DE SUBSTITUER VOTRE SAGESSE
à celle de la population de la province de Québec? I] se peut que nos notions du juste et de l’injuste ne scient pas au niveau de celle des autres provinces, bien que je ne sois pas prêt à l’admettre. Cependant, quelle que puisse être notre mesure, à ce point de vue, je demande, au nom de la province à laquelle j’appartiens, que l’on nous laisse le privilège d’être gouvernés selon nos idées, —que l’on nous laisse le privilège d’être mal gouvernés,-si nous gouverner nous-mêmes signifie mauvais gouvernement; mais d’être dans tous les cas gouvernés par nous-mêmes. Et cela, je le demande au nom de la liberté et du gouvernement par le peuple.
On ne peut mettre en doute que, si cette motion est adoptée, ce sera une atteinte portée aux principes du gouvernement fédéral; et il est regrettable que cette première attaque contre le gouvernement fédéral parte de la province de Québec. L'honorable député de Halton nous à rappelé hier que, si nous avons aujourd'hui un système fédératif, cela était dû surtout à la position "articulière de la province de Québec, qui diffre tant des autres provinces à cause de son origine. Je me souviens que, lors de la mise en opération
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de ce système, on l’élevait aux nues précisément parce qu'il devait doter la population du Bas-Canada d’un gouvernement libre, indépendant et dégagé de toute entrave, En ce moment même, j'ai sous la main un brochure publiée en 1867 comme programme électoral du parti conservateur de la province, lors des premières élections générales qui suivirent la Confédération. La première page de ce pamphlet contient cette explosion d'enthousiasme :
De puis le premier juillet 1867, le Bas-Canada est régi par un nouveau mode de gouvernement; ce n'est plus le Bas- Canada, c'est la province de Québec ; avec ce vieux nom français qu’on nous a rendue, on nous à donné un gouverneur fran. qais, et toutes les âmes véritablement pe itriotiques ont tressaiili d'allégresse et d’un noble orgueil quand les journaux nous ont appris que le canon de la vieille citadelle de Québec avait fait résonner sa grande voix pour saluer le premier gouverneur français depuis 1760. Nous avons été détachés du Haut-Canada: notre nom est la province de Québec, nous avons un gouvernement canadien-français, le sesond depuis l'établissement du pays ; nous aurons notre propre gouveinement et notre parlement, ou tout se fera par et pour les Cunadiens-français, dans la langue française, [ faut être nn renégat, ou, ce qui est la même chose, un annexioniste, pour n'être pas ému jusqu'aux larmes, pour ne pas se sentir battre le cœur d'une joie indescriptible et d'une fierté très légitime, à la pensée de ces slorieux résult its du patriotisine et de l'énergie indlomptable de no honunes d'Etat, de nos chefs politiques, qui, cent ans après la conquête du pays par l'Anxleterre, ont décidé cette dernière, déjà inpressionnéce se notre héroïsme et notre loyauté, à nous re ndre à nous-mêmes, à nous restituer notre compiète autonomie, et à confier le dé pôt sacré de nos traditions nationales à un gouvernement choisi parmi nous, et composé des nôtres.
Quel était, pensez-vous, l'anteur de tout 6° lyrisme? C'était mon honorable ami le député de Bagot (M. Mousseau). Guantun mutatus ab ilo! Cet homme qui se T6 jouiss: it ainsi en 1867 de ce que nous avions été rendus à nous-mé n1es, de ce que le dépôt sacré de notre nationalité avait été confié à un gouvernement composé des nôtres ; de ce que nous avions été séparés du Haut-Canada, pourquoi demande-t-il maintenant non-seulement au Haut-Canada, mais à
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RER ee SOUS la Nouvelle-Ecosse, au Nouveau-Brunswiek, et aux îles de l'Atlantique et aux îles du Pacifique, de venir à notre aide Pour protéger le dépôt sacré qui nous à été confié? TT Je me rappelle le temps où notre alliance avec le Haut-Canada était regardée Comme la bête noire du Bas-Canada : on la considérait Comme une alliance satanique, comme la source de tous les maux. Eh bien, si l'honorable représentant de Bagot est sérieux aujourd’hui en demandant à la Population d'Ontario, de la Nouvelle- :cosse, du Nouveau-Brunswick, de Manitoba et des autr:s provinces de prendre part à n08 affaires locales, + devra regretter aussi vivement son défaut de vigilänce que le possédé du Nouveauestament Qui, avant eu un démon chassé de son CUTPS, se laissa bientot après envahir par le même démon et Sept autres de plus.
Mais, si NOUS, le peuple de la Province de Québec ; Pour qui a été fondée cette confédération devons être