CHANT
Où est la vierge mortelle digne de s'unir au baron de Triermain? Elle doit être aimable , conslante et tendre, pure, pieuse et modiste, d'une liiimeur douce et gaie à la fois; elle doit être affable et généreuse et issue du sang le plus noble : aimable comme le premier raj'on de soleil qui jjcrce les nuages d'avril; constante comme la colombe; tendre com(ne les chants du ménestrel; pure comme la source de la caverne, dnnt jamais le sein n'a reçu les baisers du jour ; pieuse comme le chant du soir de l'ermite; modeste comme une vierge qui aime sans espoir; douce comme la brise qui soupire et qui meurt, mais gaie en même temps comme les feuilles légères qui dansent au souffle de la brise; affable comme l'est un monarque le jour uièmc où il a reçu la couronne; généreuse comme les pluies du printemps qui fertilisent la terre reconnaissante ; son sang irifin doit iHre noble comme celui qui coulait dans les veines d'un Plantagenel!... Telle doit être en beauté, en vertus, en lignage, la vierge mortelle qui s'unira an baron de Triermain.
Sir RolanrI de Vaux s'était jeté sur sa cmiche : son sang était agité par la fièvre, et son haleine pénible. Il venait de combattre l(-s Brossais : l'excursion avait duré longtemps et l'affaire avait été chaude; son cimier déchiré et son bouclier faussé portaient des marques d'un combat opiniâtre. Le silence devait régni-r dans le château ; les bardes rievaicnl le bercer par les doux sons de ses airs favoris jm-qu'à ce que le sommeil descendit dans son sein cotiinie la rosée des nuits descend sur la colline.
C'était par une matinée d'automne : les rayons du soleil seralildrenl lutter contre les vapeurs qui , pareilles à un crêpe d'argent, s élendaii lit sur les sommets lointains du Skiddaw. Les vitraux coloriés 'les Sillies du manoir de Triermain brillaient d'une pâle lumière, quand le terrible baron s'éveilla; il s'éveilla en sursaut, et appelant d'une voix forte tous ses serviteurs disperses dans les salles et les chambres voisines, il leur dit :
— Ménestrels! qui de \oiis vient de tirer de sa harpe celle cadencé si douce et si suave que l'on eût dit l'appel murmuré par un angi: à l'oreille d'un saint qui va mourir? Et vous , joyeux compagnons Iqu'est-elle devenue, cette vierge céleste dont les traits étaient «I doux et 11' regard si pur ; cette vierge, à la démarche gracieuse, el aux tonnes angéliques, qui , portant une plume d'aigle dans sa noire chevelure, vient de traverser à l'instant l'appartement où je repose ?
KicharJ de Brctteville, le chef des ménestrels du baron , lui réimiidil ; — Noble chieftain , tout est demeuré silencieux depuis l'heure de minuit, heure à laquelle les doux accords de nos harpes, pareils ni murmure d'un ruisseau, ont appelé sur vous le sommeil. Si une seule note eût retenti dans ces lieux, elle n'aurait point éeb.ip|>é à mon oreille att«nlive, quand inènie cette note eiit été luible et liiiilde comme le soupir .i demi éiouffe de la vierge pudique quand elle croit son amaiil aiipri'S d'elle.
l'Iiilippe dr Fa-lbwaile, guerrier gi^'anlesque, à qui était confiée !a garde de la port; extériiiire de l'appartement, ré|iondil i son toiii : — [li'piiis que les sentinelles ont éti' placées hier au soir à kur iiosle, aucun pied humain n'a franchi le seuil de votre porte :
si des pas se fussent approchés, je les aurais entendus , eussent-ils été légers comme le bruit des feuilles sèches qui tombent sur le sol par une gelée du matin, et sans que le vent les agite.
