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LE RETOUR DU CROISÉ

Un Jouvcnccl, fleur de chevalerie, Quitta les lieux oti gtt le «aint Tombeau : CombaLs, tempête, avaient dans leur furie Blanchi croix roupre et terni blanc manteau. En son écu mainte trace laissée Montrait iUf- coups venRéf. par cent trépas, • Sous ton thilcoD, dame de sa pinsée. Il vint la nuit pour chanter tes appas.

Amour à loi, belle parmi P'S li. Il', ! Ton chevalier n'apporte d'Orient

Nul joyau d'or, mais ses amours fidèles, Sa vieille épi^e et le cœur d'un croyant. Clairs éperons, noble ctieval de guerre. Blason sans tache ainsi qu'azur des cieux, Sont tous les biens qu'il possède sur terre, Outre l'espoir d'un éclair de tes yeux.

Honneur k toi; car la harpe sonore Avant mou nom n^pètera ton nom.

C'est lui surtout qie ma p ouesse tionore An !ïranfl combat livn^ sous .^scalon.

Ton seul sourire ai^uis^i cette épée Oui. p--uplant Tyr de veuves, irorphelins, D'uu tlot de .■^ang a la terre trempée Pour chaque anneau de tes cheveux divins.

Oui, tout pour toi ! Que mon nom soit sans gloire ;

Que de mes faits aille A toi l'honneur :

Mais pour rançon de los et de mémoire.

Je ne requiers... rien, qu'un peu de bonheur.

La nuit est longue et bien froide à ta porte :

Brûlé des feux d'un climat dévorant,

Je puis... faut-il que demain l'on t'apporte.

Pour le pleurer, ton chevalier mourant.

Pendant que le chevalier Noir chantait ainsi, l'ermite se démenait comme un critique de profession qui assiste à la représentation d'im opéra nouveau. Penché en arrière sur sou escabelle, les yeux à demi fermés, tantôt les mains jointes et faisant jouer ses pouces en les passant l'un par-dessus l'autre, il semblait être toute attention; tantôt il balançait ses bras, en même temps que du pied il marquait la mesure. Dans deux ou trois cadences qui lui plurent, la voix du chevalier ne s'élevant pas aussi haut que le prescrivait l'harmonie, il y joignit la sienne comme pour le soutenir. Enfin, quand la romance fut terminée, l'anachorète proclama d'un ton plein d'enthousiasme qu'elle était bonne et bien chantée. — Cependant, ajoutat-il, je pense que mon compatriote saxon avait vécu assez longtemps avec les Normands pqur tomber dans le genre langoureux. Qu'allait-il-chercher loin de son pays? devait-il attendre autre chose, à son retour, que de trouver sa belle agréablement consolée par un rival plus assidu? Ne devait-il pas craindre qu'elle ne fit pas plus de cas de sa sérénade, comme on dit, que du miauleraentdu chatdans la gouttière ? Néanmoins, sire chevalier, je bois à ta santé et au succès de tous les vrais amants. Mais je crains que tu ne sois pas de ce nombre, reprit il en voyant le chevalier, dont le cerveau commençait à s'échauffer par suite de si fréquentes libations, saisir la cruche d'eau et en remplir sa coupe, ce qui lui paraissait une méprise. — Pourquoi? répondit celui-ci. Ne ni'avez-vous pas dit que cette eau a été puisée à la fontaine de votre bienheureux patron saint Dunstan ? — Sans doute, et il y a baptisé des centaines de païens, mais je n'ai jamais entendu dire qu'il en ait bu. Chaque chose dans ce bas monde a une destination qui lui est propre. Saint Dunstan connai.ssait aussi bien que tout autre les prérogatives d'un joyeux frère.

En prononçant ces mots, il prit la harpe, et entonna les couplets suivants, sur un ancien air anglais qui se chante avec un refrain, une sorte de Tra, la, la.

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