‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 415 sur 571 · NOUS N'AVONS PAS ATTEINT LA PROSPÉRITÉ · texte numérisé non relu

NOUS N'AVONS PAS ATTEINT LA PROSPÉRITÉ

but de nos efforts? Je sais que c’est une chose que la presse ministérielle n’admettra pas: je n’attends d'elle aucune admission, mais je demanderai aux conservateurs qui me font l'honneur de m'écouter dans le moment leur opinion sur la question. La presse conservatrice affirme que nous sommes un peuple très prospère, mais elle raisonne sur ce point comme sir John Falstaff: elle prend les sentiments pour les faits. (Rires.)

Sir John Falstaff s'était vanté que le prince Iui devait mille livres ; mais, pris à partie par le prince, qui lui demande: ‘ Est-ce que je vous dois mille livres ?”—5 Kitu me dois mille livres? Tu me dois la vie et l'amour, et la vie et l'amour valent un million.” (Rires) C'est ainsi que la presse conservatrice raison * Quand nous lui disons que nous ne sommes pas prospères, elle nous répond: ‘ Nous faisons partie du plus grand empire du monde.” (Nouvelle hilarité.) Certes. cela est bien vrai. mais aussi il est également vrai que nous n'avons pas obtenu, sous cet empire, la part de prospérité qui nous était dûe sur ce grand continent. (Applaudissements.)

Mais, monsieur, il v a un moyen parfaitement sûr qu'on peut employer chaque fois qu'on veut s'assurer si une nation est aussi prospère qu’elle devrait l'être. La propriété foncière est dans notre civilisation un criterium assez exact de la prospérité publique. Si cette valeur monte, il y a augmentation de prospérité ; si elle baisse, il y a quelque chose qui va mal quelque part. Je ne crains pas d’aflirmer,—et l'on ne contestera pas facilement cette affirmation.-que dans le Dominion, en dehors des grands centres créés par les chemins de fer, la valeur de la propriété foncière durant ces huit dernières années ne s'est pas élevée ; même, dans beaucoup d’endroits, elle a baissé. Je ne sais pas quelle est cette valeur dans le comté de Halton, mais je puis dire, quant À la province d'où je viens, qu'il n'y a pas une seule ferme dans Québec

pour laquelle on donnerait le prix qu’on donnait il y a huit ans. J’invite tous les conservateurs ici présents à réfléchir là-dessus.

La cause du mal est facile à trouver ; il n’est pas nécessaire de la chercher bien longtemps. Qu'est-ce qui donne de la valeur à la propriété dans les centres créés par les chemins de fer? C’est qu’à notre époque la population est obligée de se grouper dans ces centres. Qu'est-ce qui donne de la valeur à la propriété partout? c’est la population. Montrez-moi un pays où la population est dense, et je vous dirai à coup sûr: Voilà un pays où la propriété à de la valeur. Où en est notre population sous ce rapport ? [I «e fait chez nous

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