‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 403 sur 571 · FERMÉ NOS PORTES A L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

FERMÉ NOS PORTES A L'ANGLETERRE

Ils l’ont fait, je le sais, non pas dans un esprit d’hostilité envers l'Angleterre, mais parce qu’ils pensaient agir dans l'intérêt de ce pays. Ils ont adopté la protection comme leur politique. L’Angleterre a

pour politique le libre-échange. L’Angleterre est à 3,000 milles de nous. La politique des Etats-Unis est une politique de protection. Ils sont nos plus proches voisins. Là sont les débouchés dont a besoin notre commerce. Par conséquent, nous n'avons pas à choisir la conduite que nous devons tenir, elle nous est dictée par le simple bon sens.

J’apprécie également à sa juste valeur l’objection de ceux qui prétendent que ce changement sera le signal de toute une série d’autres qui devront se terminer par l’annexion. Monsieur, je concède à l’instant que cette objection a une certaine force, si vous ne la considérez que superficiellement. Mais c’est une erreur capitale en matière politique que de croire que les événements se moulent uniformément sur leurs causes. Il est bien vrai que l’histoire se répète, mais l’histoire ne se répète pas toujours absolument dans les mêmes termes. Il est bien vrai que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, mais ces effets sont toujours modifiés par une variété de circonstances concomitantes. Qui, par exemple, il y a cinquante ans, se serait douté que de la concession du gouvernement responsable résulterait une union bien plus intime entre l’Angleterre et le Canada, ce qui est pourtant arrivé? , Tous les prophètes du temps prédisaient que de cette concession résulterait une désunion complète entre le Canada et l'Angleterre, mais tous ces oracles ont dit faux. Les deux pays n’en ont été que

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