ATION UNIQUE EN CE PAYS
c'est encore notre espoir aujourd’hui.
Quelques députés :—Eevutez, écoutez!
M. Laurier :—Je salue avec joie ce sentiment, avec une joie sans borne et d’autant plus grande qu’elle était tout à fait imprévue. Je croyais,;d’après les discours des honorables messieurs de l’autre côté de cette chambre, qu’ils espéraient que ce pays demeurerait à jamais une colonie. Je vois maintenant qu’ils ont des aspirations plus élevées, et je leur en donne crédit. Les colonies sont destinées à devenir des nations comme l'enfant est destiné à devenir homme. Personne, pas même de l’autre côté, n’affirmera que ce pays qui comptera un jour une population plus nom-
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breuse que celle de la Grande-Bretagne elle-même, doive s’en tenir éternellement aux présentes relations politiques avec l'Angleterre. Le jour n’est je éloigné où les relations actuelles entre la Grande-Bretagne et le Canada devront se resserrer ou cesser entièrement. Pour ma part, je ne veux pas aller plus loin sur ce terrain à présent ; mais je dis simplement que, si jamais, à l'heure qu’il voudra, le Canada désire, pour me servir de l’expression de lord Palmerston, se suffire à lui-même, la séparation 8e fera non seulement pacifiquement, mais amicalement et avec attendrissement, comme le fils quitte la maison paternelle pour fonder à son tour une famille. Mais ce n’est pas là la question du moment. Aujourd’hui nuus avons à résoudre un grand problême: procurer les meilleurs moyens de développer et d'agrandir la champ de notre commerce de manière à donner à nos industries actives l'espace qu’elles demandent pour prospérer et 8e développer. Voilà notre devoir à l’heure présente; voilà la tâche qui nous est imposée et que nous devons remplir. Nous, de ce côté de la Chambre, croyons que la motion de mon honorable ami le député de South-
Oxford (sir Richard Cartwright) résout la ques-
tion; nous croyons que la solution du problême,
c’est la réciprocité illimitée avec la grande nation au sud de nous.
J’apprécie à sa juste valeur l’objection de nos amis de l’autre côté de la chambre qui disent que notre conduite n’est pas généreuse envers l’Angleterre. Ma réponse sera bien simple. Je désire seulement que nous puissions faire à l'Angleterre les mêmes propositions que nous faisons aujourd’hui au peuple américain. L’Angleterre nous a ouvert ses portes. Ces messieurs de l’autre côté de la chambre ont