CHAPITRE XV
Au point du jour, Montrose reçut Mac Eagh, et le questionna longtemps et minutieusement sur les moyens de pénétrer dans le com'lé d'Argyle. H prit note de ses réponses, et les compara avec celles de deux de ses compagnons que le Fils du Brouillard lui présenta comme les plus prudents et les plus expérimentés. Ces réponses s'accordèrent parfaitement sur tous les points : cependant le comte, par surcroit de précautions, compara de nouveau ces renseignements avec ceux qu'il recueillit auprès des chefs voisins du ihiOure de son invasion projetée, et ce ne fut que lorsqu'il ,se crut I suffisamment éclairé, qu il ré.solut d'agir. Montrose changea pour.'
LES VEILLÉES LITTÉRAIRES ILLUSTRÉES
lant d'idée sur un point. Il pensa qu'il était impolitique de garder auprès de lui Kenneth, le fils de Ranald, parce qu'il pourrait blesser les dans nombreux qui avaient une haine héréditaire pour cette (iimille s'ils venaient à découvrir la vérité; il pria donc le major de prendre ce jeune homme à son service; et eouime cette requête fut accompagnée d'une certaine somme d'argent, sous prétexte qu'il était nécessaire de vêtir et d'équiper le nouvel écuyer, cet arrangement ne déplut nullement à DalgPtty.
Il était à peu près l'heure de déjeuner, lorsque le major, après avoir pris congé de Montrose, se mit à la recherche de ses anciennes connaissances, lord Menleith et Mac-Aulay, afin de leur raconter ses aventures, et d'apprendre les détails de la dernière campagne. On peut croire qu'il fut reçu avec joie par des hommes qui, abandonnés à l'uniformité monotone de la vie militaire, regardaient la société de tout nouveau venu comme un événement intéressant. Allan Mac-Aulay fut le seul qui parut éprouver une impression de déplaisir en revoyant le major; et, pressé parson frère à ce sujet, il ne put donnerd'autre raison de sa répugnance que le rapprochement qui avait eu lieu, si récemment encore, entre cet homme et leurs ennemis. Le major fut d'abord assez alarmé de cette espèce d'instinct; mais il vit bientôt avec satisfaction que le don de seconde vue était en défaut dans cette circonstance. Comme Ranald Mac Eagh devait être placé sous la protection et la surveillance de Dalgetly, il était nécessaire que le major le présentât à ses amis. Le vieillard avait quitté le tartan de son clan pour prendre un vêtement particulier aux habitants (les îles éloignées, c'est-à-dire une espèce de veste à manches avec jiipiin, le tout ne formant qu'une seule pièce. Cet habillement, galonné par devant du haut en bas, ressemblait assez à celui que Ton nomme une polonaise. La chaussure et le bonnet de tartan complétaient ce costume que les vieillards du siècle dernier se rappelaient avoir vu porter en 1715 par les insulaires du comté de Mar. Le major D;ilgelly, les regards fixés sur Allan, présenta Mac Eagh sous le nom supposé de Ranald Mac Gillihuron de Benbecula, qui s'était échappé avec lui des prisons d'Argyle. Il le vanta comme un habile joueur de harpe et comme un barde des montagnes, ajoutant qu'il possédait également le don de seconde vue. Tout en leur donnant ces détails, le major hésita et balbutia d'une manière si peu conforme à la volubilité ordinaire de son langage, qu'il n'aurait pas manqué d'exciter les soupçons d' Allan Mac-Aulay, si l'attention de celui-ci n'avait été absorbée tout entière jiar l'attention avec laquelle il étudiait les traits de cet étranger. Ce regard fixe embarrassa tellement Ranald Mac Eagh, que, s'attendant à une attaque subite, sa main se portait déjà sur son poignard lorsque Allan Mac- Aulay, s'avançant tout-à-coup, lui tendit la main en le saluant d'un air amical. Ils s'assirent alors l'un à côté de l'autre, et causèrent à voix basse et d'un air mystérieux. Menteith et Angus Mac-Aulay ne parurent nullement surpris de cette singularité; car il existait parmi les montagnards qui se prétendaient doués du don de seconde vue, une sorte de franc-maçonnerie qui, dès le premier abord, les faisait entrer en communication sur la nature de leurs pouvoirs surnaturels. — La vision descend- elle sous une forme sombre? demandait Allan à sa nouvelle connaissance. — Au.«si sombre que la nuit quand s'éclipse la lune. — Venez ici, venez plus près; je voudrais causer avec vous en particulier, car on dit que dans vos îles éloignées la vision descend avec plus de puissance que sur nous qui demeurons près du Sassenach.
