‹ Wilh. Blasius. Le vison du Japon (Putorius itatsi Temm.) ... Analyse critiqueChapitre 8 sur 10 · EE · texte numérisé non relu

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vantes peuvent, jusqu’à un certain point, exprimer ces différences : a) la longueur de la série des molaires est, chez vison, beaucoup plus grande que la hauteur du maxillaire mesurée de son angle postéroinférieur au sommet de son apophyse coracoïde, tandis que la première de ces longueurs est, chez lutreola, égale à la seconde ou plus petite, sauf chez quelques femelles chez lesquelles elle est un peu plus grande; et, chez itatsi, distinctement plus petite que la seconde, sauf encore chez quelques femelles che lesquelles elle peut se montrer égale où même plus grande (1) ; b) la longueur de la carnassière est, chez vison, considérablement plus grande que l'écartement des bords externes des alvéoles des deux canines, sauf quelques cas exceptionnels dans lesquels les deux mesures sont égales; la première mesure est, chez lutreola, égale à la seconde ou pius petite, et, chez itatsi, égale à la deuxième ou, rarement, plus grande (2).

8. Les bulles osseuses sont, chez vison, un peu moins saillantes sur la base du crâne que chez lutreola et itatsi (Des trois, c’est ce dernier qui a les bulles les plus saillantes, quoiqu'il reste bien en arrière, sous ce rapport, de P. sibiricus).En outre, la saillie longitudinale qui délimite les faces inférieure et médiane de chaque bulle est un peu moins développée et un peu plus arrondie chez vison que chez les deux autres espèces ; elle est assez aiguë chez lutreola et modérément arrondie chez itatsi (3). Enfin l'extrémité antérieure de la

considère la première prémolaire ou la tuberculeuse, ou même la carnassière, qui est plus large, surtout en arrière de son étranglement interne, La longueur totale de la série des molaires est aussi plus grande chez vison que chez lutreola.

(1) La première de ces mesures est, chez mon vison, nettement plus grande, et, chez mes deux lutreola, nettement plus petite que la seconde ; mais la façon même dont il a dû être présenté montre bien que ce caractère n’est pas constant et ne saurait être spécifique.

(2) La première de ces mesures est, chez mon vison, un peu plus grande, et, chez mes deux lutreola, sensiblement plus petite que la seconde; mais l’appréciation précédente s'applique aussi au cas actuel.

(3) Quoique l’arête de la bulle soit excessivement émoussée même chez lutreola, j'observe parfaitement, entre ce dernier et vison, une différence dans le sens indiqué par Wilh Blasius; j'ajouterai que cette arête est reportée plus en dedans, par rapport à la bulle, chez lutreola, de sorte que la face interne de la bulle est oblique chez lui, tandis qu’elle est verticale chez vison. La différence, d’ailleurs, quoique nette, est peu considérable ; et, comme , sous ce rapport, #/atsi est intermédiaire aux deux formes qui me la présentent, elle peut, sans doute, servir plus utilement à distinguer celles-ci l’une de l’autre que de la troisième.

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bulle est, nettement chez lutreola, un peu moins chez ifatsi et nullement chez vison, dégagée de la base du crâne ; et elle se prolonge chez vison en une pointe plus ou moins régulière qui s’unit à la base du crâne, tandis que, chez lutreola comme chez itatsi, elle se termine en une pointe mousse, éloignée de la base du crâne et réunie à celui-ci par une lamelle osseuse étroite, grêle, échancrée en scie ou effilée (1).

9. Les trous incisifs sont, relativement et absolument , plus grands chez lutreola que chez ilatsi et vison. Leur surface est, chez lutreola, à peu près de même étendue, et, chez les deux autres, plus petite que la projection de la couronne des premières prémolaires (2).

À ces différences crâniennes s’ajouteraient d’autres différences squelettiques; mais, comme il ne possède qu'un seul squelette de wison et un seul de lutreola, Wilh. Blasius n'insiste pas sur ce point ; il se contentera de donner plus loin les mesures et la description du squelette d’étatsi.

