‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 548 sur 571 · TRAITÉS COMME LES ÉGAUX · texte numérisé non relu

TRAITÉS COMME LES ÉGAUX

de leurs concitoyens d’origine anglaise. C’était là une pensée d'homme d’Etat.elle fut adoptée à l'unanimité ; et je demande, en face de ce qui est arrivé depuis,

quel est le plus grand homme d'Etat, de lord

urham ou de M. Baldwin. Lord Durham disait que la génération canadienne - française de son temps ne se soumettrait jamais À un gouvernement anglais. A cette époque même, vivait un jeune homme qui avait été exilé de son pays natal, parce que quelques mois auparavant il s'était mis en révolte et avait pris les armes, et le gouvernement anglais avait mis sa tête à prix. Il n’y a pas de doute que, s’il avait été capturé, il n’eût eu le sort de ceux qui ont payé sur l’échafaud le crime d’avoir trop aimé leur pays, sinon avec sagesse. Grâce à la politique introduite en 1845, ce jeune homme devint député au Parlement, on en fit le chef du parti conservateur et il est mort baronct du royaume. Et, monsieur, cela se passait en 1838, à la même époque où lord Durham écrivait que jamais la génération canadienne-française d'alors ne se plierait à une soumission loyale à un gouvernement anglais.

Maintenant, mon honorable ami de Simcoe nous demande de revenir à cette politique. Viendra-t-on nous dire aujourd’hui, ou y a-t-il quelqu'un aujourd’hui qui croira que la politique introduite par M. Baldwin n’a pas fait le Canada ce qu'il est ? a-t-il un homme vivant en ce pays, surtout s’il appartient au parti libéral, qui voudrait renier aujourd’hui la politique inaugurée par son chef il y a quarante ans ? Non, monsieur, il n’y a pas un seul homme en ce pays aujourd’hui qui ne doive se sentir fier de la politique sage et éclairée qui a été inaugurée en cette occasion.

Je w’ignore pas, ni ne veux atténuer le danger qui existe pour le Canada par le fait de

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