CHAPITRE VI
Wllbelm à I.éDardo.
«Enfin, très-cher ami, je puis le dire, elle est retrouvée, et j'ajouterai, pour mettre le comble à votre satisfaction, dans une position qui ne laisse rien à désirer pour son bonheur. Permettez-moi de me tenir dans dea termes généraux, j'écris sur les lieux mêmes ayant sous les yeux toutes les choses doutje dois vous rendre compte.
« Un intérieur iiasé sur la piété, animé et maintenu par Tordre et le travuil, pas trop restreint, pas trop vaste, parfaitement proportionné aux forces et aux facultés. Autour d'elle se groupe une industrie toute primitive, bornée et influente, prévoyante, modeste, innocente et active. J'ai rarement vu un présent aussi agréable, et si plein de promesses pour le lendemain et pour l'avenir. Ces considérations me semblent devoir suffire à tranquilliser les intéressés.
« J'ose donc, en vous rappelant tout ce qui s'est dit entre nous, vous prier instamment de vous contenter de cette esquisse générale, de compléter le tableau dans votre pensée, mais de renoncer à toute recherche ultérieure, et de vous consacrer avec la plus grande ardeur à la grande entreprise à laquelle vous êtes sans doute complètement initié aujourd'hui.
«J'envoie une copie de cette lettre à Hersiiie, et une autre à l'abbé, qui, je le suppose, doit savoir oùvous êtes. J'écris en outre à cet ami éprouvé, également sûr pour toute affaire publique ou secrète, quelques mots qu'il vous communiquera. Je vous prie particulièrement de vous occuper de ce qui m'intéresse, de seconder mon projet de tout votre pouvoir et de toute votre fidèle amitié. »
Wllbelm k TabbA.
«Sije ne m'abuse, l'excellent, l'estimable Lénardodoit se trouver actuellement au milieu de vous ; je vousen voie en conséquence la copie d'une lettre que je lui écris, afin qu'elle lui arrive plus sûrement. Puissece remarquable jeune homme vous apporter le tribut d'une noble et intéressante activité, maintenant que son cœur est apaisé l
« Pour ce qui me regarde, après m'être soumis moimême à un examen approfondi et prolongé, je ne puis que renouveler avec plus d'insistance encore la demande que je vous ai adressée par l'entremise de Montan. Mon désir de terminer mon voyage dans des conditions plus calme& et plus stables devient toujours plus pressant. Dans l'espoir que vous voudrez bien faire droit à mes représentations, j'ai déjà terminé mes préparatifs et pris toutes mes mesures. Quand j'aurai terminé cette affaireci selon les désirs de mon noble ami, j'entrerai dans mon nouveau genre de vie, sous les conditions déjà exprimées. Après le pieux pèlerinage qui me reste à faire, je compte me rendre à ***. J'espère y trouver vos lettres et recommencer ma tâche d'une façon conforme à mes penchants naturels. »