CHAPITRE XL
Le village d'Inverary, aujonrd'hni jolie ville de province, participait de la rudesse dû dix-septième siècle par le misérable aspect de ses maisons et l'irrégularité de ses rues non pavées. Mais ce qui caractérisait ce siècle d'une manière plus terrible, c'était le spectacle qu'offrait la place du marché, espace irrégulier qui s'étendait entre le havre ou môle et la porte du sombre château dont le portique , la herse et les murailles terminaient de ce côté la perspective. Au milieu de cette plare, on avait élevé un gibet grossier où étaient suspendus cinq malheureux; deux d'entre eux paraissaient à leurs habits être des habitants de la plaine ; les trois autres , enveloppés dans leurs plaids , étaient évidemment des Highianders; doux ou trois femmes assises sous la potence paraissaient pleurer, et chanter à voix basse leur coronach. Mais ce spectacle était probablement trop ordinaire pour attirer l'attention des habitants en général; car , tandis qu'ils se pressaient |iour regarder la tournure militaire de Dalgclty , son cheval d'une tjille extraordinaire et son armure polie, ils semblaient ne faire aucune attention au spectacle pitoyable qui était sous leurs yeux. L'envoyé de Montrose ne se montra pas aussi indifférent que cette foule curieuse , et entendant deux ou trois mots d'anglais sortir de la bouche d'un Highlander d'un extérieur décent, il arrêta son cheval , et s'adressant à cet homme : — Le grand-prévôt a eu bien de la besogne ici, l'ami ; puis-je vous demander de quel crime ces malheureux se sont rendus coupables 1
En parlant ainsi, il montra le gibet; et le Gael, comprenant plutôt son geste que ses paroles , lui répondit aussitôt : — Ce sont trois gentilshommes caterans, Dieu ait leurs âmes! et deux pauves diables de Sassenachs qui n'ont pas voulu faire quelque chose que Mac Callum .More leur avait commandé.
Et tournant le dos avec indifference , il s'éloigna sans attendre une autre question. Dalgetly haussa les épaules et se remit en marche , car le cousin au dixième ou douzième degré de sir Duncan Cam|ibell avait déjà donné quelques signes d'impatience. A la porte du château, un autre et plus terrible échantillon de la justi.e féodale l'atlemlail. Au milieu d'un petit enclos formé par une estacade ou palissade qui semblait nouvellement élevée pour la défense de la porte, et qui était protégée par deux pièces d'artillerie légère, se trouvait un grand billot sur lequi-1 était une hache. Ces deux objets étaient teints d'un sang fraîchement répandu, et une quantité de sciure de bois indiquait plutôt qu'elle ne cachait les marques d'une exécution récente. Comme Dalgelly regardait ces nouveaux objets de terreur, son guide le tira tout à coup par le pan de son jerkin , et ayant ainsi fixé son attention, il lui fit signe d'un clin d'œil et lui indiciua du doigt un poteau élevé dans l'estacade , et qui supportait une tète humaine, >ans doute celle du malheureux qui venait d'être mis à mort. Un sourire moqueur erra sur la figure du Highlander, sourire qui sembla de mauvais augure au brave major. Dalgelly descendit de cheval à la porte, et Gustave fut emmené sans qu'il lui fùl permis de l'accompagner à l'écurie, suivant son habitude. Celle circonslaiice fil éprouver au vétéran une angoisse qu'il n'avait pas ressentie môme à l'aspect de cet appareil de mort. — Pauvre Gustave ! se dit-il à lui-même; s'il m'arrive quelque malheur, j'aurais mieux fait de le laisser à Darnliiivaracli , que de l'amener ici parmi ces sauvages Highlanders , qui savent à peine distinguer U tête d'un cheval de sa queue. Mais le devoir doit parler à un homme plus liaul que tout ce qu'il a de plus cher.
Ouaiid la trompette donne \.c signal de» coinbais, Quaiiil II' iiiousipicl résonne, yiiaud la bombarde tonne, Honte à <pii ne lait pas Face au trépas.
