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XXVI INTRODUCTION
tissement d’un bout à l’autre du pays, jusqu’en Europe. Son discours de débutant à l’Assemblée législative en 1871 produisit,dit-on, une impression extraordinaire, précisément parce qu’il tranchait vivement sur le terre-à-terre de la discussion qui s'était faite jusque-là ; en relisant ce morceñu, on s'aperçoit en effet qu’il était plutôt dans le ton de la Chambre des Communes. où le jeune député ne devait pas tarder d'arriver.
J'ai défini sa méthode une synthèse ; je puis définir son œuvre entière un système. Tout se tient; ses discours sont comme les chapitres d’un livre, comme les périodes d’une démonstration. C’est le cri persistant d’une âme honnête, d’un cœur généreux, d’un esprit large, contre les honteuses défaillances, contre l’iniquité, le despotisme et l'injustice, contre tout ce qui sent le fanatisme et l'intolérance. La première fois que s’éleva sa voix éloquente, ce fut, il le disait lui-même, pour dire de dures vérités à son pays; depuis vingt ans qu’il parle, il n’a pas dévié d’une ligne de ce rôle de penseur et de censeur. Toujours il met le doigt sur la plaie, et souvent si inopinément, avec une pression si soudaine, que le malade ne peut retenir un cri de douleur en même temps que d’admiration. Or, les maladies d’une nation mettent du temps à se guérir quand elle est mal gouvernée. La nôtre l’a été si mal, que c’est encore du même rhumatisme qu’elle souffre depuis vingt-cinq ans. : Aussi M. Laurier créerait-il assolument la même sensation en reprenant en 1890 la thèse qu’il soutenait dans son premier discours parlementaire de 1871. Pourquoi ? parce que la situation ne s’est pas amélivrée : les années ont même empiré le mal. Aujourd’hui encore, il ferait tressauter la Chambre et le pays en répétant
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INTRODUCTION
son fameux niot de 1871: ‘ On nous dit que nous sommes riches... Monsieur, il: y a richesse et richesse. TANTALE ÉTAIT RICHE! Il avait toujours devant lui une table abondamment, somptueusement servie. Le malheur est qu'avec tout cela il se mourait éternellement de faim ! ”.. Eh! c’est encore ce qu’il ne cesse de répéter dans chacun de ses discours sur l’état économique du pays, chaque fois qu’il parle de réciprocité commerciale. Et c’est toujours aussi vrai, aussi saisissant qu'il y a vingt ans.
Son œuvre, dont j’ai recueilli tout ce que j'ai pu dans ce livre, embrasse le champ entier de nos contentions politiques, sociales et nationales, et cependant ces aix cents pages de sténographie pourraient être résumées en une poignée de formules, d’idées-mères» Sur lesquelles M. Laurier a déjà dit des volumes sans jamais lasser l'attention de ses admirateurs, c’est-àdir : de la population entière.
Il est avant tout Canadien de sentiment ; avant tout libéral d’instinct et de conviction; avant tout honnête dans l’âme.
Il à étudié l’histoire et sait que la race humaine s’est améliorée par le croisement des races, sans que la trace des origines se soit dans aucun cas complètement perdue. Il sait que la nature, cette force à toute autre supérieure, opère toute seule cette transfusion du sang, sans douleur, sans accident. , Son rêve est de voir les descendants des plus nobles souches du vieux monde, Anglais, Français, Ecossais, Irlandais, appelés à mener la vie en commun en ce pays, marcher de concert à la poursuite de l’unité nationale, dont toutes les variétés de l’espèce humaine, du blanc au noir d’ébène, ont si heureusement trouvé la formule dans la République Américaine. Il croit que ce pre-
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