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CHAPITRE XIX

Retournons maintenant à la tour de Tillietudlem, où le départ des gardes-du-corps, le malin de cette journée terrible, n'a laissé que le silence et l'inquiétude. Les assurances de lord Evandale n'avaient pas réussi à calmer les craintes d'Edith. Elle le savait généreux et fidèle à sa parole; mais il paraissait entrevoir que l'objet de ses prières était un rival heureux; et n'était-ce pas attendre de lui un effort au-dessus de la nature humaine, que de supposer qu'en cet état de choses il allait veiller à la sûreté de Morton compromise par son arrestation ei par les soupçons dont il était l'objet? En proie aux plus vives alarmes, elle était insensible à toutes les consolations que lui offrait l'une après l'autre Jenny Dennison, comme un habile généra! qui fait donner successivement les différentes divisions de ses troupes. D'abord Jenny était certaine qu'il n'arriverait aucun mal au jeune Milnwood ; ensuite, s'il en était autrement, il était consolant de penser qu'Ev.indale était le meilleur parti et le (dus Miuvcnablc des ileux ; ensuite, on courait la chance d'une bataille d;uis laquelle lord Evandale pouvait èlri' tué, et alors en n'entendrait plus parler de ce mariage. Si enfin les républicains l'emportaient, .Miliiwond et Cuddie pourraient arriver an château et enlever île vive forte leurs bien-aimées. — Car j'ai oublié de vous dire, ma-

dame, continua la jeune fille en mettant son mouchoir devant ses yeux, que le pauvre Cuddie est entre les mains des Philistins, ainsi que le jeune Milnwood, et ils l'ont amené ici prisonnier ce matin et j'ai été obligée d'intercéder auprès de Tom Hdlyday pour qu'il me laissât approcher de ce pauvre garçon; mais Cuddie n'en a pas été aussi reconnaissant qu'il aurait du l'être, ajouta-l-ellc en changeant de ton et en retirant vivement son mouchoir de ses yeux. Ainsi je ne veux pas user mes yeux à pleurer. Il resterait toujours assez de jeunes gens, quand même on en pendrait la moitié.

Les autres habitants du château étaient également tristes et inquiets. Lady Marguerite trouvait que le colonel Grahame, en cnmluandaiit une exécution sur le seuil de sa porte, et en refusant d'accorder un répit à sa requête, avait manqué aux égards dus à son rang, et avait même anticipé sur ses droits seigneuriaux. — Le cobmel , dit-elle à son frère, aurait du se rappeler que la baronie de Tillietudlem a le privilège de haute et basse justice, et par conséquent, s'il fallait que le jeune homme fût exécuté sur mes terres (ce que je considère comme fort inconvenant, attendu qu'elles appartiennent à des femmes que de pareilles scènes doivent affliger), il aurait dû au moins le livrer à mon bailli pour qu'il présidât à l'exécution. — La loi martiale, ma sœur, répliqua le major, fait taire toutes les autres; mais je l'avoue, je trouve que le colonel Grahame manque un peu d'égards pour nous, et je ne suis pas tout à fait flatté de lui voir accorder au jeune Evandale (siirement parce que c'est un lord et qu'il a de l'influence dans le conseil privé) une grâce qu'il avait refusée à un vieux serviteur comme moi. Mais dès l'instant où la vie du pauvre jeune homme est en sijreié, je saurai me consoler en chantant le refrain d'une chanson aussi vieille que nous. Et aussitôt il fredonna ce couplet :

De l'hiver le souffle glaçant Tombe sur ton front blanchissant Et perce ton manteau de bure.

Cavalier, qu'importe? en avant!

Le bon vin chasse la froidure.

Il faut que je sois votre convive pour aujourd'hui, ma sœur. Je serai bien aise d'apprendre le résultat de ce rassemblement à Loudon-Hill, quoique je ne puisse m'imaginer qu'il ait su résister à un corps de cavalerie monté comme nos hôtes de ce matin. Hélas! il fut un temps où il m'aurait peu convenu de rester tranquille en attendant les nouvelles d'une cscarmoucUe à dix milles de chez moi! Mais, comme dit la vieille chanson :

Les glaives les plus éclatants Sont vite rong-i'-s par le temps, Qui rompt la lame la plus forte.