Imposant .silence à ses craintes par ce refrain militaire , il suivit son guide dans une sorte de corps-de-garde rempli de soldats higlilaiiders. On lui dit qu'il devait y rester jusqu'à eu que sou arrivée
fût annoncée au marquis. Pour se préparer un accueil favorable, il confia la lettre de sir Duncan Campbell au Dunniewassel, désirant, comme il le lui fit entendre de son mieux par signes, qu'elle fijt remise en mains propres au marquis. Son guide lui fit un signe affirmatif de tète, et sortit. Le major resta environ une demi-heure dans cet endroit ; il sut endurer avec indiff.'rence ou rendre avec mépris les regards curieux et même hostiles des soldat;, pour lesquels son armure et son équipement étaient autant un sujet de curiosité que sa personne et son pays un olijet d'aversion. Enfin un homme vêtu de velours noir, et portant une chaîne d'or comme un magistrat moderne d'Edimbourg, mais qui n'était que l'intendant de la maison du marquis d'Argyle, entra dans le corps-de-garde, et invita le major, avec une gravité solennelle, à le suivre en présence de son maître. Les appartements à travers lesquels ils passèrent étaient remplis de domestique»; ou d'employés de difTérents grades, disposés peut-être avec quelque ostentation pour faire impression sur l'envoyé de Montrose , et lui donner une idée du pouvoir et de la magnificence du marquis d'Argyle. l^ne antichambre était remplie de laquais vêtus de livrées brunes et jaunes, couleurs de la famille ; ils étaient rangés sur deux lignes , et ils regardèrent en silence le major Dalgeity lorS'iu'il passa au milieu d'eux. Une autre était occupée par des gentilshommes et des chefs highlanders, d'un rang inférieur, qui jouaient aux échecs, au trictrac et à d'autres jeux qu'ils interrompirent à peine pour jeter un regard de curiosité sur l'étranger. Une troisième était remplie de lairds et d'officiers des basses terres, qui semblaient aussi faire partie de la maison. Enfin ils arrivèrent dans la salle d'audience , où le marquis était entouré d'une cour splendide.
Cette salle, dont la porte à deux battants fut ouverte toute grande pour recevoir le major Dalgetty , était une longue galerie , décorée de tapisseries et de portraits de famille. Le plafond était formé de poutres à découvert, et les extrémités des solives étaient sculptées et richement décorées. De hautes fenêtres gothiques en fers de lance , divisées par des traverses massives de pierre , et garnies de vitraux colorés, y laissaient pénétrer à peine l'éclat des rayons du soleil à travers les tètes de sanglier, les galères, les bâtons et les épées, armoiries de la puissante maison d'Argyle, et emblèmes des hautes charges héréditaires de justicier d'Ecosse et de majordome de la maison royale , dont cette famille était en possession depuis longtemps. Au Imnl de cette magnifique galerie était le marquis, au milieu d'un cercle de gentilshommes des Highlands et des Lowlands , tous splendidement vêtus, parmi lesquels on voyait deux ou trois membres du clergé, appelés peut-être pour être témoins de son zèle eu faveur du Covenant. Le marquis était habillé suivant la mode du temps, que Van-Dyck nous a conservée dans ses tableaux; mais son habit était d'une couleur grave et uniforme, et plus riche qu'élégant; son teint brun , son front ridé, ses yeux fi\és à terre , lui donnaient l'air d'un homme fré|uemnient engagé dans la méditation d'atfaires importantes, et qui avait pris, par suite d'une longue liabitudo, un air de profondeur et de mystère dont il ne pouvait se dépouiller même lorsqu'il n'avait rien à cacher. L'expression de son regard, qui lui avait l'ait donner dans les Highlands le sobriquet do Gillespie Grumacli (le louche refrogné), était moins sensible lorsqu'il tenait ses yeux baissés ; c'était peut-être aussi la raison qui lui avait fait prendre cette habitude. Il él.iit grand et maigre; mais il avait dans le maintien la dignité qui convenait à son rang. On remarquait qut'lque chose de froid dans .son abord et de sinistre dans son regard, quoique sa parole et son geste conservassent toujours la grâce ordinaire chez un homme de haut rang. Il était adoré de son clan, à l'élévation duquel il avait puissamment contribué ; mais , en revanche, il était haï par les autres tribus des Highlands, dont il avait déjà chassé quelques-unes de leurs possessions, tandis que les autres se voyaient en danger d'éprouver par la suite le môme sort.