Tandis qu'ils étaient livrés à cette mystérieuse conférence, les deux cavaliers anglais entrèrent tout joyeux, et annoncèrent à Angus Mac-Aulay que des ordres venaient d'être donnés pour marcher vers l'ouest. Ils saluèrent ensuite leuraucienne connaissance, le majoi Dalgetty, qu'ils reconnurent à l'Instant, et s'informèrent de la santé de son coursier Gustave. — Je vous remercie humblement, messieurs, répondit le major; Gustave se porte bien, quoiqu'il ait, comme son maître, les côtes un peu plus maigres qu'à l'époque où vous me proposâtes obligeamment de m'en débarrasser ; et permettez-moi de vous assurer qu'avant le terme de ces excursions qui paraissent lant vous sourire, vous laisserez derrière vous, honorables chevaliers, une bonne partie de votre embonpoint anglais et quelques-uns de vos chevaux d'Angleterre.
Tous deux s'écrièrent que peu leur importait de trouver ou de laisser n'importe quoi, pourvu qu'ils ces.sassent d'aller et de venir ainsi du comté d'Anjïus dans celui d'Aberdeen, poursuivant sans relâche un ennemi qui ne voulait ni cumbatlre ni mettre bas les armes.— S'il en est ainsi, dit Angus Mac-Aulay, il faut que j'aille donner des ordres, et que je prenne des mesures pour qu'Annette Lyle pui-sse nous suivre sans danger, car la route qui conduit au pays de Mac Galium More est beaucoup plus difficile que ces braves chevaliers ne le pensent; et il sortit de la tente. — Annette Lyle ! répéta Dalgetty, est-ce qu'elle suit l'armée? — Certainement, dit sir Miles Musgràve en regardant tour à tour lord Menteith et Allan ; nous ne pourrions marcher, ni combattre, ni avancer, ni reculer, sans l'influence de la «Reine des Harpes.»— Dites |>lutôt la reine des claynsore et des targes, reprit son compagnon, car on nepourrait accorder plus d'honneurs à l'épouse même du général : elle a toujours à ses ordres quatre jeunes fiUesdes montagues et autautd'é-
cuyers à jambes nues. — Et qu'auriez-vous fait à ma place, messieurs? dit Allan en s'éloignant subitement du Highlander avec lequel il était en conversation. Vous-mêmes auriez-vous laissé une jeune et innocente fille, la compagne de votre enfance, exposée à l'insulte, à l'outrage, à la faim? Au moment où je vous parle, l'habitation de mes pères n'a plus de toit, nos moissons ont été détruites, nos troupeaux dispersés ou enlevés, tandis que vous, messieurs, dans cette guerre implacable, vous n'exposez que votre vie, sans craindre que vos ennemis fassent tomber leur vengeance sur les êtres qui vous sont chers.
