QUE NOTRE ROBERT BALDWIN
ni même un vrai libéral comme lui. L'autre jour mon honorable ami a rappelé la fameuse peinture qu’a faite lord Durham, dans un langage saisissant, de la situation du Bas-Canada dans l’été de 1838. Ils’ était attendu, disait ce dernier, àtrouver ici un conflit entre le
gouvernement et le peuple, mais il avait trouvé deux peuples se combattant au sein d’un même Etat; il avait trouvé une lutte, non de principes, mais de
races. Ce langage est parfaitement juste. On ne peut douter aujourd’ hui que le mouvement dont l'issue a été la rébellion de 1837-38 au Bas-C Canada, n’eût dégénéré, lorsqu'il en fut rendu à sa période aigüe, en une guer re de races. Mon honorable ami ne nous à pas dit la cause qui avait provoqué cette guerre de races, mais lord Durham nous l’a dit, et mon honorable ami aurait pu citer ses paroles avec profit. C’est le conflit entre l’Assemblée législative et un gouvernement irresponsable qui en était la cause. Depuis près de cinquante ans, l’Assemblée législative passait des lois qui étaient considérées essentielles, absolument essentielles au bien du pays, en même temps qu’à l’existence de l’Assemblée législative elle-même comme corps ; et autant de fois une de ces lois était-elle passée, autant de fois elle était foulée aux pieds par un gouvernement irr esponsable. L'Assemblée était entièrement française ; l'exécutif était presqu’entièrement anglais, et ses membres étaient recrutés par le bureau des colonies parmi ses créatures. Comme il faut s’y attendre en pareil cas, toute la population française faisait cause commune avec l’Assemblée, tandis que presque toute la population anglaise se rangeait du côté de l'exécutif. Très peu, probablement, se préoccupaient de savoir de quel côté était la raison ou le turt; maïs, si vous voulez savoir de quel côté était le droit dans cette lutte, je ne puis faire mieux que de m'en rapporter