Et l'homme braverait le temps, Biin d'herbe que la brise emporte !

— Nous serons heureuses de vous garder parmi nous, mon frère: je vais user de mon vieux privilège pour jeter un coup d'œil dans mon ménage que cette collation a mis en désordre, quoiqu'il ne soit pas très poli de vous laisser seul. — Oh! je hais les cérémonies autant queje hais un cheval qui bronche; d'ailleurs votre personne serait avec moi, que votre esprit courrait après les viandes froides et les pâtés qui ont survécu au festin. Où est Edith? — J'ai appris que, se sentant indisposée, elle s'était retirée dans sa chambre : elle .s'est sans doute jetée sur son lit; dès qu'elle s'éveillera, je lui ferai p rendre de l'élixir. — Bah! bah! c'est la peur des soldats qui l'a rendue malade ; elle n'est pas habituée à voir une de ses connaissances emmenée pour être fusillée, et l'autre partant avec la chance de ne pas revenir. Elle y serait bientôt habituée, si la guerre civile recommençait.— A Dieu ne plaise, mon frère! — Oui, comme vous le dites, à Dieu ne plaise! Et, en attendant, je vais faire une partie de trictrac avec Harrison. —11 est parti à cheval, monsieur, dit Gudyill, pour lâcher d'avoir des nouvelles de la bataille. — Au diable la bataille! s'écria le major; elle met toute la famille en désordre, comme si l'on n'avait jamais vu pareille chose dans le pays; et cependant il y a eu celle de Kilsythe, John. —Oui, et celle de Tippermuir, Votre Honneur; et j'y étais avec Son Honneur feu mon maître.- Et celle il'All'ord, John, où je commandais la cavalerie? et Inverlochy, où j'étais l'aide-de-camp du grand marquis? et Auld-Earn ? et le pont'dc la Dee? — Et Philiphaugh, Votre Honneur?- Hum! moins nous en dirons à ce sujet, John, mieux cela vaudra.

Une fois embarqués dans les campagnes de Montrose, le major e,t John Gudyill continuèrent la guerre avec tant de vigueur, qu'ils tinrent en échec, pendant une longue causerie, ce redoutable ennemi, le temps avec lequel les vétérans retirés sont toujours en querelle pendant la fin paisible d'une vie agitée.

On a souvent remarqué que les nouvelles des événements importants volent avec une célérité presque incroyable, et que des rapports, asse?. exacts dans le point principal, mais fort inexacts dans les détails, |»iécèdent la nouvelle certaine, comme s'ils étaient portés sur les ailes des jiseaux. De pareilles rumeurs anticipent sur la réalité, à pou près comma l'ombre des événements qui viennent

LES PURITAINS

(suiTant la belle eipression de Campbell), se présente à l'esprit du Prophète des Hyghlands. Harrison dans sa course apprit le résultat de la bataille; et, frappé de consternation, il reprit le chemin de Tillietudlem. Son premier soin fut de chercher le major. Il Tinterrompit au milieu d'un long récit du siège et de Tassaut de Dundee, en s'écriant : — Dieu veuille, major, que nous ne voyions pas un siège de Tillietudlem avant qu'il soit longtemps! — Qu'est-ce, Harrison? Que diable voulez-vous dire? s'écria le vétéran tout étonné.

