L'UN DE SES PREMIERS SOINS
fut de demander au gouvernement de faire arpenter les terres des Métis suivant leurs lignes d'occupation actuelle.
Mais, avant de vous faire connaitre l'opinion de M. Laird sur le sujet, permettez-moi de vous citer une requête adressée au gouvernement d'Ottawa en l'année 1877 par (George Mackay et environ cent cinquante Métis Ecossais de l’établissement de Prince- Albert. Voici ce qu’exposaient dans cette pétition George Mackay et ses copétitionnaires :
La pétition des soussignés, colons et habitants de Prince- Albert, dans les territoir s du Nord-Ouestdu Dominion, représente humblement :
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Vos pétitionnuires, en terminant, représentent humble. ment qu'une partie considérable des terres de cet établissement situé sur la Saskatchewan avaient, avant le transfert des territoires du Nord-Ouest au Dominion, ét occupées selon que c'était l'habitude à cette époque, c'est-à-dire cue chaque colon prenait une étroite lisière de terre, laqueiïle faisait front à la rivière et s'étendait à deux milles en arrière,
Que les maisons et autres améliorations qu'ont pu faire plusieurs des colons se trouvent sur les lots qu'ils ont ainsi cccupés,
C'est pourquoi vos pétitionnaires prient humblement Votre Excellence de vouloir bien, en donnant des instructions aux arpenteurs fédéraux, réserver aux anciens colons et pionniers de cet établissement les mêmes droits et privilèges qui ont été réservés aux anciens colons de la province de Manitoba.
Quelle était la portée de cette pétition? Ces Métis Ecossais expusaient qu’ils avaient pris leurs terres suivant la coutume du pays, c’est-à-dire par bandes étroites ayant front Sur la rivière, avec une profondeur de deux milles. Ils demandaient que le mode général d'arpentage adopté par le gouvernement ne fût pas appliqué sur leurs terres, mais qu’il y eût un arpenttage spécial, comme la chose avait été concédée au Manituba. Cette même année-là, M. Laird, alors gouverneur du Territoire, exprima la même opinion qu'eux daus une lettre qu’il écrivait à ce sujet au gouvernement. Voici la lettre de M. Laiïird, en date du 12 février 1877. Elle est adressée au ministre de l'Intérieur :
J'ai l'honneur de vous transmettre sous pli un extrait d'une lettre de M. James Walker, inspecteur de la police à cheval du Nord-Ouest à Battleford, touchant certaines disputes à propos de réclamations de terres à Prince-Albert et à Saint- Laurent, (C'est une question qui affecte matériellement la prospérité de ces établissements et d'autres établissements dans les Territoires. Ce serait, en conséquence, mon avis que les travaux du parti d'arpentage spécial fussent continués en la manière suivante et que l'on fixât d'avance des points qui permettraient la continuation de l'arpentage le long de a Saskatchewan, dans les endroits où il existe déjà et où il pourrait se former bientôt des établissements. Mon idée, c'est que, parent où il y a des établissements le long de la rivière, il va alloir concé‘ler un mode d'arpentage semblable à celui quia été adopté le long des rivières Rouge et Assiniboine. On devrait laisser aux colons leurs divisions de front sur la rivière et tirer les lignes en arrière assez loin pour donner à chacun une moyenne de 160 acres.
Le ministre de l'Intérieur était alors L'HONORABLE DAVID MILLS.
M. Mills fit droit à la pétition, à la demande si raison-
nable qui y était formulée, ainsi qu'aux remarques aussi si raisonnables faites par M. Laird, et le mémoire
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que je tiens dans ma main, portant la date du 14 mars 1877, constate que le changement demandé fut adopté pour tous les cas spéciaux :
Le programme tracé au parti d'arpentage spécial pourvoit à ce que l'ouvrage soit poursuivi durant la saison prochaine jusqu'a ce qu’on atteigne la rivière Saskatchewan dans le voiginage des principaux établissements sur cette rivière. On se propose, dans le cas où .les établissements se sont formés les long des rivières dans ce territoire, d'adapter l’arpentage aux fermes telles qu’elles existent, c'est-à-dire de donner (selon que c'est praticable), une moyenne de dix ou vingt chaines de front sur la rivière et d'étendre les lots en arrière de manière à donner 160 acres à chacun, les lignes entre les lots devant être, en règle générale, tirées de manière à concorder autant que possible aux lignes des sections régulières adjacentes.
Telle était donc la politique du gouvernement McKenzie. (Applaudissements.) Dans la prairie libre où les terres n'étaient pas occupées, il se servait du mode d'arpentage par sections dans la division du solf en lots de 40 chaînes de longueur sur 49 chaînes de largeur ; maïs partout où l’on trouvait des établissements de Métis, Ecossais ou Français, occupant leurs terres en sections étroites, la règle devait être de diviser les terres exactement suivant leurs limites d'occupation, et, je vous le demande, pouvait-il y- avoir quelque chose de plus raisonnable, de plus juste ? (Vifs applaudissements.)
Mais, comme vous le savez, il y eut un changement de gouvernement en 1878, et en même temps ne changement de gouvernement, je regrette de le dire,