Par la couleur et la qualité du poil, l'espèce du Japon se distinguerait encore essentiellement des deux autres.

Je n'ai en ma possession, pour suivre et discuter cette partie du mémoire de Wilh Blasius, que deux vison, un en peau (n° 2831, même individu que le crâne n° 2820, tué le 12 avril 1881), et un, très jeune, en alcool! (n° 2950, de Manitoba dans le Canada, don de M. le D" Garnier), et un seul lutreola, en peau (n° 3269, sujet tué, en février 1886, à Soulac, dans le département de la Gironde, don de M. G. Lalanne) ; mais j'ai examiné aussi les sujets assez nombreux conservés au Museum de Paris.

(1) Mon crâne de vison est incomplet et privé de la plus grande partie de ses bulles; je puis voir cependant que, chez lui, l’extrénité antérieure de la bulle ne s’avance pas librement et ne surplombe pas au-dessus de la base du crâne, comme elle fait très nettement chez mes deux lutreola. Quand à la pointe ou lamelle osseuse qui unirait l’extrémité antérieure de la bulle à la base du crâne, je ne vois rien, chez aucun de mes trois sujets, qui réponde à la description de Wilh. Blasius.

(2) Très exact sur mes sujets.

D’après Wilh. Blasius, mais l'espèce d'Europe et celle d'Amérique n'ont peut-être pas été suffisamment étudiées sous ce rapport, la fourrure de ces dernières, à part son éclaircissement habituel dans la saison chaude et son épaississement dans la saison froide, ne subirait pas de modification profonde d’unesaison à l’autre,tandis qu'élalsi a deux pelages, un d'hiver et un d’été; en hiver, le poil de ce dernier est long et rouge de rouille clair sur le dos , les membres postérieurs et la queue, tandis qu'en été, sur ies mêmes parties, il est court et brun foncé, présentant seulement çà et ià quelques pointes éparses couleur rouge de rouille. En outre, chez lutreola et chez wson, la couleur fondamentale serait un brun foncé brillant, pouvant passer au brun noir sur les membres et la queue, ou même au noir sur le bout de la queue de vison ; les faces inférieures seraient un peu plus claires. Mais Wilh. Blasius n'avait à sa disposition, comme on l’a vu plus haut, qu’une seule peau de vison et trois de lutreola, et la teinte de la robe, au moins chez la première de ces deux espèces, n’est pas toujours celle qu'il a observée ; la couleur de mon vison (n°2831), en effet, tend assez fortement vers le rouille et se rapproche manifestement de celle d’#aisi; en outre, chez mon #son comme chez mon lutreola, les faces inférieures ne me paraissent pas sensiblement plus claires que les supérieures. Chez lutreola, continue Wilh. Blasius , et cette description s'applique parfaitement à mon sujet (n°3269), les deux lèvres sont blanches, ce qui fait paraître la bouche comme entourée d'un anneau blanc, et cette couleur s'étend. sous le menton, en une grande tache triangulaire, et, sur les côtés du nez , en deux autres petites taches semblables qui ne se rejoignent pas au-dessus du nez; d'ordinaire, il y a aussi une petite tache gulaire blanche, mais celle-ci peut manquer, comme le remarque Blasius et comme je l’observe sur mon sujet. Vison, au contraire, n'aurait qu'une très médiocre tache blanche au menton et une tache blanche irrégulière à la lèvre inférieure; mais cela

