‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 547 sur 571 · AU TÉMOIGNAGE DE LORD DURHAM LUI-MÊME · texte numérisé non relu

AU TÉMOIGNAGE DE LORD DURHAM LUI-MÊME

tel qu’il est énoncé dans son rapport. Or, voici ce que disait lord Durham :

Aussi, du commencement à la fin de toutes ces difficultés qui ont marqué l’histoire parlementaire du Bas-Canada, je con sidère que la conduite de l'Assemblée a été une lutte contianuelle avec l'exécutif, dans le but d'obtenir les pouvoirs que doit posséder un corps représentatif de la nature même du gouvernement représentatif.

Ainsi, vous avez là l’admission que, s’il y a eu rébellion, elle a été provoquée chez les Canadiensfrançais du temps par l’action de l'exécutif qui avait refusé de donner à l’Assemblée législative les pouvoirs naturels d’un corps législatif, Nonobstant cette opinion, il est vrai, lurd Durham, a dit qu’on ne pouvait se fonder sur la loyauté des Canadiens-français, et qu’à l'avenir le Bas-Canada devait être gouverné par l'élément anglais; et le mode qu’il suggéra fut l’union des deux Canadas, avec cette condition que la population anglaise aurait une forte majorité numérique dans la Chambre. Les raisons qu’il donne pour justifier cette conclusion sont formulées en termes très expressifs dans les lignes suivantes :

Jamuis la génération canadienne-française actuelle ne se

pliera à une soumission loyale au gouvernement britanni-

que.

Je disais tout à l’heure que lord Durham ne connaissait pas toute la puissance des institutions représentatives libres, et qu’à cet égard notre Baldwin était un plus grand homme d'Etat que lord Durham. Lord Durham n'avait pu concevoir, n'avait pas eu l’idée qu’en accordant tous leurs privilèges aux Canadiensfronçais, ou en ferait par la même de loyaux sujets, qu'ils n'auraient plus besoin d’être gouvernés par une majorité anglaise, que la division ne se ferait plus au point de vue des races, mais à ce point de vue plus large qui pousse les uns à marcher en avant, les autres à s'attacher au passe.

M. Baldwin comprit,lui,—et il fut le premier à le suggérer,—qu'il fallait rendre aux Canadiens-français l’usage de leur langue, et qu'ils devaient être

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