‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 247 sur 571 · D'UN CRIME PUREMENT POLITIQUE · texte numérisé non relu

D'UN CRIME PUREMENT POLITIQUE

C'est toujours avec regret, j’en suis convaincu, que le ministre de la Justice se voit dans l'incapacité de faire un rapport favorable à la commutation d’une sentence capitale. Dans ce pays, chaque fuis qu’une sentence de mort a été prononcée contre un de nos semblables, c'est le devoir du ministre de la Justice d'examiner de près les causes du crime afin de s’assurer si les exigences de la loi ne seraient pas aussi bien satisfaites autrement que par la peine capitale. Rien n'est épargné pour en arriver à cette conclusion. Et cependant l’on vient nous dire ici que. lorsqu'un homme est accusé d’un crime politique, le gouvernement n’a pas à s'occuper de savoir s’il y a eu provocation ou non de la part de la Couronne! Aux yeux de ce gouvernement, toutes les rébellions sont les mêmes, provoquées ou non,et doivent être traitées de la même manière. Vous n'avez pas d’alternative : toutes les *évoltes sont essentiellement, également coupables. Vous devez trouver également mauvaises la révolte de Junius Brutus et la tentative d’insurrection de Catilna. Eh bien, c’est si peu ma manière de voir que c'est précisément là l’un des points sur lesquels je cite

le gouvernement devant le tribunal de l'opinion, C'était son devoir, lorsqu'il eut à décider si la sen. tence de mort serait exécutée sur la personne de Riel, de s'assurer avant tout si celui-ci n'avait pas été provoqué à l’acte pour lequel il se trouvait dans cette extrémité ; or le gouvernement n’en a rien fait: il est donc, de son propre aveu, coupable

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