— Eh bien ! viens près de moi , Henry 'mon beau page , toi que j'ai sauvé des ruines de l'Ermitage, pendant que ce sombre château, ses tourelles et son donjon se changeaient en colonnes de feu, et envoyaient une lueur rougcàttejusque sur les sommets des montagnes; pendant que les cris de mort qui s'échappaient du milieu des tiammes et de la fumée glaçaient le cœur des plus vaillants aiierricrs ! Fidèle serviteur, va-t'en seller le plus rapide de mes coursiers, galope jusqu'à la tour de Lyulph, et salue cet homme ^sage et puissant de la part du baron de 'friermain. Il est issu de la race des druides et de ces bardes celtiques qui chantèrent les louanges des Arthur et des Pendragon. Doué de la science de ses pères, il sait interpréter les caractères gravés jadis sur les rochers d Helvellyn ; il connaît les signes et les sceaux magiques; il peut enfin, d'après les songes myslérjeiix , ou d'après le cours des astres , jiredire les malheurs ou la félicité, la chute des empires et les chances de la guerre. Il m'apprendra si la terre a donné naissance à cette vierge enchanteresse, ou si ce n'est qu'une de ces créations aériennes qu'un songe fantastique peut former des couleurs variées de l'are-en-ciel ou des lueurs mourantes de l'occident. Car , j'en jure par la sainte croix, si cette beauté respire l'air de la vie, aucune autre vierge ne nqjosera près de moi et ne deviendra l'épouse du baron de Triermain.
Le page fidèle monte son coursier rapide. Bientôt il traverse de vastes iirairies, des plaines fertiles, él c'est en vain que les flots de l'Edon voudraient arrêter sa course. Il dépasse la table ronde de Penrith , fameuse par les exploits de la chevalerie; il lais.se derrière lui les monceaux de pierre qu'entassa la magique puissance des druides , et il suit les détours du chemin des hauteurs, jusqu'à ce qu'il voie le lac d'Ulfo s'étendre à ses pieds.
Il dirige son coursier dans la route qui serpente entre le lac et la colline; et enfin il aperçoit devant lui le vieux magicien assis sur un fragment de rocher que la foudre avait détaché de la montagne. Les mousses argentées, les lichens et la bruyère formaient un coussin où reposaient les membres du vieillard, et le tremble abritait son repos sous le dais mobile de son feuillage. Hiîiiry mit pied à terre , salua le brave Lyulph , lili ex|)0.sa ce qui était arrivé à son maître et implora ses conseils. Le vieillard resta plongé longtemps dans la méditation et occupé h rassembler dans sa mémoire les trésors du p.u'sé : puis enfin , comme s'il fût sorti d'un profond sommeil, il prononça c<Ulc réponse solennelle :
— Celte vierge doit sa naissance à la terre, et un mortel peut l'obtenir , bien que cinq cents années plus une se soient écoulées depuis qu'elle a reçu le jour. Mais y a-t-il dans tout le Nord un chevalier qui ose accomplir pour elle la périlleuse aventure de la vallée de Saint-Jean? Eooute, jeune homme, le récit que je vais te faire, et grave-le bien dans ta mémoire. Ne t'étonnc i)as d'ailleurs si je te transporte d'abord parmi les debris d'un temps bien éloigné de nous : les bardes et les sages se sont Iransinis celte histuire mystérieuse depuis le siècle de Merlin.
lui
LES VKILLEKS LITTERAIRES ILLDSTRÉES.
RECIT Di; LVULl'll.
— Après les fêtes He laPenteeôle, le roi Arthuravaitquittélajoyeuse cité <ii; Carlisle. Il voyageait en chevalier errant, et autour île hii les rayons lin soleil d'été jetaient leur sourire sur les montagnes, les marais et les plaines. Au-dessns du sentier solitaire s'élevait une crête escarpée. Les flancs de la montagne olfraient des antres béants , et .souvent les rayons rougeàtrcs du soleil perçaient la noire obscurité de ces cavernes, bien que jamais un seul d'entre
La fiancée de Triermain.