Les Anglais convinrent de bonne foi qu'ils avaient l'avantage sous ce rapport; et chacun alla vaquer à ses occupations. Allan resta quelques instants encore, continuant d'interroger Mac Eagh sur un point de ses visions qui le jetait dans la plus grande perplexité. — A plusieurs reprises, lui dit-il, j'ai vu un Gael qui semblait plonger son poignard dans le corps de Menteith, de ce jeune seigneur au manteau écarlate qui vient de quitter cette tente. En vain j'ouvrais les paupières jusqu'à ce que mes yeux fussent immobiles dans leurs orbites, je n'ai pu voir la figure de ce montagnard, ni même supposer qui il pouvait être, bien que son extérieur ne me soit nullement inconnu. — Avez-vous retourné votre plaid, ainsi que le prescrivent nos règles en pareil cas? — Oui, répondit Allan à voix basse, et en frémissant comme s'il éprouvait une agonie intérieure. ' — Et sous quel costume le fantôme vous apparut-il? — Avec son plaid aussi retourné, répondit Allan d'une voix sourde et d'un ton convulsif. — Alors, soyez certain que nul autre que vous ne commettra l'acte que la vision vous a présenté. — Voilà ce que mon âme inquiète a cent fois soupçonné : mais c'est impossible ! quand bien mémo je lirais cet arrêt dans le livre éternel du Destin, je dirais que c'est im|)ossible; nous sommes unis par les liens du sang et par d'autres plus intimes encore; nous avons combattu côteàcôte, et nos épées se sont teintes du sang des mêmes ennemis; non, vous dis-je, il est impossible que ma main le frappe. — Ce qui sera est POSSIBLE, bien que le motif reste enveloppé dans les ténèbres de l'avenir. Vous avez, continua Ranald en cachant non sans peine ses émotions secrètes, vous avez poursuivi ensemble votre proie comme des limiers altérés de sang? Mais n'avez-vous jamais vu ces limiers tourner leurs dents l'un contre l'autre, s'attaquer et se combattre sur le corps d'un daim expirant? — C'est faux ! s'écria Mac-Aulay en tressaillant d'horreur ; ce ne sont point là les prédictions du Destin, mais les insinuations perfides de quelque esprit malin, sorti d'un noir et profond abime !
Sur ces mots il s'élança hors de la tente. — Le coup est porté ! s'écria l'Enfant du Brouillard tandis que son œil le suivait avec l'expression du triomphe; le trait est entré dans ton cœur! Esprits de mes fils assassinés , réjouissez-vous ! bientôt l'épée d'un de vos meurtriers se teindra dans le sang de l'autre.
Le jour suivant, tous les préparatifs furent terminés, et Montrose, se dirigeant par une marche ra]iide vers la rivière du Tay, déploya son armée dans la vallée romantique qui entoure le lac du même nom. Les habitants étaient des Campbells, alliés d'Argyle. Pris à l'improviste et nullement préparés à la résistance , ils furent spectateurs passifs des ravages qui secomiuettaient sur leurs terres. Montrose, dévastant tout le pays qu'il fut obligé de traverser, s'avança ainsi jusqu'aux rives du lac Docliart, et atteignit enfin le point le plus périlleux de son entreprise. Même aujourd'hui , que certaines routes sont percées, le passage de ces déserts paraîtrait encore une tâche difficile à nos soldats. Mais à cette époque, il n'existait ni rou'.^ ni sentier d'aucune espèce; et, pour comble de difficultés, les montagnes étaient déjà couvertes de neige. C'était un spectacle majestueux que ces masses gigantesques entassées les unes sur les autres : celles du premier plan montraient leurs sommets éblouissants de blancheur, tandis que les plus éloignées apparaissaient sous une teinte rosée que leur prêtaient les rayons du soleil couchai.t. Le sommet du Ben Gruachan, dominant tout le reste, semblait la forteresse du génie des montagnes. Les soldats de Montrose n'étaient pas des hommes capables de se laisser intimider par le spectacle majestueux et terrible qui se déployait sous leurs yeux. La plupart