Nous avons déjà dit qu'en déployant cette magnificence et en se montrant entouré de ses conseillers, des officiers de sa maison , do sa suite de vassaux , d'alliés et de feudalaires, le marquis d'Argxlc dé>irait prohnblement faire impression sur l'envoyé de son rival; mais l'inirépide Dalgetty avait fait son cluinin les armes à la main, laulôt dans uu parti , tantôt dans l'autre, pendant la plus grande partie de la guerre de trente ans en Allemagne, période durant laquelle un .soldai brave et heureux était le compagnon des princes. Le roi de Suède, et, à son exemple, les hauts dignitaires de l'empire eiix-môines, s'étaient trouvés fréquemment obligés de transiger avec leur «lignite , et lorsqu'ils ne pouvaient payer les soldats, d'étoulb'r leurs plaintes en leur .iccordant des privilèges extraordinaires et en les admettant dans leur familiarité. I-e capitaine Dalgetty, ([ui pouvait se vanter de s'être trouvé avec des princes à des festins préjiarés pour des monarques, n'était pas homme à ,sc lai.sser intimiijcr par la magnificence qui entourait Mac Callum More. H est vrai que naturellement il n'était pas l'houiiue le jibis modeste du inonde; au coiitraure , il avait une si boum' opinion de lui-même que , dans quelque c*)inpagnie que le hasard put le \darer, il se mettait toujours en Wéc au niveau des Jiuin s, de sorte qu'il se trouvait aussi à son aise Mus la plus haute socielu qu'au luilieu de ses compagnons
LES VEILLÉES LITTÉRAIRES ILLUSTRÉES
orilinaires. Ce qui le fortifiait g:randement dans cette excellente o|iinion qu'il avait do son inorilc, c'étaient ses idées sur la profession militaire, qui , comme il le disait, rendait un brave cavalier le camarado d'un empiniir. Dulgetty entra donc dans la salle d'audience et eu parcourut toute la longueur d'un air plus confiant que gracieux; il M'rait même arrivé jusqu'auprès d'Argjle avant de parler, si le marquis ne lui eût fait un signe de main qui l'arrêta court. Ayant fait avec aisance son salut militaire, le major s'adressa au marquis eu ces termes: — Je vous sonhiite le bonjour, niylord, ou plutôt je devrais dire le bonsoir ; beso a ustcd las manos. comme dit l'Espagnol. — Qui ètes-vous, monsieur, et quelle aflaire vous amène ici? demanda le marquis d'un ton qu'il croyait propre à réprimer la familiarité offensante du soldat. — Cette demande est jij.ste , mylord , et j'y répondrai à l'instant comme il convient à un cavalier, et cela fxrcMi/jforié ^ comme nous avions coutume de dire au collège Mareschal. — Voyez quel est cet homme, Neal , et ce qu'il veut, dit le marquis d'un ton ferme à un gentilhomme qui se tenait près de lui. — J'épargnerai à l'honorable gentilhomme la peine de nie faire subir un interrogatoire. Je suis Dugald Dalgelty de Drumthwackel , ancien rilter meister au service de plusieurs puissances , et maintenant major de je ne sais quel régiment irlandais. Je viens en qualité de parlementaire de la part de haut et puissant lord James comte de Montrose, et d'autres nobles personnes maintenant en armes pour Sa Majesté; et ainsi , Vive le roi Charles! — Savez-vous où vous êtes, monsieur, et le danger
?|ue vous courez en plaisantant avec nous , demanda une seconde ois le marquis, pour me répondre comme si j'étais un enfant ou un insensé? Le comte de Montrose est avec les mécontents anglais, et je vous soupçonne d'être un de ces vagabonds irlandais qui sont venus dans cette contrée pour massacrer et brûler, comme ils ont fait sous sir Plielim O'Neale. — Mylord, répliqua Dalgetty , quoique je sois major d'uir régiment irlandais, je ne suis pas un vagabond, et j'ai pour garants l'invincible Gustave-Adolphe, le lion du Nord , Bannier, Oxenstiern, le valeureux duc deSaxe- Weimar, Tilly, Wallenstein , Piccolomini , et d'autres grands capitaines tant morts que vivants. Quant à ce qui regarde le noble comte de Montrose, je [irie Votre Seigneurie de jeter un coup d'œil sur les pleins pouvoirs qui m'ont été donnés pour traiter avec vous au nom de cet honorable commandant.
