‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 213 sur 571 · ET L’ON DEMANDE QUELS SONT LES GRIEFS · texte numérisé non relu

ET L’ON DEMANDE QUELS SONT LES GRIEFS

de la population des Territoires du Nord-Ouest! Eh quoi! pouvait-il y avoir un plus grand grief, même dans les vieilles provinces du Canada, que celui résultant de la tentative du gouvernement de faire arpenter de nouveau les terres d’ 'après une symétrie toute scientifique? Je dis que, si l’on essayait de faire une telle chose ici, il y aurait un soulèvement comme celui qui a éclaté là-bas. Rien n’est plus cher à un homme que le pauvre morceau de terre qu’il a arraché au désert ou à la forêt par son travail, et le gouvernement x agi d’une manière tyrannique et injustifiable en faisant ce qu'il a fait.

Ah! je comprends maintenant que ces gens, irrités de cette négligence systématique de leurs réclamations, aient enfin recouru à des moyens regrettables, Maintes et maintes fois déjà, les hommes se sont révoltés pour des causes moins justes que celles que ces hommes pouvaient invoquer, Voyons la conduite du gouvernement. Pendant six longues années, le peuple du Nord-Ouest à revendiqué ses droits au moyen de pétitions. Pendant six longues années, il a employé tous les moyens constitutionnels que la loi mettait à

sa disposition pour obtenir justice; il a présenté des pétitions ; ; il s’est réuni en assemblées publiques ; * ila passé des” résolutions ; il a envoyé des détégations. Les pétitions sont restées sans réponse, On n’a pas tenu compte des résolutions adoptées aux assemblées. On a reçu les délégations avec un visage souriant et des paroles encore plus mielleuses qu’on mettait par écrit, mais qu'on oubliait dès que les délézués avaient tourné le dos pour s ’en retourner chez r ux. Pendant ces longues années, le gouvernement n’a rien fait, absolument.rien !

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Après avoir envoyé tant de pétitions inutiles, les Métis ont recouru à une démarche très significative; ils sont allés chercher Riel et l’ont amené dans le pays. Voilà au moins qui aurait dû ouvrir les yeux au gouvernement. Il savait que Riel est un homme audacieux ; il savait que le peuple du Nord-Ouest avait le cœur plein d’une amertume toujours grandissante, et il aurait dû savoir que dans ces circonstances il y avait

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