CHAPITRE VII
Après avoir expédié ces lettres, notre héros poursuivit sa route à travers les montagnes voisines, et vit enfin s'ouvrir de magnifiques vallées où, avant de commencer une carrière nouvelle, il se proposa de terminer différentes affaires. Chemin faisant, il fît la rencontre d'un voyageur jeune et ardent, dont la société devait l'aidera atteindre son but et à goûter mainte jouissance. Le voilà donc associé à un peintre, à un artiste distingué, comme on en voit apparaître et circuler beaucoup dans le monde, encore plus dans les romans et dans les drames. Tous deux ne tardent pas à s'entendre; ils se confient leurs penchants, leurs projets, leurs désirs, et Wilhelm finit par découvrir que l'excellent paysagiste, qui sait orner ees aquarelles de fignres aussi ingénieuses que bien dessinées, est uo admirateur passionné de Mignoo, de sa
« Un intérieur basé sur la piété, animé et maintenu par l'ordre et le travuil, pas trop restreint, pas trop vaste, parfaitement proportionné aux forces et aux facultés. Autour d'elle se groupe une industrie toute primitive, bornée et influente, prévoyante, modeste, innocente et active. J'ai rarement vu un présent aussi agréal)le, et si plein de promesses pour le lendemain et pour l'avenir. Ces considérations me semblent devoir suffire à tranquilliser les intéressés.
« J'ose donc, en vous rappelant tout ce qui s'est dit entre nous, vous prier instamment de vous contenter de cette esquisse générale, de compléter le tableau dans votre pensée, mais de renoncer à toute recherche ultérieure, et de vous consacrer avec la plus grande ardeur à la grande entreprise à laquelle vous êtes sans doute complètement initié aujourd'hui.
«J'envoie une copie de cette lettre à Hersilie, et une autre à l'abbé, qui, je le suppose, doit savoir où vous êtes. J'écris en outre à cet ami éprouvé, également sûr pour toute affaire publique ou secrète, quelques mots qu'il vous communiquera. Je vous prie particulièrement de vous occuper de ce qui m'intéresse, de seconder mon projet de tout votre pouvoir et de toute votre fidèle amitié. »
Wllhelm k TakhA.
«Sije ne m'abuse, l'excellent, l'estimable Lénardo doit se trouveractuellement au milieu de vous; je vous en voie en conséquence la copifî d'une lettre que je lui écris, afin qu'elle luiarrive plus stirement. Puissece remarquable jeune homme vous apporter le tribut d'une noble et intéressante activité, maintenant que son cœur est apaisé I
« Pour ce qui me regarde, après m'être soumis moimôme à un examen approfondi et prolongé, je ne puis que renouveler avec plus d'insistance encore la demande que je vous ai adressée par l'enlremise de Montan. Mon désir de terminer mon voyage dans des conditions plus calmes et plus stables devient toujours plus pressant. Dans l'espoir que vous voudrez bien faire droit à mes représentations, j'ai déjà terminé mes préparatifs et pris toutes mes mesures. Quand j'aurai terminé cette affaireci selon les désirs de mon noble ami, j'entrerai dans mon nouveau genre de vie, sous les conditions déjà exprimées. Après le pieux pèlerinage qui me reste à faire, je compte me rendre à ***. J'espère y trouver vos lettres et recommencer ma tâche d'une façon conforme à mes penchants naturels. »