tous n'eijt atteint jusqu'à la surface du lac sombre qui s'étendait tout au fond, et dont le miroir réfléchissait encore les étoiles à l'heure de midi. L'aventureux monarque côtoyait cetti; majestueuse montagne : des rochers étaient suspendus aux rochers; et à travers leurs crevasses, des torrents s'élançaient vers le fleuve impétueux qui mugissait à leur base , bondissant tout à coup parmi les pierres et les fragments de granit, puis lout à coup s'enfonçant dans le ravin obscur à des profondeurs où l'œil ne pouvait le suivre. Le monarque se prit à penser que ce désert sauvage, ces ruines romantiques étaient un théâtre préparé par la nature elle-même pour l'achèvement de quelque grand exploit.
n Le vaillant Arthur aimait mieux aller par monts et par vaux , revêtu de sa cotte de mailles, et courir les aventures que de rester oisif sous le dais de son trône, revêtu d'hermine et de drap d'or. Le bruit de la lance d'un ennemi qui se brisait en heurtant sa cuira-se flattait plus agréablement son oreille que les propos flatteurs des courtisans, et les coups retentissants d'; sa Callhurne sur le f.i :■■ .''u!! '-'i;i! rie; !u! iihii?aient diivaiitan-e quo toutes les liai •
lades que les ménestrels consacraient à sa gloire. Il trouvait le repos plus doux à l'ombre des bois ou sur le bord des fleuves que dans la couche même de sa royale compagne , de la belle Genèvre : il délaissait cette aimable reine pour chercher au loin les dangers, et le pauvre monarque ne se doutait guère des sourires qu'en .son absence cette épouse infidèle accordait au brave Lancelot.
« Mais bientôt l'ombre plus épaisse s'allongea dans la vallée. Les sommets de la montagne se baignaient encore dans des vagues de pourpre et d'or, mais à sa base les tristes rochers et le torrent sonore s'effaçaient dans les ténèbres. Le monarque poursuivait péniblement sa marche le long des forêts; enfin sa route fut coupée obliquement par l'étroite vallée de Saint-Jean, qui se dirige vers l'ouest, et où les derniers rayons du soleil aimaient à s'arrêter. Joyeux de retrouver cette clarté bienfaisante , le roi retint les rênes de son coursier : il leva son gantelet au-dessus de ses yeux éblouis par la lumière horizontale, et, à l'abri de cette visière, il contempla l'aimable vallée. Le soleil se réfléchissait sur sa brillante armure, qui étincelait comme la flamme rougeàtre d'un phare.
« Entourée de hautes collines, la vallée était paisible et calme; un ruisseau s'y était creusé un lit , et [dus loin , au milieu même de l'rnceinte, on voyait s'élever une forteresse couronnée de
Bientôt'un'nuage l'enveloppa.
tourelles aériennes : une muraille flanquée de bastions et d -wsboutants environnait les tours et le donjon massif. On eut dit que quelque géant des premiers jours du monde avait eieve ces énormes remparts pour braver derrière leur abii a puissance de Nemrod. Devant le portail, le pont-levis se balançait audessus du fossé, comme si l'on eût redouté l approche de quelque ennemi : un guichet de chêne dur comme le fer et garni ae ciniis. de ^eri-.Mis et de barres de ce métal, puis ensuite une herse menaçante, (Refendaient l'étroit et sombro passage qui sevvau « W-o
IVANHOE
tree au château Cependant aucune bannière ne couronnait les vieux remparts; sur la galerie aérienne de la tour de garde on ne voyait aucune sentinelle prête à sonner du cor; on n'apercevait point de poste militaire auprès du pont, et derrière l'arcade gothiqui; on ne voyait liriller ni arcs ni masses d'armes.
« Arthur fit trois fois le tour des vastes et somhres remparts : il n'apernit pas un être vivant, n'entendit pas un son qui révélât la vie; le hihou seul . troublé dans son sommeil et dans ses rêves peutêtre, mêla son cri funèbre au bruit des flols qui baignaient le pied des murailles. Alors Arthur mit pied à terre, et laissa son bon coursier en liberté dans la prairie : puis il gravir lentement l'étroit sentier qui menait au portail antique; il s'arrêta sous la voûte extérieure, et se préparait à faire retentir l'appel joyeux et hardi de son cor d'ivoire. Il s'attendait à réveiller de son lourd sommeil le gardien de ce manoir, séjour redoutable do quelque puissant enchan-
Le chevalier lance son arme.,
leur, dt quelque .«pectre terrible, de quelque géant païen , tyran de la contrée.