est inexact; car, d’une part,un sujet conservé au Muséum de Paris (254. GC. G. 2429) et provenant de Californie ne présente absolument aucune tache blanche, et, d'autre part, mon wson en peau (n° 2831), quoique plus petit que que mon lutreola (n° 3269), a la tache du menton, fondue avec celle de la lèvre inférieure , d’un tiers au moins plus grande que celle de ce dernier. La seule différence qui, d’après les observations de Blasius comme d’après l'examen que j'ai fait de mes sujets et de ceux conservés au Museum de Paris, me paraisse distinguer l'espèce d'Amérique de celle d'Europe, consiste dans l'absence chez le premier et la présence chez le second de la tache blanche bordant la lèvre supérieure; et même ce caractère manque de constance, si le sujet catalogué sous le n° C. 273, au Muséum de Paris, provient réellement du Nord de l’Europe comme l'indique son éliquette ; ce sujet, en effet, a la gorge et le museau clairs,mais il ne présente pas de véritable tache blanche àla lèvre supérieure; il a, au contraire,une tache blanche nette sous la poitrine ; sa teinte générale est grisâtre pâle, et son poil est beaucoup plus long qu’à l'ordinaire. Quant à la tache gulaire, elle peut exister ou manquer, comme chez lutreola ; 1l peut même y avoir, aux faces inférieures, des taches blanches ailleurs qu à la gorge ; mon jeune wson en alcool (n° 2950) en présente une petite, arrondie, dissymétrique , vers le milieu de la poitrine. Le pelage d'ilatsi, d'après Blasius, n’est que peu ou point brillant; il est d'un brun très clair avec des poils couleur de rouille, sur le dos, les membres postérieurs et la queue, d’un gris brun encore plus clair en dessous, et il devient en arrière de plus en plus rouge rouille. Le menton est blanc pur, et une autre tache blanche, de forme irrégulière et variée, mal délimitée, couvre la gorge, qui, toute entière, au moins en hiver , passe au blanc plus ou moins pur; du menton, le blanc s'étend sur la lèvre supérieure et encadre la bouche , comme chez lutreola; la bordure supérieure du nez, une bande allant, de chaque côté, du nez à l'œil, et ie tour des yeux

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sont d’un brun profond; au-dessus de chaque œil, il y a une tache plus claire, qui souvent est unie à la tache opposée par une bande frontale de même nuance ; le poil de Ja plante des pieds et une bande sur le bord postérointerne du membre antérieur sont gris brun blanchâtre ; le poil laineux est, sur tout le corps, gris brun foncé, un peu plus clair sur les faces inférieures. Dans le pelage d'été, le poil laineux est, jusqu’à la pointe, gris brun plus ou moins foncé, et, sur le dos, les flancs, les membres postérieurs et la queue, il est entremêlé de soies courtes (longueur des soies, au milieu du dos, de 15 à 17, au milieu de la queue , de 20 à 27, au bout de la queue, de 30 à 35 millimètres) et peu nombreuses, couleur rouge rouille ; à la gorge, sous la grande tache, il est gris brun avec une tendance au gris blanc. Dans le pelage d'hiver, le poil laineux est brun jaunâtre à la pointe, et, sur le dos, les flancs, les membres postérieurs et la queue, il est entremêlé de soies longues (longueur des soies, au milieu du dos, de 20 à 24, au milieu de Ja queue, de 35 à 45, au bout de la queue, de 38 à 50 millimètres ; des mesures analogues donnent, chez væson, 20 à 23, 30 à 95, 90 à 33, et, chez lutreola, 20 à 24, 28 à 30, 30 à 33 millimètres) et assez serrées, couleur brun rouille clair; à la gorge, il passe au blanchâtre, et, sur toute la tête à partir du front, il est entremêlé de soies blanchâtres (1).

Wilh Blasius a eu à sa disposition six peaux de P. sibiricus, sans compter celles qu’il a pu voir dans les Musées de Russie ; or, d’après lui, cette espèce, dont la couleur générale jaune rougeûtre clair rappelle décidément la robe d'hiver de P. itatsi, se distinguerait toujours de ce dernier par sa teinte beaucoup plus claire, par le poil de sa queue beaucoup plus long et plus touffu, par la nuance beaucoup plus claire de son poil laineux (2),

(1) Mon lutreola (n° 3269) montre aussi sur tout le corps, mais plus abondamment sur la tête, des soies blanches éparses

2) Un P. vison, de Californie, monté dans les collections du Museum de Paris (C. G. 398), d’un brun très foncé noirâtre en-dessus , a le poil laineux presque tout-à-fait blanc.

