer dans l'eau, pèle-mèle, un cheval poussant l'autre, comme c'est l'ordinaire des bètes brutes, et les cavaliers ne montrant pas plus de bon sens que leurs montures. De l'autre côté les buissons paraissaient en flammes, tant ces coquins de whigs faisaient sur nous un feu soutenu. Mon cheval venait justement de mettre le pied sur la rive, quand un maudit coquin des provinces de l'ouest... dans cent ans d'ici je me rappellerais encore sa figure, son œil comme celui d'un faucon, sa barbe aussi large que ma pelle... ce maudit coquin, vous dis-je, dirigeait le bout de son long fusil noir tout droit à mon oreille, quand, par l'effet de la miséricorde divine, mon cheval fit un écart, et je tombai d'un côté, tandis que la balle siffla de l'autre ; à ce moment le vieux lord porte à mon adversaire un coup si violent de son sabre qu'il lui fend la tète en deux, et le lourdaud tombe sur moi de tout le poids de son corps.

— Vous aviez quelque obligation au vieux lord, il me semble — Vraiment? oh, sans doute; d'abord, pour m'avoir exposé, bon gré mal gré, à un si grand péril, et puis pour avoir fait tomber sur moi un grand enragé qui faillit m'écraser complètement. Depuis lors j'ai toujours eu l'haleine courte, et je ne saurais faire cent pas, sans souffler comme la vieille rosse poussive du meunier. — Vous perdîtes donc votre place de trompette? — Si je la perdis ! oui, sans doute, je la perdis, puisque je n'aurais pu tirer le moindre son d'un chalumeau. Je m'en serais encore assez bien tiré, car je conservai mes gages et mon logement au château, sans avoir guère autre chose à faire qu'à jouer du violon pour amuser la famille. Mais cet Allan Ravenswood, il était encore pire que son père... -»- Comment! s'écria Edgar, est-ce que mon.... je veux dire le fils du vieux lord Ravenswood vous a privé de ce que la libéralité de son père vous avait accordé? — Oui^ sans doute, il m'en a privé, répondit le vieil-

lard, car il jeta aux chiens tout ce qu'il possédait, et puis il a lâché surnous ce sirWilliam Ashton, qui ne donne rien pour rien, et qui m'a renvojé, ainsi que tous les autres pauvres diables qui, lorsque les choses étaient sur l'ancien pied, avaient de quoi manger au château et un trou pour s'y reposer. —Si lord Ravenswood a fait du bien à ses vassaux tant qu'il en a eu les moyens, il me semble que ses va.ssaux devraient respecter sa mémoire. — Vous en pouvez penser ce que bon vous semblera, monsieur, mais vous ne me persuaderez jamais qu'en se conduisant comme il l'a fait, il ait rempli ses devoirs, tant envers lui-même qu'envers nous, pauvres gens qui dépendions de lui; il aurait pu nous donner la jouissance à vie de nos petites habitations et de nos petits terrains; et moi, qui suis vieux et perclus de rhumatismes , je ne serais pas obligé de demeurer dans cette misérable hutte, qui est plutôt faite pourdes morts que pourdes vivants, tandis que John Smith occupe ma jolie chambre, dont les fenêtres sont vitrées ; et tout cela, parce que Ravenswood administrait ses biens comme un fou! — t^e n'est que trop vrai, se dit Ravenswood, frappé de la justesse de l'observation ; le châtiment du dissipateur est bien loin de se borner à ses proi>res souffrances. — Au surplus, reprit le fossoyeur, il est probable que je serai vengé sur le jeune Edgar de tout le mal que m'a fait sa famille. — Vraiment? qu'est-ce qui vous porte à le croire? — On le dit sur le point d'épouser la fille désir William Ashton : mais que la femme du garde-dcs-sceaux lui mette une fois la tète sous son aisselle, et vous verrez si elle ne lui tord pas le cou. Du diable si j'en voudrais àsaplaco! Le plus grand mal que je puisse souhaiter au jeune homiue pour son crédit et sa réputation, c'est de s'allier aux ennemisde son père, à ceux qui lui ont enlevé ses beaux domaines et ma jolie demeure.

