IL FERAIT ABSOLUMENT COMME NOUS
L'honorable député me répliquera sans doute par cet argument sec et froid qu'après tout, la dualité des races produit des froissements, et que ces froissements amènent le danger. Mais où est le remède ? Mon honorabie ami de Bruce-Nord (M. MCNeill)—qui, comme tant d’autres excellents hommes, prêche mieux qu’il ne pratique—nous a indiqué le vrai remède l’autre jour. Le vrai remède, dit-il, c’est la tolérance et le respect mutuels. Je suis d'accord sur ce oint avec mon honorable ami de Bruce-Nord. Mais il a insisté dans son discours sur le fait que le: concessions ne devaient pas venir d’un seul côté. Monsieur, ne viennent-elles donc que d’un seul côté? Tout ce dont il peut se plaindre consiste en quelques expressions fort imprudentes, je l’admets, tombées des lèvres de quelques députés dans la chaleur du débat. Eh bien, je suis sûr que dès que ces expressions seront expliquées et examinées de près, le malentendu cessera aussitôt.
L'année dernière, les journaux d’Ontario étaient remplis de citations des paroles que mon honorable ami de Bellechasse (M. Amyot) a prononcées lors de la célébration de la Saint-Jean-Baptiste de l’an dernier ; or, quand celui-ci a eu l’occasion, il y a quelques jours, de s’expliquer, il l’a fait d’une façon tellement satisfaigante que mon honorable ami de Bruce-Nord
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voulait à tout prix, séance tenante, en faire un membre de la Ligue de la fédération impériale, Si l’on faisait subir la même opération à tout ce qui peut se dire, je ne désespérerais pas de voir mon honorable ami de Bruce-Nord inscrire M, Mercier lui-même comme membre de la Ligue de la fédération impériale, Voilà cependant tout ce dont, d’après lui, ses compatriotes d’origine anglaise—qui sont aussi les miens—ont à se plaindre.
Mais les Canadiens-Français en ont aussi à endurer, et je vais tâcher de lui dire en quoi cela consiste. Ce à quoi nous nous objectons, c’est l’intrusion de certaines gens d’Ontario dans les affaires politiques de notre province; ce à quoije m'objecte pour un, c'est à cette manie qu'ont certaines gens par trop zélés et trop charitables d’Ontario de s’apitoyer sur le sort et l’ilotisme de ces pauvres Canadiens-français.
L'autre jour encore, mon honorable ami le député de Norfolk-Nord déplorait le manque absolu de progrès dans la province de Québec, il citait comme exemple que, dans cette province,