par les taches blanches bien délimitées du menton et de la gorge, par son front tout entier brun foncé et par une étroite bande blanche entourant le nez. tous caractères qui me semblent d’assez faible importance ; et, en outre, par le système pileux des plantes de ses pieds et la disposition de ses tubercules plantaires, qui, autant que la forme de son crâne. l'éloigneraient des Visons pour le rattacher aux Belettes et Hermines ; mais j'ai déjà dit ce que je pensais de la valeur des caractères crâniens auxquels il est fait ici allusion : et, dans les mains et les pieds des Visons d’une part, des Belettes et Hermines d'autre part, je ne trouve rien qui justifie davantage une distinction

subgénérique des uns et des autres. Voici ce que j'ob-

serve sur les sujets suivants, qui sont conservés en alcool dans une collection :

N°° Genre Mustela.

3409. Mustela foina , individu très jeune , encore à la mamelle, ne mesurant que 21 c. m. du museau à l’origine de la queue, de Talais dans la Gironde, 30 août 1886 (don de M. A. Meynieu).

Genre Putorius.

Groupe Lutreola.

2950. Putorius vison, individu un peu plus âgé que le précédent , mais ne mesurant encore que 20 c.m. du museau à

l'origine de la queue, de Manitoba dans le Canada (don de M. le D' Garnier).

Groupe Gale.

3084. Putorius erminea, adulte, des environs de Metz (don de M. G. Olive).

2634. Putorius subpalmatus, à peu près adulte, de Bône en Alsérie (don de M. le D' Hagenmüller).

2945. Putorius boccamela, à peu près adulte, de Sarrabus en Sardaigne (don de M. le Mis G. Doria).

Genre Zorilla.

3332. Zorilla libyca. jeune, d'âge intermédiaire aux n° 3409 e 2950 cet ne mesurant que 12 c. m. du museau à l'origine de la queue, du Caire en Egypte (don de M. Walter Innes).

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Les doigts sont plus ou moins allongés suivant l'espèce et suivant l'âge des individus, mais, chez tous, la palmure me paraît avoir à peu de chose près le même développement, s'insérant, à la main comme au pied, au niveau du bord postérieur des tubercules ou coussinets sous-unguéaux. Quant aux tubercules palmaires et plantaires, je vois des différences tranchées distinguant le genre Pulorius des deux genres voisins et ceux-ci entre eux; ainsi, Pulorius vison (n° 2950) n'a qu'un seal tubercule carpien, l’externe, qui est obliquement transversal, tandis que Mustela foina (n° 3409) et Zorilla hbyca (n° 3332) en ont deux, qui sont sub-arrondis ; et le tubercule carpien externe est, chez Mustela foina, plus rapproché des doigts que l’interne et au moins quatre fois plus gros que lui, tandis qu'il est, chez Zorilla libyca, plus éloigné des doigts et sensiblement de même grosseur que l'interne. Il y a aussi, entre les trois genres, dans la disposition des quatre tubercules sousdigitaux des mains et des pieds, des différences sur lesquelles il est inutile d'insister ici. Mais, dans Les sousgenres du genre Putorius, les tubercules des mains et des pieds sont disposés de même et ne présentent que de petites différences de formes et de dimensions qui me paraissent tenir exclusivement à l'âge du sujet et à son état de conservation dans le liquide ; ceux des numéros 3084 et 2654 sont plus petits, plus arrondis et plus nettement limités que ceux des numéros 2945 et 2950.

En somme, la barrière que Wilh Bliasius a cru voir entre les Visons et les Belettes et Hermines n'existe pas ; il n'y a donc pas lieu de retirer P. sibiricus du groupe des premiers, avec lesquels, comme le reconnaît Blasius, il manifeste une incontestable parenté, pour le réunir aux autres. Pour ma part, je ne puis m'empêcher de croire encore que cette espèce relie zoologiquement, comme elle fait géographiquement, les Visons d'Europe et d'Amérique à celui du Japon ; car son aspect est bien intermédiaire aux uns et à l’autre, et la taille de ses plus gros sujets atteint celle du Vison d'Amérique; et je

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