‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 250 sur 571 · ÉTAIT-CE DE LA JUSTICE BRITANNIQUE · texte numérisé non relu

ÉTAIT-CE DE LA JUSTICE BRITANNIQUE

Etait-ce donner fair play à l'accusé? Quand il déchrait sous serment qu’en justice pour sa défense, il lui fallait un délai d’un mois, quelles grandes raisons publiques y avait-il de ne pas se réndre à sa demande” Quelles grandes raisons publiques exigeaient donc le rejet d’une demande de cette nature ? C’est cependant

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témoins indispensables à sa cause, a-t-on fait droit à sarequète? Non, il s’est vu refuser tuut cela. Je rappellerai ici à la Chambre l’afidavit de Riel, qu’il avait besoin de plusieurs témoins, entre autres de Gabriel Dumont, de Michel Dumas et d’autres. J’admets qu'il était assez difficile d’assigner Gabriel Dumont et Michel Dumas, tous deux coutumaces; mais il faut se rappeler qu’il proposait une alternative tout à fait praticable, et qu’on a rejeté sa demande. Voici cequ'il demandait sous serment:

Qu'à moins que le gouvernement du pays, ou cette honorable cour, ne me fournisse les moyens d'amener ces témoins devant cette cour, il est essentiel à ma défense que les divers papiers, écrits et documents qui m'ont été enlevés quand Je me suis rendu au général Middleton, et qui m'ont été pris par luiet ses officiers dans ma maison plus tard, soient placés entre les mains de mes avocats, pour qu'ils les examinent et les étudient avant que je subisse mon procès.

Monsieur, vous voyez de quelle manière on a traité l'accusé en cette occasion. Il demandait de deux choses l’une. Il disait : Ou fouruissez-mvoi certains témoins, Gabriel Dumont et Michel Dumas et autres : ou bien, si vous ne pouvez ou ne voulez pas faire cela, rendez à mes avocats les papiers qui m'ont été enlevés à Batoche. Y eut-il jamais requête plus raisonnable ou plus modérée présentée devant une cuur de justice ? Cet homme disait simplement : Je n'insisterai pas absolument sur ces témoins essentiels À ma cause, si vous ne pouvez pas les amener ici, mais au moins il y a une chose que vous pouvez faire pour moi : c’est de me donner communicatiun des papiers qui m'ont été enlevés à Batoche. Pourquoi ces papiers n'ont-ils pas été produits ? Raison d’Etat’!......Allons donc ! ces papiers ont été démandés durant la présente session, et le gouvernement a spontanément consenti À leur production sans la moindre objection. Où pouvait donc être, alors, cette raison d'Etat ? IL est vrai que ces papiers n’ont pas encore été produits devant nous, mais au moins la raison d’Etat invoquée au

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procès ne l’a pas été ici, et pourquoi ? Parce que cette raison n'aurait pas soutenu un instant d’examen devant ce parlement.

Il y a plus, après ce procès incomplet, le jury a recommandé le prisonnier à la clémence du tribunal, Le ministre des Travaux Publics a dit l’autre jour que c'était chose tout ordinaire que ces recommandations à la clémence du tribunal. Assurément, ce ne sont pas là des choses extraordinaires, mais ce qui est très extravrdinaire, par exemple, c’est que le gouvernement ne tienne aucun compte de ces recommandations. C’est là le fait extraordinaire qu’on a vu en cette occasion. Après le procès, ii y avait dans l’esprit de bon nombre de partisans du souvernement une telle conviction que pleine et entière justice n'avait pas été rendue, qu’ils présentèrent sur le champ une pétition au gouvernement pour demander une commissiun chargée de faire l'examen du prisonnier, afin de s’assurer s’il était sain d’esprit ou non. Cette pétition à été présentée, à maintes reprises, m’informet-on, au gouvernement par des amis du gouvernement. Celui-ci n’a pas refusé, mais il a traité cette pétition comme il avait traité toutes celles des Métis :

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