‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 9 sur 571 · DEVENU CHEF DU PARTI LIBÉRAL · texte numérisé non relu

DEVENU CHEF DU PARTI LIBÉRAL

Peu degens peut-être, en dehors du parti libéral parlementaire, savent combien M. Laurier a lutté contre la proposition de l’élever au poste de chef du partilibéral. Il ne convoite pas les honneurs. Il ne s'est jamais adressé à qui que ce soit pour obtenir des emplois, des avantages vu des préférences. Il possédait la confiance de ses amis, une place honorable dans leurs conseils, il vivait suivant ses goûts et ses moyens. Il ne voulait pas envisager sérieusement la proposition qu’on lui faisait de changer tout celu, de dépasser la limite de son ambition,de se consacrer entièrement à la politique et d’accumuler sur ses épaules les fardeaux et les responsabilités qui avaient brisé Alexander McKenzie dans la force de l’âge, qui avaient terrassé la forte constitution et l'intelligence d'élite d'Edward Blake. M. Laurier connaissait les services rendus au Canada par M. McKenzie et M. Blake—car ils n’eurent pas de plus loyal partisan que lui.—La présence même de M. Blake, sa voix magnifique retentissant encore dans la Chambre des Communes, l’enthousiasme pour les ressources merveilleuses du grand chef cumme tacticien parlementaire, encore vivace dans le cœur de ses partisans—car nulle part M. Blake n'était plus maître de son parti que dans l’arène parlementaire :—M. Laurier voyait tout cela. On peut facilement comprendre que M. Laurier ait repoussé, comme ne méritant pas un moment de considération, l’idée qu’il pouvait occuper le poste de chef que ses amis le priaient d'accepter. Mais la demande

INTRODUCTION

fut réitérée avec une persistance et une unanimité toujours croissantes, et M. Laurier céda, mais avec l'espoir qu’on ne lui demanderait qu'un service temporaire dans la haute position à laquelle il n'avait jamais aspiré, et qui n’était pas le véritable but de son cœur et de son ambition.

Peut-être M. Laurier n’était-il pas seul dansla conviction que son élévation au poste de chef n'était qu'une expérience qui pouvait fort bien ne pas être un succès. Mais longtemps avant qu’il eût complété sa première session comme successeur d'Edward Blake, il v’v eut pas une voix sur les banquettes de l’opposition qui ne parlât avec enthousiasme de sa patience, de sa prudence, de son courage et de sa sagacité ; pas un homme parmi les libéraux des Communes qui ne fût son ami et son partisan dévoué.

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