UNE QUESTION BRULANTE
trop brûlante. qui agita le peuple tout entier de notre pays.
. Quand mon honorable ami le député de East- York (M. Mackenzie) arriva au pouvoir, elle avait été pendant de longues années une question qui éveillait et passionnait l’opinion publique.
Scott avait été exécuté dans les premiers jours de IS0. Une amnistie avait été promise par les hommes qu siègent maintenant sur les banquettes du Trésor,
mais ils n'avaient jamais eu le courage de l’accorder: ils n'avaient jamais eu le courage de faire honneur à leur parole et de donner aux coupables ce qu'ils leur avaient promis. Les années s’écoulèrent, et les passions s’aigrissaient de plus en plus. On a des préjugts à Ontario, on en a aussi à Québec ; à Ontario on envisage la question sous un puint de vue, à Québec sous un autre.
Le peuple dOntario demandait que la justice suivit son cours ; Québec demandait que ce gouvernement accomplit sa promesse. Placé entre les vœux différents des deux provinces, le gouvernement n'osa rien faire et il laissa toutes ces colères atteindre un tel point d'intensité qu’elles mirent le pays en un danger auquel le gouvernement n’osa pas faire face,
Mais lorsque Padministration de mon honorable ami le député de East-York arriva au pouvoir, elle fit face à a dificulté et la résolut d'une manière digne d'éloges. Mon honorable ami demanda à ses parti. sans d'Ontario et à ses partisans de Québec d'abandonner une partie de leurs prétentions pour le bien commun, de les sacrifier sur l'autel de la patrie afin de s'unir dans une idée commune; ils l'écoute. rent, ils s’unirent, et le résultat à été comme l'a dit
l'honorable député de Rouville (M. Gigault), que la vor paix dont on n'avait pas joui depuis nombre d'années Lot
régna enfin dans le pays.
La question de l'exécution de Thomas Scott a éti longtemps une chose du passé: quels sont ceux main-
tenant qui veulent la ressusciter ? Ce sont les députés 14 de l’autre côté de cette chambre, c’est-à-dire ceux-là . mêmes qui devraient être ies derniers à en parler! Fee Monsieur l'Orateur, nous sommes un peuple nou-
veau, nous cherchons à pacifier et à unir les éléments e divers et opposés et opposés dont se compose cette l'ap nation nouvelle, Réussirons-nous si le seul lien avai d'union doit être par!
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UN ESPRIT DE VENGEANCE, Le
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s’il faut rechercher les causes de nos souffrances passées et nous les reprocher mutuellement ? Jeregrette
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que le gouvernement dans cette occasion n'ait pas trouvé un exemple à suivre dans l’une des pages de l'histoire de nos voisins.
Après la guerre civile, il y a eu des gens qui, lorsqu'ils eurent appris les atrocités commises dans la prison d’Andersonville et ailleurs, demandèrent que, si une amnistie était accordée, du moins ceux qui étaient coupables de ces cruautés fussent poursuivis en justice. Cependant, pas une goutte de sang ne fut répandue, aueun procès n'eut lieu et il est évident que cette façon d'agir a contribué à faire de la nation américaine la grande et puissante nation qu'elle est maintenant.
Je regreite aussi que le gouvernement n'ait pas détaché une autre teuille &e l'histoire du peuple ancricain. [1 y avait une raison—une .rande raison, à mon sens—pour l’engager à accorder, sinoi l’annistie, au moins une commutation de peine. Le 13 mai, le lendemain de la bataille de Batoche, le générai Middleton, commandant des forces canadiennes, éerivait ceci à Louis Riel:
Monsieur R1EL,
Je suis prêt à vous recevoir, vous et votre conseil, et à vous protéger jusqu'à ce que votre allaire aitété décidée par le ouvernement éanadien,
FRED. MibD£ETox.
Riel se rendit alors. Est-ce sur la foi de cette lettre, de cette invitation du général Middleton, qu'il sest rendu? [ne saurait y avoir là-dessus de meilleur témoin que le général Middleton lui-même :
Mai 15.—J'envoyai des partis d'hommes à caeval, sous les ordres du 1m: jor Boulton, pour battre les bois. Dans l'aprè smidi, deux éelaireurs — Armstrong et Hourie — qui ivaient été envoyés avec Boulton et qui s'étaient détachés du parti d'eux-mêmes, tombèrent sur Riel, qui se rendit en i:ur Dada une lettre, dans laquelle je le sommais de se rendre et lui promettais de le protéger jusqu'à ce que son affaire eût été prise en considération par le gouvernement canadien.
Monsieur, n'est-ce pas 1à la preuve que Riel s’est
FA
rendu sur la foi de la demande qui lui en était faite par le général Middleton ? S'il en est ainsi, alors je demanderai à tout homme juste et honorable si le gouvernement canadien était justifiable d'exécuter ensuite un homme qui s'était constitué leur prisonnier