«Deux fois les lèvres du monarque avaient effleuré l'or qui garnissait son cor d'ivoire, et deux fois sa niain l'avait retiré Ne
pensez pas néanmoins que le cœur d'Arthur fût accessible à la crainte! Son bouclier pcirl.iit le saint emblème de la croix : une armée païenne se fùt-elle présenice devant lui, il \\ùi aussitôt chargée à outrance : mais le silence qui rcgiiaildans ranli()ue manoir semblait peser sui son ciBiir, et il s'arrêta un moment. Kri- (in , dis q\ie l'appel du cor se fût fait cnleudre , la porte du chàliau s'ouvrit toute grande, la herse glissa en gémissant dans ses Miliums de pierre; les deux bras du ponMcvis obéirent au signal , et s'aliaissi^ri'iil tn tremblant : Arlliiir vil les arceaux du portail lui odrii une roule: sombre, mais dégagée d'obstacles; il lira du
foMrreati l'irrésistible ÇaliliuraQ , e( (narçba en itv«qt.
« Soudain , l'éclat de cent torches enflammées dissipe la nuit qui enveloppait les murailles, et montre au monarque étonné les habitants de ce séjour. Point de sombre enclinnleiir ni de spectre hideux, point de c'ievalier païen aux membre^ gigantesques : mais à la lueur douce et pure des lampes qui répandaient une
WWii|i|iii|lplliippipiPPi^'
L'éclair brille, la foudre gronde.
vapeur odorante , il aperçoit une troupe de jeunes beautés Elles accourent pareilles aux vagues de la mer qui, par un beau jour d'été , s'avancent en dansant vers le rivage : cent voix harmonieuses s'unissent pour prononcer et répéter cent fois un gracieux salut; cent jolies mains s'empressent de détacher la cotte de"mailles du monarque, et s'épuisent en efforts pour drfaire les agrafes et les nœuds d'acier de son armure. L'une jette sur les épanl'es d'Artliur un manteau magnifique, l'autre répand des parlums sur .sa chevelure; celle-ci relève les anneaux qui tombent sur son front celle-là enfin le couronne d'une guirlande de myrte. Jamais fiancee, le matin de ses noces, ne fut parée par une troupe déjeunes filles plus empressées et plus gaies.
«Tont.s éclataient en rires joyeux : en vain le monarque adressait questions sur questions à l'essaim Tdâtre : qu'il priât suppliÀt conjurât, il n'obtenait qu'une réponse : un joyeux éclat de rire' Elles feignaii nt ensuite de le charger de chaînes; mais ces (haines étaient des guirlandes composées des plus belles fleurs du printemps. Pendant que celles-ci réunissent les efforts de leurs bras dehcals pour entraîner le chevalier étonné , d'autres plus hardies presM'iil ses pas en le frappant avec des lis et des roses. Derrière lui on portait en triomphe les armes redoutables dont on l'avait délivré. Quatre damoiselles unissaient I -urs efforts pour soulever s.i terrible lance; deux antres, riant elles-mêmes de leur faiblesse, Iraiiiaieiit avi c peine Calilnirnc , dont la longue laine .'Ils"
m\ après elles sur le sol ; une aulra euliu , eu prenaql w wU\ ajr
LES VEILLEES LITTERAIRES ILLUSTREES.
irmfin et snierricr, avait placé sur son front 1« casque et l'orgueilleux cimier ; mais elle poussa un petit cri de surprise en le sentant descendre jusque sur ses >eux. C'est ainsi que marchait le folâtre cortege . au milieu des joyeuses clameurs et des chants de triomphe.
