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mais, chez 2tatsi, dans tous les cas qu'il a pu examiner, Blasius a reconnu la présence de deux racines réunies par un ciment osseux en un cylindre unique ou même, exceptionnellement, tout à fait séparées. D'ordinaire, la duplicité de la racine se révèle à l'extérieur par la présence d’un sillon longitudinal, et l’alvéole de la dent est alors incomplètement divisée en deux par une saillie de la paroi externe ; quand les deux racines sont tout à fait séparées, l’alvéole est composée de deux loges complètement distinctes. Chez lutreola aussi, dans quelques cas isolés, on observe un dédoublement incomplet de la racine de la dent et de son alvéole (1).
9. Le lobe interne de la carnassière est, chez vison', aussi large ou plus large,en même temps que plus long, que son lobe antérieur, et 11 commence à se détacher dans la partie antérieure du tiers moyen du bord interne de la dent; chez lutreola et itatsi, au contraire, le lobe interne est plus étroit et plus court, ou tout au plus aussi gros, que le lobe antérieur, et sa base ne dépasse pas le tiers antérieur de la dent (2).
6. La tuberculeuse supérieure est, chez vison, très grosse, et son lobe interne est fortement et assez régulièrement dilaté, surtout dans sa partie antérieure, de sorte qu'il s'étend beaucoup plus en avant que le lobe externe, et qu'une tangente aux deux points les plus avancés du bord antérieur, fortement concave, de la dent ren- contrerait le sommet de la carnassière opposée ou passerait légèrement en arrière de ce point ; la même dent est, chez itatsi, absolument et relativement, beaucoup plus petite, d’ailleurs exactement construite sur le même modèle, sauf, cependant, chez les jeunes sujets et les femelles, chez lesquels la tangente au bord antérieur de la dent se dirigerait exactement en travers ou même obliquerait un peu en arrière ; chez lutreolu, cette dent est de grosseur moyenne, mais elle diffère essentiellement, par son orientation et par sa forme, de celle des deux autres espèces : elle est transversale, plus grêle, et son lobe interne, relativement beaucoup moins élargi, s'étend beaucoup plus en arrière qu'en avant; la tangente au bord antérieur de la dent ou coiïnciderait avec la tangente opposée, ou obliquerait un peu en avant, ou même, dans quelque cas, se dirige-
(1) La première prémolaire de mon vison (n° 2820) montre bien, à droite comme à gauche, deux racines parfaitement distinctes, tandis que chez mes deux lutreola (n° 2915 et 3270) la même dent ne présente qu’une racine simple.
(2) Le caractère indiqué ici par Blasius est assez délicat et ne se prête pas à une mesure précise; mais le lobe interne de la carnassière me paraît certainement plus développé chez vison que chez lutreola.
rait un peu en arrière (1).En outre il y a une différence remarquable, et tout à fait indépendante du degré d'usure, dans l'angle vertical, que font entr'eux les deux lobes de cette dent; cet angle, chez vison et chez lutreola, est d'environ 135° (un peu plus grand chez vison, un peu plus petit chez Zutreola), et, chez itatsi, d'environ 90° seulement ; cela tient à ce que, chez ce dernier, le bord interne de la dent se relève avec la surface triturante adjacente, qui devient oblique, regardant en bas et en dehors, tandis que cette surface est exactement horizontale chez les deux autres; le maxillaire lui-même, chez itatsi, montre, en ce point, une convexité distincte. On peut formuler comme suit le caractère distinctif fourni par les proportions différentes de la tuberculeuse dans les trois espèces ; le plus grand diamètre transversal de cette dent est, chez vison, beaucoup plus long, chez lutreola, à peu près de même longueur, et, chez itatsi, qui ressemble beaucoup sous ce rapport à P. sibiricus, plus court que la rangée des incisives supérieures ; qn'on applique sur le bord externe de l'incisive externe droite la pointe d’un compas préalablement ouvert à la mesure de la tuberculeuse, l’autre pointe tombera, chez itatsi, tout au plus au milieu de l’incisive externe gauche ou rarement un peu au-delà, et, chez lutreola, exactement sur le bord externe de cette dernière dent ou rarement un peu plus loin, tandis que, chez vison, elle dépassera beaucoup cette limite (2).
7. La machoire inférieure présente des différences de denture analogues à celles de la machoire supérieure, maïs plus difficiles à exprimer par des mots et à préciser par des chiffres. Chez vison, les deux maxillaires sont plus écartés l’un de l’autre, et les dents, considérées isolément ou dans leur ensemble, sont plus fortement développées que chez les deux autres espèces (3). Les formules sui-
(1) Mes deux lutreola sont dans ce dernier cas; chez eux, la tangente au bord sntérieur d’une dent rencontrerait le bord postéro-interne de la dent opposée, tandis que , chez mon vison , la tangente à une dent coïnciderait avec la tangente opposée.
(2) Le compas ouvert et placé comme il est dit, la pointe libre de cet instrument tombe exactement au milieu de l’incisive externe gauche chez mon lutreola n° 3270, exactement sur le bord externe de cette dent chez mon lutreola n° 2975, et elle dépasse sensiblement cette limite chez mon vison n° 2820. Donc, le caractère indiqué ici reste valable pour la distinction de wison et lutreola ; mais il se montre impuissant à séparer ifalsi de lutreola.
(3) La denture de mon vison est distinctement plus fortement développée que celle de mes deux lutreola; la différence est surtout évidente quand on