descendaient de cette ancienne race de montagnards, qui non-seulement dormaient paisiblement sur la neige, mais qui regardaient même comme un luxe cllémiué de la pétrir pour s'en faire un oreiller. L'espoir de la vengeance et du pillage brillait à leurs yeux derrière ces montagnes de glace, et les obstacles ne pouvaient les effrayer. Montrose ne laissa pas refroidir leur ardeur. Il donna l'ordre aux cornemuses de jouer l'ancienne marche : « Des sommets neigeux nous accourons pour .saisir notre proie,» marche dont les sons éclatants avaient souvent frappe de terreur les vallées du Lennox. Les montagnards s'élancèrent avec leur ugiiité et leur ardeur naturelles dans ce défilé dangereux où Ranald, à la tête d'une troupe choisie, marchait pour reconnaître le chemin. Jamais la puissance de l'homme ne parait plus misérable que lorsqu'elle se trouve en opposition avec le grand s[iectacle d'une nature imposante. L'armée victorieuse de Montrose, dont les exploits avaient frappé toute l'Ecosse d'épouvante, s'elforçant de gravir ces hauteurs redoutables, ressemblait à une pûignee'de vit» maraudeurs qui, à chaque instant, al-
LE MAJOR DALGETTY
laient être engloutis par des précipices qui s'entr'ouvraient snus leurs pas comme les horribles mâchoires des géants de ces montagnes. Montrose lui-même se repentit presque de la témérité de celte entreprise, lorsque, parvenu au sommet d'un de ces rochers gigantesques, il vit combien était faible sa petite armée, alors dispersée. La difficulté de pénétrer dins ces montagnes était telle, qu'il s'établissait des vides considérables dans les ran^s; et l'espace qui séparait l'avant-garde du centre et le centre de l'arrière-garde, s'agrandissait à chaque instant d'une manière qui devenait inquiétante et qui pouvait même être dangereuse. C'était avec une sorte de terreur que Montrose remarquait toutes les positions avantageuses de ces défilés : depuis on l'entendit souvent répéter que si les défilés de Strath-Fillan eussent été défendus par deux cents hommes déterminés, non-seulement il eût été arrêté dans sa marche, mais encore toute son armée eiit été taillée en pièces. Une aveugle sécurité livra en cette occasion le comté d'Argyle à ses ennemis. Ceux-ci n'eurent à latter que contre les difficultés naturelles du terrain et d-^ la saison «ncore peu avancée. A peine l'armée eut-elle atteint le sommet des montagnes qui séparent le comté d'.\rgyledu district de Breadalbine, qu'elle se précipita sur les vallées situées au-dessous, et s'y répandit avec une sorte de fureur qui révélait bien les motifs d'une entreprise aussi périlleuse. Montrose divisa ses troupes en trois corps, afin de se montrer plus formidable. L'un était commandé par Ranald, l'autre par Colkitto, et le troisième par le g-énéral en personne. De cette manière, il put pénétrer par trois endroits différents dans le comté d'Argyle. Nulle part on n'opposa de résistance. L'effroi des bergers qui fuyaient des montagnes avait été le premier signal de cette irruption formidable; et partout où les habitants essayèrent de prendre les armes, ils furent désarmés, dispersés ou tués par un ennemi qui semblait avoir prévu tous leurs mouvements. Le major Dalgetty, qui avait été envoyé en avant contre Inverary avec le peu de cavalerie qui se trouvait dans l'armée, prit si bien ses mesures qu'il faillit surprendre Argyle, comme il le dit lui-même, infer pncula; et ce fut en se jetant à la hâte dans une barque, que ce chef put échapper à la mort ou à la captivité. Mais tout le poids du châtiment retomba sur son pays et sur son clan ; et les ravages commis par Montrose dans cette malheureuse contrée, bien que trop d'ace >rd avec l'esprit du siècle et les mœurs de ce peuple, sont considérés comme une tache ineffaçable qui ternit l'éclat de ses grandes actions et de son beau caractère.