— Vraiment oui, monsieur! on dit, et ce bruit s'accrédite d'heure en heure, que Claverhouse est entièrement défait, d'autres disent tué; que les soldats sont totalement dispersés, et que les rebelles viennent de ce côté, menaçant de mort et de dévastation tout ce qui ne veut pas adopter le Covenant. — Je ne croirai jamais cela! dit le major en se levant subitement ; je ne croirai jamais que les gardes-du-corps aient fui devant des relielles! Mais pourquoi parler ainsi, continua-t-il en se modérant, quand moi-même j'ai vu pareille chose? Envoyez Pike avec un ou deux des domestiques chercher des nouvelles, et que tous Us hommes du château et du village à qui l'on peut se fier prennent les armes. Cette vieille tour arrêterait quelque temps les rebelles, si elle était approvisionnée et si elle avait une garnison; elle commande le passage qui sépare les terres basses des terres hautes. 11 est heureux que je me trouve ici! Allez recruter des hommes, Harrison; vous, Gudyill, voyez quelles sont vos provisions, et ce que vous pourrez y ajouter ; et soyez prêt, si la nouvelle se confirme, à abattre autant de bœufs que vous aurez de sel pour les saler. Le puits nese dessèche jamais ; il y a de vieux canons aux créneaux; si nous avions seulement des munitions, nous nous tirerions d'affaire. — Les soldats ont laissé quelques caissons à la Grange, ce matin^ pour y attendre leur retour, fit observer Harrison. — Dépèchez-vous donc de les faire entrer au château, ainsi que toutes les piques, les cpées, les pistolets, les fusils qui se trouveront sous votre main ; ne laissez pas seulement un poinçon. C'est fort heureux que je me trouve ici! Il faut que je parle à ma .sœur.

Lady Marguerite Bellenden fut stupéfaite en apprenant cette nouvelle aussi inattendue qu'effrayante. Il lui avait semblé que la force imposante qui avait quitté son château dans la matinée devait suffire pour mettre en déroute tous les mécontents d'Ecosse, eussentils été réunis en un seul corps ; et sa première idée fut que son château ne pourrait tenir contre une armée assez forte pour avoir défait Claverhouse et di's troupes d'élite. — Le malheur me poursuit! le malheur me poursuit! dit-elle: à quoi servira tout ce que nous pourrons tenter, mon frère? à quoi servira la résistance, sinon à causer l--» ruine de cette maison et de ma chère Edith ! car Dieu sait que je ne m'inquiète point de mon existence. — Allons, ma sœur, iî ne faut pas vous décourager : la place est forte, les ridielles sont inhabiles et mal approvisionnés: la maison demon frère ne deviendra jamais uu repaire de voleurs et de rebelles, tant que le vieux Miles Bellenden y sera. Ma main est |)lus faible qu'autrefois ; mais, grâce à mes cheveux gris, j'ai encore quelque expérience de la guerre. Mais voici Plke; i! nous apporte des nouvelles. Qiiellrs nouvelles. Pike? Encore une affaire comme l'hiliphaugh, hein? —Oui, oui, dit l'ike tranquillement: une déroute complete. J'ai bien pensé ce malin qu'il n'arriverait rien de bon de leur nouvel'^ manière de porter leurs carabines. - Qui avez-vous vu? de qui tenez-vous ces nouvelles? — Oh, de plus d'une demi-douzaine de dragons qui au grand galop luttent à qui arrivera le premier à Hamilton. lU gagneront le prix de la course, j'en réponds; gagnera la hataillequi voudra. — Continuez vos préparatifs, Harrison, dit l'alerte vétéran ; faites entrer vos munitions et tuer le hétail. Envoyez au bourg chercher autant de farine que l'on en pourra trouver ; ne perdons pas un instant. Ne vaudrait-il pas mieux qu'Edith et vous, ma sœur, vous vous rendissiez à Charnwood, tandis que nous avons les moyens de vous y envoyer? — Non, n^tiii frère, rèpli(iua lady Margiieritfi, pâle mais ferme ; puisque la vieille maison va être défendue, j'attendrai le résultat J'en ai fui deux fois dans ma vie, et à mon r>'lour je l'ai trouvée dépourvue de ses plus braves et plus généreux habitaiiLs, ainsi j'y denn.'urc, et j'y finirai mon pelerinai/e. — C'est peiit-<Mre, après tout, le parti le plus sage pour Edith et pour vous, dit le major; car les républicains se soulèveront tout le long du chfmin d'ici à Glasgow, de sorte que voire voyage jusqu'à cette villi; ou votre séjour à Charnwood seraiciil également ddn;,'erenx.

