‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 92 sur 571 · ET L’ÊTRE EN MÊME TEMPS · texte numérisé non relu

ET L’ÊTRE EN MÊME TEMPS

à la Chambre des Communes ?

Peut-être dira-t-on que la responsabilité des mi. nistres de M, Letellier est une pure fiction, Cette fiction, cependant, est l'essence même du gouverne. ment. Et si vous ne le reconnaissez pas cette fois, qui vous empêchera de le méconnaître plus tard? mais &i vous le reconnaissez à présent, vous êtes obligé d'en admettre la justesse dans sa conséquence légitime, c'est-à-dire dans le jugement seul du peuple.

On a dit néanmoins que l'acte de M. Letellia n'avait pas été approuvé par le peuple. Je désire

faire à ce propos quelques observations. En abordant :

ce sujet, je me trouve un peu dans la position de ce professeur de collège qui s'était mis en frais de démontrer, par une longue dissertation, la Iumière du soleil en plein midi. Un des élèves répliqua aussitôt qu'il lui suflisait de regarder l’astre. De même, il suilira peut-être aux honorables députés de jeter les yeux sur la situation actuelle de la province de Québec pour étre convaincus que le gouvernement de M. Letellier a eu la majorité, Quand une motion de nonconfiance fut proposée contre le cabinet Joly su l'adresse, elle fut adoptée, il est vrai, par un vote de 92 contre 31. Mais tous les députés n'étaient pas à leurs sièges lorsque ce vote s’est donné, et une autre motion fut immédiatement présentée affirmant la confiance du peuple dans le nouveau ministère; et celle-ci fut adoptée au moment où l'assemblée siègeait au complet. Au reste, voici la meilleure preuve à l'appui de mes prétentions: le 8 mars, M. Angers, l'ex-procureur-général, proposa l'amendement suivant au bill des subsides :

Gus re bill ne soit pas maintenant In : mais que la lecture en soit suspendue jusqu'à ce que justice ait été rendue à la majorité de cette Chambre, attendu que, lors de l'adoption des resolutions sur lesquelles le dit bill est basé, le cabinet chargé des affaires publiques jouissait de la confiance de la Chambre et du pays: tandis que la présente administration ne possède pas cette confiance.

Voilà, M. l'Orateur, quel était

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