‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 291 sur 571 · LA COIÈRE ET L'INDIGNATION · texte numérisé non relu

LA COIÈRE ET L'INDIGNATION

de ces pauvres gens quand ils s’aperçurent qu’on les avait odieusement trichés, si je puis employer cette expression. Cependant ils ne se révoitèrent pas et ne recoururent pas aux mesures violentes. Il s’assemblèrent paisiblement, comme vous êtes assemblés ici ce soir, délibérèrent sur leur position et décidèrent d'envoyer une délégation à Ottawa. Ils choisirent pour cette mission le Père Leduc et un homme du nom de Maloncy, lesquels furent reçus à Ottawa en mars 1883. Après beaucoup de difficultés, ils cirent plusieurs entrevues avec les ministres, qui leur p:omirent enfin de faire droit à leur demande et de faire diviser les terrains de la manière dont ils étaient occupés. Mais le Père Leduc voulait une promesse écrite, et non verbale. Pour l’ obtenir, il dut importuner et harceler les ministres jusqu’à ce qu’enfin le ministre de l'Intérieur d’alors, Sir David Macpherson, lui eût donné une promesse écrite où on reconnaissait les droits que les Métis réclamaient dans leur pétition. Ce document comportait qu’un arpentage spécial serait accordé et ‘ que les terrains occupés ou possédés avant l’annexion des Territoires du Nord-Ouest au Dominion seraient reconnus par le gouvernement. ” [est inutile de citer ce document plus au long, en voilà assez. Le Père Leduc s’en retourna sur les bords de la Saskatchewan, emportant avec lui cette promesse faite par le ministre de l'Intérieur, il se rendit aux Fourches, 1à où les deux branches de la rivière se

joignent, et parcourut l’un après l’autre tous les établissements pour apprendre aux colons qu'enfin on avait prêté l'oreille à leur demandetet qu’ils auraient un nouvel arpentage.

Laissez-moi vous dire de suite que nous n'avons pu retrouver ce document parmiceux produits par le gouvernement, Le gouvernement tenait ce document caché et les informations qu’il contenait, mais nous nous eûmes la bonne fortune de mettre la main dessus, et M. Blake en fit la lecture à la Chambre des Comunes, et déclara qu'il avait été signé par un ministre du gouvernement. Le gouvernement ne contredit jamais cette déclaration ; bien plus il n’y répondit jamais. (Mouvement.)

J'ai dit, monsieur. que le Père Leduc, fort de cette promesse, avait dit aux habitants dela Saskatchewan: “Nous aurons enfin justice ; un nouvel arpentage sera sait.” Que s'en suivit-il de cette promesse ? La promesse solennelle, donnée sous la signature d'un ministre de la couronne,

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