Cervantes remarque avec beaucoup de finesse que la flatterie plaît, même dans la bouche d'un fou, et que nous sommes sensibles à la censure ou à la louange, même lorsque nous méprisons les motifs sur lesquels elle est fondée et la manière dont elle est exprimée. Ravenswood réitéra brusquement au fossoyeur l'ordre de veiller avec soin aux funérailles d'Alice, et s'éloigna en songeant tristement que le vulgaire de toutes les classes aurait sur son engagement avec Lucy les mêmes idées que ce paysan ignorant et égoïste. — Et je me suis abaissé, se dit-il , jusqu'à m'exposer à ces discours injurieux, pour être refusé ! 0 Lucy ! votre foi doit être aussi pure, aussi parfaite que le diamant, pour compenser le déshonneur que votre mère fait rejaillir sur le dernier rejeton de la famille de Ravenswood.

Alors, ayant levé les yeux, il aperçut le marquis d'Athol, qui, arrivé à l'auberge du Tod's-Hole, en était ressorti pour venir à la rencontre de son parent. Après les compliments d'usage, le marquis fit quelques excuses à Ravenswood de n'être pas venu le trouver la veille. C'était bien son intention , dit-il ; mais certaines circonstances imprévues l'avaient engagé à différer son départ. — J'ai appris, ajoutat-il, qu'il y a là-dessous une affaire d'amour, mon cher parent ; et, bien que je pusse vous hlàmcr de ne pas m'en avoir instruit, comme étant en quelque sorte le chef "de votre famille... — Avec votre permission , niylord , interrompit Edgar, je suis très reconnaissant de l'intérêt que vous voulez bien prendre à ce qui me regarde ; mais je ne crains pas de vous rappeler que c'est moi qui suis l^e chef de ma famille. — Je le sais, je lésais, dit le marquis; dans le sens héraldique et généalogique, c'est bien certainement vous qui l'êtes ; ce que je

veux dire, c'est qu'étant en quelque sorte sous ma tutelle — Je

prendrai la liberté de vous dire, mylord... Et le ton avec lequel il interrompit le marquis ne présageait pas une longue continuation d'amitié entre les deux parents, lorsque heureusement il fut lui-même interrompu par le vieux fossoyeur, qui accourait tout essoufflé pour demander si Leurs Honneurs seraient bien aises d'avoir un peu de musique à l'auberge, comme dédommagement de la mauvaise chère qu'ils y feraient.

— Nous n'avons pas besoin de musique, dit brusquement Edgar. — Eh bien ! Votre Honneur ne sait pas ce qu'il refuse, dit le ménétrier avec l'impertinente liberté des gens de sa profession. Je puis vous jouer une foule d'airs six fois mieux que jamais n'a su le faire le premier musicien du pays. 11 me faudra moins de temps pour aller cheichermon violon que pourtourner une vis de cercueil. — Retirezvous, monsieur, dit le marquis. — Et si Votre Honneur est du nord de l'Ecosse, dit le persévérant ménétrier, ce que je croirais assez d'après votre accent, je puis vous jouer des airs qui vous conviendront mieux, de vrais airs des montagnes. — Retirez-vous, mon ami, répéta le marquis ; vous interrompez notre conversation. — Ou bien, si. n'en déplaise à Votre Honneur, reprit encore le ménétrier, mais à voix basse cette fois et d'un ton confidentiel, vous étiez un peu du nombre de ceux qu'on appelle honnêtes gens, je puis vous jouer des airs Jacobites, tels que : Le roi reprendra son bien. La maîtresse de l'auberge est une femme très discrète, qui ne s'inquiète ni des santés auxquelles on boit, ni des airs que l'on joue; elle n'est sensible qu'au son de l'argent.

Le marquis, que l'on soupçonnait quelquefois de jacobitisrae, ne put s'empêcher de rire en jetant un écu au ménétrier, et lui dit dele laisser tranquille et d'aller jouer du violon à ses gens, si cela lui faisait plaisir. — Eh bien! messieurs, dit-il, je vous souhaite le bon-

LA FIANCEE DE LAMMERMOOR

Ri

jour ; j'ai reçu une couronne, et je m'en trouve mieux ; vous n'aurez pas de musique, et vous vous en trouverez |)lus mal ; c'est tout ce que je puis vous dire. Mais je vais acliever la fosse de la vieille Alice, en moins de temps qu'il n'en faudrait pour chanter un air ; ensuite je quitterai ma bêche pour reprendre mon autre gagne-pain, et j'irai voir si vos gens ont de meilleures oreilles que leurs maîtres.

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