AUTANT D’ASCENDANT QUE M. PAPINEAU
à une certaine époque de l’histoire du Bas-Canada, et personne n’a jamais été mieux que lui doué par la nature pour être l’idole d’une nation. (C'était un homme imposant, majestueux, doué d’une éloquer"? entraînante, d’un caractère sans tache, d’un pair.» tisme désintéressé, qui pendant des années et des années exerça sur ses compatriotes un contrôle presque
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illimité ; et encore aujourd’hui son nom seul suflit pour sculever dans le Bas-Canada tout entier un enthor siasme vibrant dans tous les cœurs, chez les homm.3, les femmes et les enfants de tous les âges et de toutes les conditions. Quel était le secret de cette redoutable puissance ? Etaïit-ce simplement son élo- «uence, son intelligence d’élite, ou même son pur patriotisme ? Sans aucun doute, tout cela y contribuait ; mais la raison principale de son autorité sur ses concitoyens, c’est qu'à cette époque, ses compatriotes étaient une race opprimée et qu'il était le champion de leur cause.
Mais, du moment que furent arrivés les jours de réparation, l'influence de M. Papineau, si grande qu'elle eût été irsque-là, si grande qu'elle restât encore, cessa d’être suprême. Lorsque subséquemment l’Acte d'union fut passé, Papineau lattaqua vioieiument, enfit voir les défauts, les erreurs et les dangers, et cependant il ne put soulever ni ses partisans ni le veuple, pour agiter la question du rappel de cet acte. our quelle raison ? Les conditions n'étaient plus les mêmes. Tout imparfait qu'était l’Acte d'union, il comportait néanmoins une certaine mesure de liberté et de justice en faveur du peuple, et les hommes qui jusqu'alors, au seul son de la voix de Papineau, auraient volontiers bravé la mort sur les champs de bataille ou sur l’échafaud, se tinrent silencieux et impassibles, bien qu'il ne leur demandât qu'une agitation constitutionnelle pour le rappel de l’Acte d'union. Les conditivans étaient changées ; latyrannie et l'oppression avaient fait des rebelles des habitants du Bas-Canada, tandis que la justice et la liberté faisaient d'eux ce qu'ils ont toujours été depuis, des sujets sincères et loyaux. Et maintenant, dire que Louis Riel par sa seule influence a pu faire passer ces hommes de la paix à la guerre; dire qu'ils n'avaient pas de griefs, dire qu’ils sont entrés en révolte par pure malice et par un imbécile attachement à un aventurier,