Le marquis regarda légèrement le papier signé et scellé que Dalgetty lui présentait, et, le jetant avec dédain sur une table, il demanda aux geiitilshoiiimes qui l'entouraient ce que méritait celui qui venait comme l'envoyé des traîtres et des mécontents qui avaient pris les armes contre l'État. — Une haute potence et une courte confession, répondit à l'instant un des officiers. — Je prierai l'honorable gentilhomme qui vient de parler, dit Dalgetty, d'être moins prompt à prendre ses conclusions, et Votre Seigneurie de ne les accueillir qu'avec prudence, parce que de telles menaces ne doivent être faites qu'à des recrues et non à des hommes d'expérience et de cœur qui sont forcés de s'exposer eux-mêmes aussi aveuglément dans ces sortes de services, que dans les sièges, batailles ou attaques de toute espèce. Et quoique je n'aie pas avec moi un trompette ou un drapeau blanc, notre armée n'étant pas enC'ire équipée ni entièrement en ordre. Votre Seigneurie, ainsi que ces honorables cavaliers, doivent savoir que le caractère sacré d'un envoyé qui vient pour signer une trêve ou pour parlementer, ne consiste point dans les fanfares d'uiie trompette, qui n'est qu'un son, ou dans les ondulations d'un drapeau blanc, qui n'est lui-même qu'un vieux chilïon, mais dans la confiance que le parti qui envoie et celui qui est envoyé ont en l'honneur de ceux auxquels le message doit être porté, et dans l'entière conviction qu'ils respecteront le jus geniium, aussi bien que les lois de la guerre, dans la personne du parlementaire. — Monsieur, vous n'êtes point ici, répliqua le marquis, pour nous faire une leçon sur les droits de la guerre, qui ne peuvent s'appliquer aux rebelles et aux insurgés, mais pour subir la peine que méritent votre insolence et votre folie en apportant le message d'un traître au lord justicier général d'Ecosse, à qui ses devoirs imposent l'obligation de punir par la mort une telle offense. — Gentilshommes, reprit le major qui commençait à trouver que sa mission prenait une mauvaise tournure, je vous prie de vous souvenir que le comte de Montrose rendra vos personnes et vos propriétés responsables de tout le mal qui pourrait ra'ètre fait, à moi aussi bien qu'à mon cheval, par suite de procédés tellement inusités : sachez que sa justice fera tomber une vengeance retributive sur vos personnes et sur vos biens.
Cette menace n'excita qu'un rire de mépris, et un des Campbell s'écria : a 11 y a loin d'ici à Lochow; » expression proverbiale de la tribu, qui signifiait que leurs anciens domaines héréditaires étaient à l'abri des insultes et des invasions de l'ennemi. — Mais, messieurs, insista l'infortuné major, qui ne voulait pas se lai.sser condamner sans avoir épuisé tous ses moyens de défense, quoique ce ne soit point à moi de dire quelle est la distance d'ici à Luchow, attendu que je suis étranger en ce pays, cependant, et cela est plus dans la question, je pense que vous reconnaîtrez que j'ai un sauf-conduit d'un honorable geutilhomnie de votre nom, sir Duncan Campbell
d'Ardenvohr, et je vous ferai observer que violer cette garantie dans ma personne, ce serait faire un grand tort à son honneur et à sa réputation.
