‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 378 sur 571 · UN MARCHÉ A SA PORTE · texte numérisé non relu

UN MARCHÉ A SA PORTE

pour vendre ses produiis. Le chef de l'opposition d'alors disait dans le discours qu’il fit à Parkdale en juillet 1878:

En ayant toutes sortes d'industries, nous aurons un pays prospère ; grâce à ces industries, les enfants du pays n'iront plus à l'étranger pour l’enrichir par leur travail et leur industrie. Ils échangeraient les fruits ae leur labeur contre ceux du sol, les villes se multiplieraient, et non-seulement nous ferions un grand commerce de produits comme le blé, la farine, le bétail, mais nous iournirions encore au marché le fromage,

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le beurre, les œufs, les légumes et antres menus nroduits de Ia ferme. Comment se fait-il que les terres dans le voisinage des villages ont plus de valeur que celles qui en sont éloignées, que les terrains situés près des villes sont plus estimés que ceux qui entourent les villages, que les terrains contigus aux cités se vendent mieux que ceux silués près des villes? Les terrains autour de Toronto ne valent pas, an point de vue agricole, ceux situés à 30 ou 40,40 de la ville, et cependant ils soit plus recherchés. La raison en est que les cultivateurs placés autour de Toronto ont un marché pour leurs produits, et ne sont pas obligés de s'éloigner pour les vendre, Plus le œltivateur est proche du marché, plus il peut vendre ses produits à bas prix, et cette seule raison suffit pour montrer combien dépendent l’un de l’autre le journalier, le manufacturier et le cultivateur.

En autant que ce raisonnement tend à prouver que l'adoption du tarif protecteur développerait de grandes industries manufacturières, il est captieux et faux, mais si l'honorable monsieur a voulu dire qu'une grande population ouvrière est le meilleur marché pour les produits agricoles, je suis d’accord avec lui, L’Angleterre aujourd’hui consomme non seulement ses propres produits agricoles, mais absorbe encore ceux de plusieurs autres pays. La Nouvelle- Angleterre est beaucoup dans la même position. Elle dépense non seulement ce qu’elle produit elle-même, mais absorbe encore lagriculture de plusieurs états voisins, et malgré que le cultivateur canadien ait à pese un droit fort élevé à la frontière, il importe eaucoup de ses produits. Maïs la prédiction de l’honorable monsieur ne s’est pas vérifiée. Le pays n’a jamais été inondé par la classe manufacturière. L’émigration n’a pas été arrêtée. Bien des rêves se sont dissipés, bien des rêves

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