UNE LACHE CONCESSION DE POLITICIENS
pour capter le vote français. Je ne serais pas juste envers l'honorable député si je ne citais ici ses propres paroles. Les voici :
Le parlement de 1840 fit tout ce qui dépendit de lui pour réparer le mal fait en 1774; mais, messieurs, peu de temps après, nos politiciens défirent toute son œuvre.
Qu'on remarque le suprême dédain contenu dans ces mots: “nos politiciens. ? * Mais l'honorable député touche à une curde bien sensible en parlant des ‘ politiciens, ?” car qu’a-t-il été pendant un temps lui-même, sinon un politicien ? Il est vrai qu’il a informéson auditoire qu’il n’appartenait plus à cette classe.
M. Mills (Bothwell) :—Il est passé homme d'Etat.
M. Laurier:—Non. L’honorable député est trop modeste pour avoir dit cela, mais il a laissé entendre que les grands politiques de nos jours devaient s’efforcer de réparer le grand tort fait à ce pays, pour des motifs aussi vils, par ces petits politiqueurs : Bald win, Lafontaine, sir Allan MacNab et Morin.
L'honorable député s’est dit fier d’appuyersa manière de voir sur celle de lord Durham, et il était fier et
parler de lord Durham comme du plus libéral des libéraux. Ilest vrai que lord Durham était libéral, maisje vais démontrer que, tout en étant un ami de la liberté l’un des hommes d’Etat les plus avancés de son temps, il ne connaissait pas la valeur des institutions libres, et que, quelle que fût la largeur de ses vues, il n’était pas un homme d'Etat d’une pénétration aussi grande