— Qu'il en soit donc ainsi ! Mon cher frère, en qualité de plus proche parent de défunt mon mari, par ce venerable .symholc (ille lui remit le respectable liàlon à pomme d'or du feu comte du forwood), je viiiis drji'guela garde, le gouvernement et le séiiéchalat de ma tour de Tillietudlem, et tous les droits qui y sont attachés, avec plein pouvoir de luer, détruire cl chasser tous ceux qui l'allaqueront, aussi librement (pie je le fe.ais moi-même. Et j'csjiere qui; vous la défendrez ainsi qu'il convient à une maison où Sa Majesté très sa- Cioe n'a (las dédaigné... — Itou! bon ! ma sœur, dit le major en riiiterrom)ianl, nous n'avons pas le temps dansée moment de parler du roi et di; son déjeuner.

Etsorl.iiit prompicnienl , il courut, ,nvec toute la pétulance d'un jeune lioiuaicdu vingl-ciaq au», exaiuiucr l'étal de lu garnison el

surveiller les mesures qu'on prenait pour la défense de la place. Le manoir lie Tillietudlem avait des murs très épais, des fenêtres très étroites ; et les murs de la cour étaient aussi très forts, flanqués de tours (lu côté accessible, et de l'autre s'élevant du bord même du précipice: la place était donc pleinement en état de se défendre contre toute attaque, excepté contre l'artillerie de siège. La famine ou l'escalade était ce que la garnison avait le plus à craindre. Le haut de la tour était garni de quelques vieilles pieces de rempart et de petits canons qui portaient les noms antiques de coulevriiies, sacres et demi-sacres, faucons et fauconneaux. Le major, à l'aide de John Gudyill, les lit charger, braquer, et les pointa de manière à oimmander la route qui passait sur les hauteurs en face, et que devaient suivre les rebelles en arrivant de ce côté; il fit en même temps abattre deux ou trois arbres qui auraient nui à l'effet de l'artilkrie. Avec les troncs de ces arbres, joints à d'autres matériaux, il fit construire des barricades dans l'avenue sinueuse qui montait lie la grande route jusqu'à la tour, :i\ant soin que chacune dominât sur l'autre. Il fermaetcondamnaencoi-e plus fortement lagrande porte de la cour, ne laissant d'autre passage qu'un guichet. Ce qui l'inquiétait le^ilus était la faiblesse de la garnison ; car tous les efforts de rintendâ»t n'avaient pu nn-ltre sons les armes que neuf hommes, en y comprenant Ini-mèmeet Gudyill : tant lacause des insurgés était plus populaire que celle du gouvernement ! Le major Bellenden et son tidele serviteur Pike complétaientunnombredeonzedéfenseursdont la moitié n'étaient que des vieillards. On aurait bien complété la douzaine, si lady Marguerite eût consenti à laisser reprendre les armes à Goose Gibbie; mais elle rejeta la proposition que lui en fit Gudyill. Le souvenir désagréable des premiers hauts faits de ce malheureux cavalier était si vif en elle, qu'avant d'enrôler un pareil défenseur, elle aurait préféré voir l'ennemi maître du château. Ainsi, avec onze hommes, en se comptant lui-même, le major Bellenden prit la résolution de défendre la place jusqu'au dernier soupir.