« Le roval captif fut conduit ainsi à travers mainte galerie et maint salon ma;iiiinque : enfin la marche et les chants s'arrêtèrent en face il'un portique superbe, l.a phisàgoe de toutes ces vierges (elle avait à peine dix-huit ans) leva la main d'un air solennel, et ordonna d'accueillir dans un respectueux silence la reine qui s'avançait vers ce lieu. Toutes ses compagnes se turent aussitôt. Mais ayant jeté un regard furtif sur .\rlhur dont toute l'attitude peignait une étrange surprise, elles ne purent retenir leur gaieté qui se trahit dans les jolies fossettes de leurs joues, et dans le mobile éclat de leurs regards.
n Les privilèges de ces temps héroïques ne vivent plus que dans le.' vers des ménestrels. l,a nature, maintenant épuisée , était alors prodigue et du bien et du mal. La force était gigantesque; la valeur enfantait des prodiges ; la .science pénétrait au-delà du firmament visible, et la beauté rayonnait d'un éclat qu'elle n'a plus même dans les rêves d'un amant. Eh bien ! même en ce siècle de féerie, jamais le regard des mortels n'avait contemplé des charmes comparables à ceux qui éblouirent Arthur, au moment où la reine du château parut dans ces lieux enchantés, environnée d'un brillant cortège de pages et de suivantes. En traversant lentement la salle, son œil noir lais.sa tomber sur le monarque un regard brûlant comme l'éclair : plus ce regard se prolongeait, plus s'animaient les couleurs de ses joues : et il dura enfin si longtemps qu'Arthur, épris et confus, pouvait à peine le supporter. Observant ce couj^ d'œil, dans lequel la passion naissante luttait contre la fierté, un sage aurait dit au monarque : « Prince, soyez sur vos gardes ! arrao chez au tigre la proie qu'il va dévorer; attaquez le lion aux abois; « disputez à l'impur dragon le chemin qu'il couvre de ses flammos: « mais évitez le piège qui se cache sous ce sourire enchanteur. «
« Ce combat intérieur se termina enfin. La dame s'approcha de son hôte avec cet air gracieux diins lequel les femmes savent mêler avec art la courtoisie 1 1 l'orgueil de leur sexe, :ifin de subjuguer et charmer en même temps. Elle lui assura poliment qu'il éiait le bienvenu auprès d'elle; puis elle le pria d'excuser la gaieté folâtre deses frivoles suivantes, qui, nées dans de rustiques solitudes, ignoraient les égards dus à un noble étranger : enfin elle le conjura d'accepter pour cette nuit l'hospitalilé dans sou château Le monarque .sourit en la remerciant d'un air modeste. Un banquet fut dres-é sur l'ordre de la dame, et des cb.inis, d'aimables récits, des plaisanteries gracieuses firent couiei' rapidement cette soirée.
« La dame, assise près du monarque, se montrait à son lour étoniiée et timide, et semblait écouler avec indifrérriiri' les doux propos qu'il murnuiniit à son orejUe Sa contenance était ingénue et modeste ; mais une ombre de contrainte révélait la fausseié d'une parole timide, qui cache une pensée hardie: souvent, au milieu d'une réponse adressée à son hôte, elle s'interrompait tout à coup ; >(iuvent, son grand œil noir se voilait sous ses longs cils, ou bien elle éloiiffait le soupir voluptueux (|ui soulevait son .sein d'albâtre, légers ryuiplômes, sans doute! mais d'après un brouillard d<> mntin le liirger siit deviner les chaleurs du midi; ainsi Arihiir rcuuprit que sous cetle froideur empruntée le cœur recelait des passions que les yeux n'osaient peindre. 11 devint donc plus pressant, à mesure que les coupes circulaient, que les chants des ménestrels devenaient plus tendres et la gaieté des jeunes danioiselles plus vive et plus bruyante ; il devint, dis-je, de plus en plus pressant...
:< Mais pourquoi poursuivre cesdétails trop peu mystérieux, et dire comment les chevaliers triomphent de la heauté qui les écoute? pourqiiiii montrer quelles causes frivoles donnent naissance à la pa.ssion qui doit bientôt régner en tyran? {)[to\ mortel n'a pas éprouvé comment un badinage nous conduit à l'ivresse, et l'ivresse! au repentir.