ATTACHÉ A LA LANGUE DE MES ANCÊTRES
(Nouvelles marques d'approbation.)
Il est vrai qu’il se trouve parmi vous des gens qui disent qu'il est dangereux pour la Confédération de laisser parler la langue française dans notre grand pays. Eh bien, monsieur le président, je suis Canadien-français : j'ai été élevé sur les genoux d’une mère française: mes premiers souvenirs sont de ceux qu'aueun homme n'oublie; va-t-un me refuser le privilège de parler cette même langue à ceux qui me sont chers? Ne pourrai-je continuer de parler le francais, la langue qui n'a été parlée aux jours de mon enfance? Jen’ignore pas, monsieur le président, que c’est un grand désavantage pour un Canadien-Francuis que de ne pas parler l'anglais. J'apprends que mon ami M. Ross va contraindre tous Jes écoliers de cette province à apprendre l’anglais, et il va rendre un grand service à tous les enfants du pays. (Applaudissements.) Mais je pense Que M. Ross ne voudra empêcher personne de parler sa langue maternelle quand il le voudra. Je ne demande que le privilège de parler le langage de mon foyer quand il me plaît de le parler. Mais les habitants de ce continent qui parlent le francais se trouvent dans une condition de grande infériorité, et, s'ils sont tenus d'apprendre à parler l’anglais, la conséquence sera qu'ils parleront deux langues et que