‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 249 sur 571 · DES FACULTÉS MENTALES MIEUX ÉUQILIBRÉES · texte numérisé non relu

DES FACULTÉS MENTALES MIEUX ÉUQILIBRÉES

que celles de Louis Riel. Il est évident que, s’il a accepté cet argent, dans ses esprits confus ce n’était pes dans l’intention de trahir ses compatriotes, mais plutôt de travailler pour eux d’une av re manière : ue disait-il pas qu’il irait fonder avec ‘.. argent un ds aux Etats-Unis et soulever les autres nationaits...

Un député :— Susciter une autre rébellion.

M. Laurier :— Je concède que, si cette intention eût été exprimée par un homme en pleine possession deson intelligence comme mon honorable interrupteur del'autre côté deln Chambre, ce serait assez pour étouffer toutes nos syanpathies à son égard, mais il y tune atténuation que nous ne puuvons raisonnableent pas mettre de côté : c’est qu'il est prouvé que, si Riel n’était pas totalement dénué deraisun, au moins

au2 DISCOURS

personne ne peut nier que, sur la corde politique, son cerveau était détraqué. Or, est-il juste d'appli. quer les mêmes règles dans le cas d’un esprit fausst comme dans le cas d’une intelligence parfaitement gaine ? Rien ne serait plus faux, plus injuste. Ilne saurait y avoir, à mes yeux, de discussion sur l'état mental de Riel. Le printemps dernier et au commencement de l'été, lorsqu'arrivèrent les premières nouvelles de ses faits et gestes dans le Nord-Ouest, lorsqu'on Pentendit dire qu’il allait établir des monarchies dans le Nord-Ouest, qu’il allait déposer le Pape et créer un pape americain, ceux qui ne le connaissaient pas purent le prendre pour un imposteur,mais ceux qui le connaissaient comprirent tout de suite ce qu'il y avait chez lui. Dans la province de Québec, il n’y eut pas un moment de doute à ce sujet. [n’y avait peutêtre pas dans toute la province un seul homme qui ne sût qu'il avait été déjà plusieurs fois interné à l'asile; la population de Québec n’eut donc qu’une pensée, c’est que le pauvre malheureux venait de retomber dans un des accès auxquels il était sujet. Quand ses avocats furent choisis et qu'ils commencèrent à se préparer pour le procès, ils virent du premier coupd'œil que, s’il devait compter sur la justice, sur la plus simple justice, ils n'avaient qu’une chose à faire: plaider folie.

On dit qu’il a eu un procès équitable. Je le nie ‘formellement. Je ne reviendrai pas sur les arguments qui ont été invoqués à ce sujet; je me contenterai de signaler une seule particularité à l’attention de mes collègues. Cet homme a demandé un délai d’un mois pour son procès ; il a obtenu huit jours. Etait-ce à de la justice ?

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