Cependant Argyle s'était hâté de fuir vers Edimbourg, pour invoqner l'appui des États. Le général Baillic, officier presbytérien rempli de talent et de zèle, reçut l'ordre de lever une armée considérable ; on lui adjoignit le célèbre sir John Urrie, officier de fortune comme Dalgetty, ayant déjà deux fois changé de parti pendant la guerre civile, et se disposant à en changer une troisième avant la fin de la campagne, .\rgyie, de son côté , se hâta de rassembler ses troupes, afin de se venger de son ennemi mortel. Il établit son quartier-général à Diionbarton , où il fut bientôt rejoint par des forces considérables, composées principalement d'hommes de son clan et de ses vassaux. Là Baillie et Urrie vinrent le joindre à la tète d'une armée formidable , régi.lière et bien disciplinée. Ris^urc par ces forces imposantes, il allait se mettre en marche pour le comté d'Argyle. Mais tandis que ces deux armées formidables opéraient leur jonction , Montrose quittait ce pays dévasté vers lequel s'avançait une troisième année rassemblée dans le Nord par le comte de Seaforth. En effet, après quelque hésitation, ce seigneur avait embrassé la cause des covenautaires, et. secondé par la garnison d'Inverness, il menaçait Montrose de ce côté. Enfermé dans un pays dévasté et dépourvu de moyens d'existence, menacé de tous côtés par l'approche d'ennemis bien supérieurs en nombre, Montrose pouvait croire sa perte inévitable. Miis c'était précisément dans des circonstances pareilles que le génie entreprenant du Grand Marquis excitait l'étonnemcnt et l'admiration de ses partisans, et répandait la terreur parmi ses adversaires. Il rassembla comme par enchantement ses troupes éparses, qui jusqu'alors avaient été occupées à dévaster le pays ; et à peine les avait-il réunies qu'Argyle et ses généraux apprirent que les royalistes avaient subitement disparu du comté , et qu'ils s'étaient retirés vers le Nord dans les montagnes sombres et impénétrables du Lochaber. La sagacité d'Argyle et de ses généraux leur fit conjecturer aussitôt que le projet de l'actif Montrose était de combattre Seaforth, et, s'il était possible, de tailler son armée en pièces avant qu'aucun autre corps piit venir à son secours. Ils furent donc f.ircés de changer leur plan d'opérations. Urrie et Baillie , laissant ce chef préparer sa défense , séparèrent encore une fois leurs troupes, et se dirigèrent par l'est vers le comté d'Angus, déterminés à se rendre de là dans celui d'.Xberdceu, afin d'intercepter la marclie de .Montrose, s'il tentait de s'échapper dans cette direction. .Vrgyle, h la t''!e des siens, entreprit de suivre Montrose, afin que s'il en venait aux main^, soit avec Seafnrth, soit avec Baillie et Urrie, il se trouvât placé erilre deux feux par cette troisième armée, qui, maThant à une distance prudente, devait se tenir prêle à fondre sui son arrière-garde. Dans ce dessein, Argvle relourni vers Inveran-, et à chaque pas il eut lieu de déplorer les
cruautés et les déprédations commises par les clans ennemis sur
son territoire. Parmi les grandes qualités qui les distinguaient, les Highlanders ne possédaient pas celle de la clémence à l'égard de leurs ennemis : leurs dévastations contribuèrent à grossir l'armée d'Argyle. C'est encore un proverbe parmi les montagnards, que celui dont la miison est brûlée doit se faire soldat. La majeure partie des habitants de ces malheureuses vallées n'avait plus désormais d'autre moyen d'existence que les représailles; et leur seul espoir était la vengeance, .\rgyle se trouva donc bientôt à la tête de trois mille hommes pleins de résolution , et commandés par des chefs intrépides .■Vprès lui , il confia les principaux commandements à sir Duncan Campbell d'Ardenvohr et à un autre sir Duncan Campbell d'Auchenbreck , vieux militaire qu'il avait rappelé d'Irlinde à cet effet. Le caractère froid et circonspect d'Argyle le portait à combattre les conseils de ses généraux, et à rejeter les projets que leur intrépidité leur inspirait: il fut donc convenu que, malgré l'augmentation de leurs forces, ils continueraient le même plan d'opérations, et suivraient Montrose avec précaution, évitant toujours d'en venir à un engagement jusqu'à ce que l'occasion se présentât de tomber sur son arrière-garde , lui-mènne étant aux prises avec les forces qu'il allait trouver devant lui.