‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 279 sur 571 · MAIS TOUT UN SYSTÈME ORGANISÉ · texte numérisé non relu

MAIS TOUT UN SYSTÈME ORGANISÉ

par le gouvernement par lequel la pupulation entière allait être chassée de ses terres, un à un. ‘T'elle est la nouvelle accusation que je furmule.

Vous entendez les ministres vous dire que pas un seul Métis n’a été dépossédé. Permettez-moi donc de signaler à votre attention l'extrait que vuici d’une lettre écrite par le P. André au Conseil du Nord-Ouest, en juin 1881 :

Je demande votre indulgence pour l'obligation dans laquelle je suis de vous faire connaître un grief personnel, qui cependant vous donnera une idée de l’état des affaires demandant un prompt remède. J'ai au Lac aux Canards un espace de terre d'environ vingt acres dont j'ai été en possession depuis deux ans. La terre était elôturée et en avait couté . beaucoup d'argent et avait toujours été respectée comme étant la pt0-

riété de ‘la mission catholique dans cette région. J'ai été

un des premiers colons sur ce point, et grâce à mes efforts la colonisation a augmenté rapidement, et personne ne m'a jamais contesté la possession légale de cette terre jusqu'au mois de mars dernier, quand un homme du nou de Kelley, s'empa. rant de mes droits et sans entendre mes protestations, réclama la terre comme lui appartenant, y bâtit une maison, s'empsrant aussi d’une partie de ma terre. Et ce n'est pas le seul exemple de ce genre au Lac.

Après tout, messieurs si ceci n’était qu’un cas fort ordinaire de lrespass- comme il peut en arriver dans tous les pays, il y aurait peu de chose à en dire; mais ici, il y a ceci de particulier, et je puis en donuer la preuve,—que ce lrespass était le fruit d’un système protégé par le gouvernement et que le gouvernement na.jamais voulu réprimer, en dépit des demandes répétées qu'on lui en a faites. L'origine de ce système remonte, à 1870, lors de l’annexion des Territoires au Canada, * Il y avait alors plusieurs établissements métis sur la Saskatchewan. Il y avait un établissement de Métis Ecussais à Prince-Albert et un établissement de Métis Français sur la branche sud, à Saint- Laurent. Ces Métis, d’origine différente, avaient pris leurs terres en cet endroit, ayant chacun trois où

-quatre cents acres. Ils avaient adopté une symétrie particulière pour leurs terres; les Métis Ecossais comme j les Métis Français avaient pris une largeur d'environ dix chaines de front sur la rivière et deux milles de profondeur. Quand le gouvernement prit possession

, dece pays, il se mit en frais de faire arpenter les m terres vierges. Il adonta le système d’arpentage ame me ricain, par sections de carrés parfaits mesurant qua- Le rante chaines sur toutes les faces. Je n'ai pas d moindre objection à ce genre d’arpentage. C'est indur- à! bitablement une méthode plus mathématique; mais vous admettrez avec moi que e’eût été une injustice ph que de l’appliquer aux ter:es déjà occupées par ces ect Métis. Aussi y eut-il une rébellion en 1869-70. L'une des principales causes était que les arpenteurs du v gouvernement, qui avaient reçu instruction d’arpenter d ;

les terres par sections carrées, poursuivirent leurs

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opérations, non seulement dans la prairie, —là il n’y avait pas la moindre objection,—mais jusque sur les terres habitées de la Rivicre Rouge et de l’Assiniboine. De 1à la rébellion, et lorsque cette rébellion eût été apaisée, il fut décidé que les terres occupées par les Métis seraient arpentées suivant leurs limites actuelles et que les titres seraient dressés en conséquence.. Plusieurs années ensuite, comme vous le savez, ils eurent un représentant du gouvernement daus le Nord-Ouest, et le premier, M. Laird, nommé lieutenant-gouverneur des Territoires par M. Mackenzie, atteignit cette contrée lointaine en 1877.

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