‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 363 sur 571 · DE 500,000 À 1 MILLION · texte numérisé non relu

DE 500,000 À 1 MILLION

Je ne dis pas cela pour récriminer, mais seulement pour faire voir que le mal ne date pas d'hier, qu'il épuise l'énergie nationale et qu'il faut à tout prix trouver un remède.

J'ai dit, monsieur l'Orateur, que le sentiment dominant dans le pays est un sentiment de mécontentement. La cause de cet état d'esprit est double: elle est en même temps d'ordre politique et d'ordre économique. Au point de vue politique, on ne saurait douter d’une chose: c’est que le mécontentement

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qui prévaut dans les esprits est dû pour une bonne partie à la manière dont la Confédération a été imposte à certaines sections du pays, et aussi à l’abus qu'on a fait du régime fédératif, s’en servant comme d'un instrument pour créer des embarras et du tracas À certaines autres sections du pays. Un fait qu’on ne peut nier, c’est qu'il y a à l’Est du Dominion toute une province qui à été entraînée de force, contre son gré, dans la Confédération, et qu'après vingt ans, la trace de ses fers est encore aussi visible qu'au preuierjour. Un autre fait qu’on ne niera pas non plus, cest qu'il v à dans l'Ouest tout un pays où la constiution à été violée, torturée, pour imposer au peuple, injustement, tyranniquement, le joug exécré d’un moowpole monstrueux, et qu’on a ainsi créé dans les æprits une surexcitation qui aurait pu avoir les plus ftales conséquences si, heureusement, le gouvernenent, agissant comme il a fait hier sur 14 question de entrée en franchise d’importations américaines, n'avait pas brusquement changé de politique et capiulé. Un autre fait non moins indéniable, c’est que, dans la province d’où je viens, toute une série d’attentats de la part du gouvernement fédéral contre l’autoomie politique de la province a rempli les esprits de défiance et de déception. Autre vérité indiscutable et qui s'impose: si notre pays était aussi prospère qu’il devrait l’être, ou même autant qu’on voudrait le faire croire, le inécontentement aurait été en bonne partie dissipé; car il est rare que des causes politiques produisent des griefs durables et sérieux, à moins qu’ils n'affectent en mal les conditions économiques d’un pays. Si notre prospérité était telle qu’on la représente, si la Nouvelle- Ecosse en particulier avait trouvé dans la Confédération la prospérité qu'on lui avait promise, il y a lungtemps que cette province se serait réconciliée au régime fédératif. Si le Manitoba avait continué à jouir dela prospérité qui a marqué ses débuts, cette province serait aujourd'hui aussi heureuse (le faire partie du Dominion qu'elle l'était il y a Œx ans. Mais peut-on se le dissimuler ? tous nos efforts en ce sens ont été inutiles. Le succès n’a ja-

mais été à la hauteur de nos espérances, pourquoi? Pourquoi? sinon parce que nous n'avons

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