QUE LE GOUVERNEMENT AVAIT DANS L'ESPRIT
et qu'il appelait équitable n’était pas le même auquel on en était arrivé dans le cas des Métis du Manitoba. On me permettra bien de rappeler ici en quoi avait consisté ce premier règlement. On avait donné aux Métis du Manitoba, en premier lieu, à titre gratuit, les terres qu’ils occupaient à concurrence de 160 acres chacun, en leur qualité de blancs ; en second lieu, en extinction du titre indien, 160 acres de terre pour chaque chef de famille, plus 240 acres ou un scrip équivalent pour chaque enfant mineur. Etait-ce là le règlement qui devait être fait en vertu de l’arrêté ministériel du 28 janvier ? Pas le moins du monde, dis-je ; et j'en prends à témoin sur ce point ce qu'a dit le premier ministre lui-même le 26 mars dernier lorsque cette affaire est venue devant cette chambre. Il a dit en cette occasion :
Comme corps de nation, on a dit aux Métis que, s'ils voulaient être considérés comme des sauvages, il existait des réserves plus considérables où ils pourraient aller s'établir avec les autres sauvages ; mais que, s'ils voulaient être considérés comme des blancs, ils auraient 160 acres de terre comme homestead- Mais ils ne sont pas satisfaits de cela. Ils veulent avoir des scrips de quantité égale, je crois, à peu près deux cents acres—et alors obtenir en plus, comme un droit qui vi: de soi. leur homestead par-dessus le marché.
Ainsi, vous le voyez, le gouvernement n'était nullement disposé le 26 mars 1885 à traiter les Métis des Territoires du Nord-Ouest comme il avait traité les Métis du Manitoba. Si telle avait été son intention, le premier ministre aurait dit : Nous allons leur faire don, comme nous avons fait pour les Métis du Manitoba, des morceaux de terre qu’ils occupent en lots gratuits de 160 acres chacun, et cela leur tiendra de homestead ; en vutre, en leur qualité d’Indiens, nous allons leur donner, en extinction de leur part du titre indien, des serips terriens à concurrence de {60 acres pour chaque chef de famille et de 240 acres pour chaque enfant mineur. Mais non, .ien de cela dans les paroles du premier ministre ; ce qu’il a dit prouve assez
pm