NCURRENCE DES CHEMINS DE FER
Je signale à à l’attention detous ceux qui blâment les Métis d’avoir eu recours aux armes, la situation actuelle dans le Manitoba.
Le peuple du Manitoba, il est vrai, ne prend pas les armes, mais le peuple du Manitoba, à l'heure qu’il est, viole ouvertement la loi du pays, puisque la loi du pays, aujourd’hui, telle qu’elle est définie par la constitution, est que le peuple du Manitoba, de par h volonté et l'autorité du gouvernement du Canada, n'a pas le droit de construire des chemins de fer, et pendant, à l’heure qu il est, la province est à en construire un. Si ce n’est pas une révolte, qu est-ce que c est donc ? Comment ! messieurs, si ce n’est pas là une révolte, je demande que l’on me dise ce que c'est ; et après tout, qui voudrait blâmer le peuple du Manitoba ? Le gouvernement même quia voulu contrôler le peuple du Manitoba, le gouvernement qui & voulu lui imposer sa tyrannie, est obligé de fléchir et dereculer. Pourquoi? Parce qu’il sait. que le peuple du Manitoba saurait prendre les moyens nécessaires et efficaces pour se défendre.
Ce droit de désaveu que le gouvernement a sur ls législatures provinciales est le même que celui que le gouvernement britannique possèdesur la légishtion canadienne. Cest-à- dire que le gouvernemant britannique a sur le gouvernement du Canada les mêmes droits que le gouvernement du Canada a sur les législatures provinciales. C'est-à-dire que le goupren britannique a le pouvoir de désavouer et
l'annuler les lois passées par le gouvernement du Cds. Mais voici bientôt vingt ans que la Confédération existe, et je n ai pas mémoire, —et ma mémoire est assez fidèle ,—je n'ai pas mémoire que jamais le gouvernement britannique ait désavoué une seule loi du Canada pendant ces vingt années. Je fais erreur ;ie me rappelle en effet que le gouvernement iitanniqne a désavoué une loi passée par le Canada, mais c'était une loi... hâtons-nous de le dire, c'était ie loi qui avait été passée par le parlement du Canada
898 DISCOURS DR SURESNES RMI RC HET LR AEE L'ACTU
pour permettre au comité chargé en 1873 de s'enquérir du scandale du Pacifique, d'interroger les témoins sous serment. Cette loi a été désavouée par le gouverne. ment britannique