Ces paroles semblèrent éveiller de nouvelles réflexions chez bon nombre des a.ssistants : ils se parlèrent bas l'un à l'autre; et le visage du marquis, malgré tout son empire sur lui-même, laissa voir des marques d'impatience et de dépit. — Sir Duncan a-t-il engagé son honneur pour la sûreté de eet homme, inylord? dit un des Campbell en s' adressant au marquis. — Je ne le crois pas, mais je n'ai pas encore eu le temps de lire sa lettre. — Nous prierons Votre Seigneurie delà lire, fit observer un autre des Campbell; l'honneur de notre tribu ne doit point être souillé pour un tel compagnon. — Une mouche morte, fit observer un prêtre, donne une mauvaise odeur au baume de l'apothicaire. — Révérend ministre, s'écria le major, je vous pardonne le mauvais goût de votre comparaison, eu raison de l'application que vous en avez faite ; et de même je pardonne au gentilhomme en bonnet rouge l'épithète méprisante de compagnon, qu'il m'a appliquée si malhonnêtement, et que je ne mérite nullement, si ce n'est dans le sens de compagnon d'armes, comme je l'ai reçue du grand Gustave-Adolphe, le lion du Nord, et d'autres grands généraux, soit en Allemagne, soit dans les Pays- Bas. Quant à la garantie que sir Duncan m'a donnée de ma sûreté, j'engage ma vie qu'il confirmera mes paroles lorsqu'il arrivera ici demain. — Puisque sir Duncan est attendu si tôt, dit l'un des intercesseurs, ce serait une cruauté d'en finir trop vite avec ce pauvre homme. — D'autant plus, ajouta un autre, que Votre Seigneurie devrait au moins consulter la lettre du chevalier d'Ardenvohr, afin d'apprendre les motifs pour lesquels ce soi-disant major Dalgetty a été envoyé ici par lui.
Les Campbell se réunirent autour du marquis et conversèrent à voix basse en gaélique et en anglais. Le pouvoir patriarcal des chefs de clan était très grand, et celui du marquis d'Argyle, armé de tous ses privilèges de juridiction héréditaire, était des plus absolus; mais il y a toujours un frein quelconque dans le gouvernement même le plus despotique. Celui qui modérait le pouvoir des chefs celtiques était la nécessité où ils étaient de se concilier leurs parents, qui sous leurs ordres conduisaient les guerriers au combat, et qui formaient une espèce de conseil de la tribu durant la paix. Le marquis, en cette occasion, se vit dans la nécessité de condescendre aux remontrances de ce sénat de la tribu des Campbell, et sortant du groupe, il donna des ordres pour éloigner le prisonnier et le conduire en lieu de sûreté.
— Prisonnier ! s'écria Dalgelty se débattant avec une telle force qu'il manqua de renverser deux Highlanders qui. depuis quelques minutes, attendaient le signal de le saisir. Il fut si près de recouvrer sa liberté, que le marquis changea de couleur, fil deux pas en arrière et porta la main à son épée, tandis que quelques hommes de son clan, avec un dévouement empressé, se jetèrent entre lui elle prisonnier dont ils redoutaient la vengeance. Mais les deux Highlanders étaient trop vigoureux pour céder, et le malheureux major, après qu'on lui eut retiré ses armes offensives, fut entraîné horsde la salle. On lui fit traverser plusieurs passages obscurs, et il arriva ddvant une petite porte percée dans un des murs latéraux et fermée par une grille de fer, après laquelle se trouvait une clôture en bois. Toutes deux furent ouvertes |iar un vieux Highlander à l'air farouche, portant une longue barbe blanche ; et un escalier composé de marches étroites et rapides, qui conduisait à une espèce de souterrain, s'offrit aux yeux du major Dalgelty. Ses gardes le poussère'H pour lui faire descendre deux ou trois marches; puis, lui lâchant les bras, ils le laissèrent gagner à tâtons, comme il put, le bas de fescalier, entreprise difficile et même dangereuse, car la porte, aussitôt relérmée, avait laissé le prisonnier dans une obscurité complète