Ces préparatifs ne se firent pas sans cette confusion qui accompagne toujours de pareilles circonstances. Les femmes criaient, le bétail mugissait, les chiens hurlaient, les hommes couraient çà et là, jurant sans relâche. Le déplacement des vieux canons ébranlait les remparts; la cour retentissait du galop des messagers qui allaient ou revenaient chargés de commissions importantes, et le bruit des préparatifs de guerre se mêlait aux lamentations des femmes. Le fracas d'une pareille lourde Babel aurait éveillé les morts, et, par conséquent, il ne tarda pas à interrompre le sommeil agité d'Edith Bellenden. Elle envoya Jenny pour apprendre la cause du tumulte qui ébranlait la tour ju.sqiie dans ses fondements; mais Jenny, une fois au milieu de ce désordre, eut tant de choses à entendre, tant de choses àdemander, qu'elle oublia l'état d'anxiété de sa jeune raaitr(!sse. N'ayant pas de colombe qu'elle put envoyer en quête quand le corbeau messager ne revenait |ias auprès d'elle , Edith l'ut contrainte de sortir de l'arche, c'est-à-dire de sa ehambie, et de subir l'assaut de six voix parlant à la fois, qui lui apprirent, en réponse à sa demande, que Claverhouse et tous ses hommes étaient tués, et que dix mille républicains venaient assiéger le château; qu'ils avaient à leur tète John Balfuur de Burley, le jeune ililnwood et Cuddie Headrigg. Cette étrange association de personnages semblait indiquer la fausseté de toute I'liistoire, et cependant le mouvement général indiquait qu'on redoutait "certainement quelque danger.

— Où est lady Marguerite? demanda ensuite Edith. — Dans .son oratoire, répondit-on. Cet oratoire était une cellule attenante à la chapelle , dans laquelle la bonne vieille dame avait coutume do pa.sser la plus grande partie des jours destinés par l'église épi.scopale aux devoirs religieux; elle s'y rendait aussi aux anniversaires où elle pleurait son mari et ses enfants , et enfin , chaque fois qu'elle voulait adresser au ciel des prières ferventes cl solennelles dans la crainte de quelque calamité nationale ou domestique.

— Où donc esi le major Bellenden ? reprit Edith fort alarmée. — Sur le haut de la tour, madame : il pointe les canons.

Elle se rendit alors aux créneaux. Bien qu'arrêtée en chemin par mille obstacles, elle trouva h; vieux gentilhomme au milieu de son élément naturel, c6n»manda«t^grondant, encourageant, donnant ses instructions : bref, exerçant tous les devoirs d'un bon gouverneur.

— Au nom du ciel, qu'y a-t-il, mon oncle? s'écria Edith. — Ce qu'il y a, ma nièce? répondit tranquillement le major, tandis que, ses lunettes sur le nez, il pdintoit nu Ciiimn; ce qu'il y a? mais... Levez encore un peu la cuIusm', John Gudyill.., Ce qu'il y a? mais Claverhouse est en déroute;, ma chere, et les répuliliraliis viennent en force sur nous; voilà tout ee qu'il y a. — Puissances du ciel ! dit Edith, dont If-syeuxse porlereiilen même temps sur la route qui côtoyait la rivière. Et les voilà là-bas! — I.à-bas, où, dcniaiida le vétéran; cl portant ses regards dans la même direction, il aperçut un gros corps de cavalcrieqiii dcscenriait la route. A vos pièces, mes amis! .s'écria-l-il d'abord; nous leurfiimis payer le passage quand ils traverseront la rivière. Mais attendez, alterniez, ce .sont certainement les g.irdes-du-rorps. — Oh non, mon oncle, non. Voyez cuiiime iisfuiiten dé.sordro, comme ils conservent lual leurs rangs;

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ce ne sont pas là les fiers guerriers qui nous ont quittés ce matin. — Ah, ma clièrc enfant! vous no savez pas quelle tiifFérence il y a entre îles hommes avant une bataille et ces mêmes hommes après une défaite; mais ce sont bien les gardes-du-corps, car je distingue le rouge et le bleu des couleurs du roi. Je suis bien aise qu'ils aient sauvé leur étend.ird.

Son opinion se confirma quand les troupes, s'étant approchées, firent halte devant l'avenue qui conduisait à la tour, tandis que leur commandant, les laissant reprendre haleine et rafraîchir leurs chevau.\, monta la colline au galop. — C'est Claverhouse assurément, dit le major, je suis charmé qu'il ait échappe : mais il a perdu son fameux cheval noir. Allez avertir lady Marguerite, John Gudyill. Faites préparer des rafraîchissements; donnez de l'avoine pour les chevaus: des soldats. Et nous, Edith, rendons-nous dans la salle pour le recevoir. Je crois que nous apprendrons de bien tristes nouvelles.

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