‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 321 sur 571 · DEPUIS LES TRAGIQUES ÉVÉNEMENTS · texte numérisé non relu

DEPUIS LES TRAGIQUES ÉVÉNEMENTS

qui ont ensanglanté le Nord-Ouest.

Une certaine presse dans la province d'Ontario s'étudie, avec un zèle digne d’une meilleure cause, à séparer les catholiques des protestants, et je regrette de dire que dans notre province, souvent ces attaques sont repoussées par des moyens aussi condamnables, Les appels aux préjugés, qu’ils viennent des tann) À catholiques de Québec, ou des protestants de la province d'Ontariv, sont également regrettables. Pour app ma part, j’ai autant d’aversion pour celui qui, dansla tout, province de Québec, fait appel aux préjugés des but « catholiques, que pour ceiui qui, dans la province de 5 d'Ontario, fait appel aux préjugés des protetiants différ (Applaudissements.) tions Le vrai patriote, messieurs, ne connaît pas la sujet: flatterie, il ne connaît que la justice ; le vrai patriote lya tient toujours le même langage, soit qu’il s'adresse puis aux protestants d'Ontario, soit qu’il s'adresse aux dée ? catholiques de la province de Québec ; le vrai patriote de la n’a qu’une seule mesure, c’est la justice, justice à qui la cor justice est dûe. (Applaudissements.) vince N'est-ce pas là ce qui a été le caractère particulier verne de la carrière politique de l’hnorable Edward Blake? une re Jamais M. Blake, ni pour la possession du pouvoir. Mais | ni pour aucun autre motif, n’a fait appel aux préjugés; Ecusse s’il avait un défaut, c'était le défaut des grandes âmes portez et des grands caractères ; non, n’appelons pas cela un nurd, ment (

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défaut, mais une qualité souveraine, c'était la qualité dominante de sa nature :

LA CAUSE DES FAIBLES EÏ DES OPPRIMÉS l'attirait en quelque sorte instinctivement (applaudissements). Quel est l’iomme de notre race qui a défendu avec plus d'énergie et de vigueur que l'hon. M. blaxe, la cause des Métis, poussés à la révolte et au cime par l'injustice d’uu gouvernement pervers ?

Quel est l'enfant de l’irlande sur ce continent qui a défendu avec plus d’éloquence et avec plus de raisun la cause de ce pays iniortuné ?

Canadiens-Français, je vous demande une chose, c'est que, tout en vous souvenant que mui, Canaudieu- Français, j'ai été élu chef du parti libéral du Canada, vous ne perdiez pas de vue que les limites de notre patrie ne sont pas confinées à la province de Québec, mais qu'elles s'étendent à tout le territoire du Canada, et que là c’est notre patrie uù fotte le drapeau britannique en Amérique.

Je vous demande de vous en souvenir pour vous rappeler que votre devoir est simplement, et avant tout, d’être Canadiens. Etre Canadiens! c'était Ià le but de la confédération ; la confédération, dans Pesprit de ses auteurs, avait pour but de rapprocher les différentes races, d’adoucir les aspérités de leurs relations mutuelles, de rapprocher les groupes épars de sujets britanniques. Voilà quel était le programme, ily a vingt ans. Les divisions sont-elles finies? Depuis vingt ans, la famille canadienne a-t-elle été fon. dée? La vérité, c’est qu'après vingt années du régime de la confédératiun, les provinces maritimes subissent la confédération, mais ne la chérissent pas. La proviuce du Manitoba est en pleine révolte contre le gouverneinent de la confédération, messieurs, non pas une révolte à main armée comine la révolte des Métis, mais une révolte légale. La province de la Nouvelle- Ecosse demande à se séparer de la Confédération. Et portez vos regards à l'est et à l’ouest, au sud et au nur, partout le sentiment dominant est ‘un sentiment de malaise,

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