‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 549 sur 571 · LA DUALITÉ DES LANGUES · texte numérisé non relu

LA DUALITÉ DES LANGUES

et de la dualité desraces. Mais le fait existe, et l’ostracisme sous quelque forme qu’il soit, au lieu de détourner le danger, ne fera simplement que l’aggraver, en forçant une partie de notre population de prendre en haine les institutiuns suus lesquelles elle vit;—il

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l’aggraverait parce qu’il amènerait une partie de notre popuiation en conflit avec la ce Na qui abuserait alors de la force brutale du nornbre. 1l me semble que l'honorable monsieur (M. :!Carthy}) doit comprendre maintenant, toute in faiblesse et l’infériorité de la politique dont il se fait actuellement le champion. Toute politique qui fait appel #— une classe, À une croyance, À une race, vu qui ne s'adresse pas aux meilleurs instincts qui se trouvent chez toutes les classes, toutes les croyances et toutes les races, est marqué du sceau de l’infériorité. Le Canadien-français qui demande à ses compatriotes de se grouper et de s’isoler du reste du continent; l’Anglo-canadien qui, comme mon honorable ami, fait appel aux sentiments particuliers à ses compatriotes, peuvent, peut-être, se gagner l’approbation de ceux auxquels ils s'adressent, mais l’histoire impartiable dénoncera leur œuvre comme vicieuse dans sa conceptivn, et malfaisante et perverse dans ses tendances. Nous sommes ici une nation, et avec quoi voulonsnous former une nation? avecles éléments les plus hétérogènes, —protestants et catholiques, Anglais, Français, Allemands, Irlandais, chacun, qu’on ne l’oublie pas, apportant ici ses préjugés avec ses traditions. Dans chacun de ces éléments antagonistes, cepens dant, il existe un sentiment de patriotisme commun, et la seule vraie politique est celle qui sait ce qu’il faut dire à chacun et sait trouver le sentiment qui fera vibrer tous les cœurs vers un but commun et des aspirations communes. On me demandera peut-être alors ; Mais quel doit être l’avenir du Canada? L'avenir du Canada, le voici: c’est d’être terre britannique. Je ne partage pas les rêves ou les illusions de quelques-uns de mes compatriotes d’origine francaise qui nous parlent de former une nation francaise sur les bords du Saint-Laurent; et je dirais à mon honorable ami de Simcoe, s’il était ici, que ces rêves ne doivent

as troubler son sommeil. Ceux qui partagent ces illusions sont très peu nombreux: ou peut les compter sur ses doigts; et je ne connais qu’un seul journal qui les ait jamais formulés. Cependant, lorsque je dis que

ce pays doit rester terre britannique, il ne s’en suit pas du tout qu'il faut qu’il n’y ait qu’une seule langue— la langue anglaise--parlée en ce pays. Je prétends étre aussi loyal que l'honorable député aux institutions de ce pays, jesuis le fils d'une mère francaise, et je déclare que je tiens aussi profondément à la langue que j'ai apyuse sur ses genoux qu’à la vie qu'elle m'a donnée. J'en appelle ici à tout homme d’origine

anglaise, à tout homme de cette race chez qui les affections domestiques sont si fortes ; et je suis convaincu qu'au fond du cœur chacun d'eux me répondra que, dans notre position,

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