‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 248 sur 571 · D'AVOIR FOULÉ AUX PIEDS UN DEVOIR · texte numérisé non relu

D'AVOIR FOULÉ AUX PIEDS UN DEVOIR

qui est l’un des plus sacrés qui soient imposés À l’homme. De fait, cette monstrueuse doctrine.du gouvernement est si insoutenable qu'il n’a pas osé la soutenir jusqu’au bout. Avant même la conclusion de son factum, sir Alexander Campbell avait abandonné sa théorie, car on trouve au bas tout à fait ces lignes :

Que le fait seul de rébellion doive être puni de mort, voilà une question sur laquelle les opinions peuvent différer, [La trahison sera probablement toujours considérée, comme elle l'est actuellement parmi les nation: civilisées, le plus grand des crimes ; mais l'exécutif doit juger chaque condamnation pour cetle offense sur ses propres mérites, et en disposer en tenant strictement compte de toutes les circonstances qui l’accompagnent. Dans le cas qui nous occupe, c'était une récidive, accompagnée, comme la première rébellion...

L’ex-ministre de la Justice commence par poser la règle, que nous ne devons pas prendre en considération les causes qui ont amené la rébellion : manière fort commode de nous interdire l’examen des causes, mais qui ne l’a pas empêché. lui. de prendre en considération que c'était une seconde offense. En effet, c'était une seconde offense, c'était la seconde fois que le gouvernement se rendait coupable d’une rébellion; c'était la seconde fois que Riel était rebelle, par suite de la conduite du gouvernement. Monsieur, je ne suis pas de ceux qui voient un héros en Riel. La nature l’avait doué d’un grand nombre de brillantes qualités, mais elle l'avait dépourvu de cette suprême qualité sans laquelles toutes les autres, en dépit de

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Jeur éclat, ne sont d’aucune utilité. La nature l'avait dépourvu d’un esprit bien équil‘bré. Dans ses pir:s moments, il n’était bon qu’à interner dans un asile ; dans ses meilleurs moments, c'était un monomaniaque religieux et politique. Mais ce n’était pas un méchant homme,— je ne crois pas du moins qu'il fût le méchant homme pour lequel une certaine presse veut le faire passe . IL est vrai qu’à l’enquête un fait des plus dommageables a été mis à sa charge ; il est vrai qu'il avait offert d’accepter une summe d'argent du gouvernement. Mais, en justice pour sa mémoire, il “porte Lue toutes les circonstances de cet incident sent mises deva..t la Chambre. Il est évident qu’en acceptant cet argent, sa raison troublée ne lui faisait pas voir que ce fût une trahison de la cause de ses compatriotes...

Q elque” députés :— Oui, oui.

M. Laurier :— Certes, monsieur l’Orateur, je sais fort bien que les honorables députés qui m’interrompent en ce moment n'auraient pas compris les choses de cette manière: mais aussi, monsieur, je leur attribue

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